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Dans la garde-robe de... Kim Thuy

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L’agenda de Kim Thuy est très rempli. C’est entre deux voyages qu’elle a glissé cette activité à son horaire. Il faut savoir que dans les six derniers mois, elle a pris 41 vols et visité 21 pays.

« Je ne croyais pas avoir le temps, mais j’ai voulu prendre le temps, car c’est l’occasion de parler de la mode d’ici. À chaque fois que l’opportunité se présente, j’en profite. Par exemple, lorsque je suis invitée à la télévision, je porte toujours une création québécoise. C’est une façon subliminale de célébrer la beauté d’ici. Les gens doivent avoir le réflexe de consommer local, sinon la ville sera laide.

C’est la même chose avec la littérature ; il faut aller dans les librairies pour acheter ses livres », lance-t-elle d’entrée de jeu. Kim est une femme engagée. Pour les essentiels de la garde-robe, elle va chez Simons. « J’essaye d’être le plus conséquente, alors pour les pièces de base j’encourage cette enseigne pour la simple et bonne raison que les propriétaires sont des entrepreneurs responsables, car le salaire horaire de leurs employés est plus élevé que le salaire minimum. C’est admirable d’avoir ce courage social. Tout comme Familiprix qui cessera de vendre des bouteilles d’eau à usage unique de 750 ml et moins dès janvier 2020 », affirme-t-elle.

Lorsque j’aborde le sujet des tendances, elle me répond aussitôt : « Je suis les tendances, mais celles des créateurs. C’est au sens global que je les approche, mais pas comme un besoin. J’aime bien l’idée du travail d’un designer qui est temporel et qui devient intemporel, car il revisite sa signature ».


À l’agenda de Kim Thuy

♦ Kim Thuy et Rogé, illustrateur, seront au Salon du livre de Montréal pour leur livre Le poisson et l’oiseau (Les Éditions de la Bagnole) le vendredi 22 novembre de 19 h à 20 h 30, le samedi 23 novembre de 13 h 30 à 14 h 30 et de 16 h 30 à 17 h 30 et le dimanche 24 novembre de 10 h 30 à 11 h 30 et de 14 h 30 à 15 h 30.

♦ Kim sera à Sofia en Bulgarie pour un festival littéraire en début décembre.

♦ La série La table de Kim sera diffusée sur ARTV dès janvier.


Photo Chantal Poirier

« J’ai déniché cette camisole dans une petite ville du Japon, puis lors d’une visite à Hudson, j’ai acheté cette robe de lin. De retour à la maison, j’ai eu l’idée d’unir en quelque sorte deux petites villes en coordonnant les deux pièces qui célèbrent le travail bien fait, car les deux morceaux sont très bien conçus », partage Kim.

Chemise GAP<br />
Pantalon IT’S MO
Photo Chantal Poirier
Chemise GAP
Pantalon IT’S MO

« L’histoire entourant l’achat de ce pull me fait toujours sourire. J’étais invitée à une conférence dans un lycée à Paris. En m’y rendant, j’ai vu ce pull dans la vitrine d’une boutique de lingerie de l’autre côté de la rue. À court de temps, j’ai demandé au professeur d’aller l’acheter pour moi lui assurant que je repasserais le mois suivant. Mais ce n’est que six mois plus tard que je suis retournée à Paris. Le pauvre a gardé le sac dans son bureau. Plusieurs s’interrogeaient à savoir ce qu’il y avait dans le joli sac rose ! », se rappelle Kim.

Robe DENIS GAGNON<br />
Bottillons UNITED NUDE
Photo Chantal Poirier
Robe DENIS GAGNON
Bottillons UNITED NUDE

« Je suis infiniment reconnaissante à Denis Gagnon car c’est l’un des premiers designers québécois à m’avoir habillée. J’ai porté cette robe lorsque j’ai été invitée à la télé française en 2010 et puis à mon passage à Tout le monde en parle. Je m’étais promis d’en faire mention et ils ne l’ont pas coupé au montage », raconte l’auteure.

Robe LAKUACHIMOTO<br />
Bottillons UNITED NUDE
Photo Chantal Poirier
Robe LAKUACHIMOTO
Bottillons UNITED NUDE

« Pour la tournée promotionnelle de mon nouveau livre Le poisson et l’oiseau, je voulais une tenue qui se mariait à la couverture. C’est en voyant cette pièce dans le cadre de la semaine de la Mode masculine Montréal M3 que j’ai contacté le designer. À ma grande surprise, il m’a répondu le lendemain et il a accepté de m’en confectionner une à ma taille », déclare-t-elle.

Robe HACUS<br />
Chaussures CALVIN KLEIN
Photo Chantal Poirier
Robe HACUS
Chaussures CALVIN KLEIN

« J’aime beaucoup les robes vietnamiennes, mais j’ai peu l’occasion d’en porter. C’est mon look “In the Mood for Love”. Il est composé de chaussures de l’une de mes tantes et de la robe de l’une de mes cousines. Nous avons l’habitude dans la famille de nous échanger des pièces. Je donne et je prête mes vêtements, c’est la beauté du partage », dit Kim.

Robe DUY<br />
Chaussures GALLIANO
Photo Chantal Poirier
Robe DUY
Chaussures GALLIANO

« Cette robe structurée et structurante est parfaite lorsque je dois faire une présentation devant des gestionnaires. Quant aux chaussures, je les ai héritées de l’une de mes tantes, ma Tante #6 (Le secret des Vietnamiennes, Éditions Trécarré), car elle a une impressionnante collection de chaussures », confie Kim.

Photo Chantal Poirier

Dans le vestibule de la demeure de Kim, une étagère contient près de 25 paires de ballerines dans un dégradé de nuances, toutes de la même marque et du même modèle. « J’ai acheté ma première paire lors d’un voyage au Japon. J’ai marché plus de 75 kilomètres avec ces chaussures (mon téléphone me l’a confirmé). Elles sont si confortables, que lors de ma seconde visite, je voulais absolument en acheter d’autres. J’ai même voyagé léger pour avoir l’espace pour en rapporter le plus possible », explique-t-elle au sujet de sa collection.

Questions mode à Kim

Le vêtement est-il important pour vous ?

Le vêtement est ton premier message. Le vêtement est en quelque sorte le point de départ de ton discours. Choisir le bon vêtement pour la bonne occasion est une forme de respect de l’autre. Je me rappelle entre autres une journée dans laquelle j’ai enchaîné 14 entrevues. Alors que la traductrice traduisait mes réponses, je sautais dans la salle de bain pour enfiler une autre tenue. Je ne voulais pas que tous les médias aient la même photo.

Quel est votre style ?

Je suis l’œuvre des créateurs. Je suis leur tableau blanc. Naturellement, je vais vers ceux dont le style me plaît. Je reconnais que je n’ai pas le physique d’une mannequin, par contre je m’en remets à eux. S’ils me disent que la pièce ne me va pas, je ne suis pas insultée. Le couturier Joseph Helmer m’a un jour dit « ta plus belle qualité est d’oser ». Je n’impose pas ce que j’aime, je leur propose plutôt d’enfiler leur pièce signature. Pour se réinventer, il faut savoir s’abandonner, sinon on porte toujours la même chose. »

Ses bonnes adresses

Je veux encourager notre ville et ses créateurs, c’est mon investissement pour continuer. Je nommerais donc :

  • Denis Gagnon
  • Helmer
  • Duy
  • Lakuachimoto
  • Simons
  • Maison Marie Saint Pierre