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Pornographie juvénile: cet ex-avocat de Québec accusé de s'être fait livrer une poupée érotique de taille enfant

Il fait face à la justice pour possession et importation de pornographie juvénile

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En mai 2017, un avocat à la défense a fait livrer à son domicile personnel une poupée en silicone qui mesure un mètre, soit la hauteur d’un enfant de 5 ans, ce qui représente de la possession et de l’importation de pornographie juvénile selon les autorités.

C’est via un site chinois qu’Antoine Gagnon a trouvé sa nouvelle acquisition. Un achat que ses avocats, Me Gervais Labrecque et Me Kami Pelletier, n’ont pas contesté au premier jour du procès de l’homme de 31 ans, lundi, au palais de justice de Québec.

L'ex-avocat Antoine Gagnon
Photo Stevens Leblanc
L'ex-avocat Antoine Gagnon

« Le litige portera plutôt sur la nature et la preuve de la connaissance du matériel possédé qui s’est retrouvé chez lui », a spécifié Me Labrecque au juge Jean Asselin qui entendra l’affaire.

Appelé à témoigner, l’enquêteur au dossier, Olivier Simard, a déposé en preuve la poupée qui se retrouve au cœur des accusations et qui a été interceptée par les douaniers à Mirabel lors de la livraison.

Dans la boîte, la tête, détachée du corps, était recouverte d’un sac contenant des accessoires : une paire de bas mi-cuisses, une jupette blanche et bleue, une perruque de couleur rose. Les ongles d’orteils de la poupée sont peints en rouge.

Capture d'écran, TVA Nouvelles

« Caoutchouteuse et malléable »

L’objet est, selon la technicienne en identité judiciaire, Manon Lévesque, fait d’une matière « caoutchouteuse et malléable ».

« La poupée est faite d’un genre de silicone qui s’étire. C’est mou et ferme au toucher. On peut aussi lui donner une forme, comme s’il y avait un squelette de métal à l’intérieur pour pouvoir la placer », a-t-elle ajouté.

Les mesures exactes de l’objet ont aussi été exposées au président du tribunal, comme la longueur des jambes, le tour de taille et celui des hanches.

Photo Stevens Leblanc

Recherches sur internet

La preuve présentée par la procureure aux poursuites criminelles et pénales, Me Valérie Lahaie, a aussi fait état de recherches effectuées sur un portable MacBook que les policiers ont trouvé chez l’ancien avocat.

Six mots-clés ont été utilisés par le technicien en extraction de données du SPVQ, notamment le nom de la compagnie qui vend la poupée ou encore les mots « skeleton » et « silicone » qui figurent à la description du produit.

« Nous avons ainsi obtenu plusieurs résultats correspondant à ces mots-clés », a expliqué le technicien Claude Poulin.

Le procès est prévu pour durer deux semaines.

Chronologie des événements

  • 19 mai 2017 : La boîte en provenance de la Chine arrive au Québec.
  • 23 mai 2017 : La police de Québec prend le colis en charge.
  • 8 juin 2017 : Le colis est remis à l’accusé lors d’une livraison contrôlée. 1 h 30 plus tard, le SPVQ effectue une perquisition au domicile de l’accusé et récupère la poupée.
  • 6 septembre 2017 : Des accusations de possession et d’importation de matériel pornographique juvénile sont portées contre Antoine Gagnon.