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À l’image de Claude Julien

Claude Julien aime faire jouer ses quatre trios contre des équipes talentueuses.
Photo d'archives, AFP Claude Julien aime faire jouer ses quatre trios contre des équipes talentueuses.

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À peu de choses près, le Canadien ressemble de plus en plus à une équipe à l’image de Claude Julien, une formation acharnée et bien équilibrée. Reste juste à fermer le jeu davantage, bien jouer l’horloge et éviter le banc des pénalités pour que l’entraîneur soit pleinement satisfait.

On ne parle pas encore des Bruins de Boston de 2011 qui ont gagné la coupe Stanley sous ses ordres et la saison est jeune, mais il y a tellement de points positifs chez le Canadien, qu’à mon avis, si on devait décerner le trophée Jack Adams, aujourd’hui, Julien serait parmi les trois principaux candidats.

La dernière semaine fut presque parfaite (5 points en trois matchs) et particulièrement le match à Washington dans lequel on a réellement vu l’empreinte de Julien, une équipe roulant à quatre trios, comme ses Bruins de 2011, et qui peut rivaliser avec n’importe quelle formation bourrée de vedettes.

D’ailleurs, le Canadien est présentement l’équipe qui marque le plus de buts à cinq contre cinq dans la LNH et a vaincu des clubs d’élite, dont les Capitals, les Bruins, les Blues, les Golden Knights et les Maple Leafs, même si ces derniers soulèvent des doutes.

Au total le Canadien est 4e en attaque (72 buts) et 8e au différentiel de buts pour et contre à +7. De plus, Carey Price joue de mieux en mieux et il semble frais comme une rose même s’il a eu 16 départs en 20 matchs. Il me fait penser à Grant Fuhr.

On a le droit d’être déçu de la défaite en prolongation contre les Devils au lendemain de la grosse victoire contre les Capitals, mais dans un certain sens, cette contre-performance dans un deuxième match en deux soirs n’est pas surprenante. C’est dans ces moments que l’on voit un peu de fatigue, des erreurs mentales qui irritent un entraîneur.

La bonne nouvelle, c’est que ce genre de choses est facile à corriger et Julien va insister. Son équipe a plus de caractère que celle dont il a hérité à son arrivée et menée par Price et Shea Weber, elle est vraiment rendue à son image.

Je sens que Julien est plus impliqué, cette année. Il aime son groupe et il y croit. Je le connais bien. Il aime utiliser tout son monde et il retire une grande fierté à voir les siens jouer du hockey discipliné et sans bavure. Il y est presque. Avec un peu moins de pénalités et de mauvais jeux en fin de période, le Canadien pourrait facilement avoir quatre à six points de plus au classement.

De plus, toutes les décisions que prend Julien, cette année, semblent tourner à son avantage, que ce soit ses changements de trios, de paires de défenseurs ou de messages d’insatisfaction comme ce fut le cas avec Nick Suzuki, Tomas Tatar et récemment, Max Domi.

C’est plus difficile pour Domi, cette année et on le sent un peu frustré. Parfois, il faut faire un pas en arrière avant d’en faire deux par en avant. À lui de rebondir.

Kinkaid se rachète

Le gardien auxiliaire, Keith Kinkaid, n’a pas été parfait contre son ancienne équipe, samedi, mais ce fut assurément sa meilleure performance de la saison, surtout en première période avec quelques gros arrêts. Il était nettement plus en contrôle qu’à ses premières sorties et c’est encourageant, mais sa moyenne est toujours à 4,23.

Dommage qu’il n’ait pu récolter la victoire, mais je crois qu’il s’est acheté du temps. Il a intérêt à ne pas relâcher, car le jeune Cayden Primeau fait sensation chez le Rocket de Laval.

-Propos recueillis par Gilles Moffet

Entrefilets

Carbo, un vrai de vrai !
Guy Carbonneau a été intronisé au Temple de la Renommée, hier, et c’est tellement mérité. Guy a été un grand joueur, mais il est aussi un grand homme. D’ailleurs, à quelques exceptions près, la majorité des joueurs au Temple de la Renommée sont aussi des êtres humains exceptionnels et Carbo est de cette trempe. Ce n’est pas un hasard s’il a été nommé capitaine. Il est un vrai leader et il est très minutieux. On joue souvent au golf ensemble et d’ailleurs, je suis privilégié de pouvoir le côtoyer encore aujourd’hui. Il a d’abord été une idole pour moi dans ma jeunesse (avec son bâton Artis bleu et blanc), puis un adversaire, puis un entraîneur (adjoint), et aujourd’hui, c’est un ami. Je suis choyé. Bravo Carbo !
 
La leçon de Carbo et Roy
Une des choses que j’ai apprise tôt dans ma carrière est l’importance de la communication entre un gardien de but et ses coéquipiers. J’avais vu une entrevue de Patrick Roy qui disait comment il communiquait avec Guy Carbonneau avant les mises en jeu et particulièrement en infériorité numérique. Ça m’avait marqué et tout au long de ma carrière, j’ai pris soin de bien communiquer avec mes joueurs de centre pour connaître la façon dont ils prenaient les mises au jeu face à tel ou tel joueur, du côté gauche et du côté droit. Je voulais aussi savoir comment ils allaient bloquer les tirs et ça m’a beaucoup aidé à anticiper le jeu.
 
P.K. Subban hué
J’ai été surpris de voir les gens huer P.K. Subban, samedi, à sa première présence au Centre Bell dans l’uniforme des Devils du New Jersey. Pourtant, à son retour avec les Predators de Nashville, il avait été applaudi. Je ne comprends pas cette réaction et je suis certain que ça l’a certainement déçu, car j’ai vécu ça également. On a beau dire ce qu’on veut sur Subban, il adorait jouer à Montréal et il n’a jamais demandé à partir. Cela dit, il n’a pas beaucoup changé comme joueur et en plus, il a ralenti. Il devrait prendre exemple sur Shea Weber et garder les choses simples. Il aura toujours ses chances de marquer en supériorité numérique.