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Des retraités de concessionnaires ont l'impression de s'être fait flouer

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Quatre ans après la fin du lock-out des concessionnaires automobiles du Saguenay–Lac-Saint-Jean, des employés de garage à la retraite ont le sentiment de s'être fait flouer.  

Ils ont perdu le quart de leur fonds de pension parce que leurs collègues ont choisi de quitter la Centrale des syndicats démocratiques (CSD) pour la Fédération des travailleurs du Québec (FTQ).  

Ils se réjouissent aujourd'hui de constater que la CSD maintient la poursuite qu'elle a intentée contre d'ex-syndiqués pour les forcer à payer leur part de la dette contractée pendant le conflit, même si elle a été remboursée. Or, même si la CSD obtient gain de cause devant un tribunal, les retraités ne reverront jamais la couleur de leur argent.  

«Nous autres, les retraités, on a été mis de côté, a soutenu Carol Létourneau, un ancien employé de Rocoto Toyota. C'est comme si on nous avait mis dans le placard et qu'on avait fermé la porte. Fini, on n'existe plus. Et bien, aujourd'hui, on veut leur rappeler qu'on existe encore.»  

En choisissant d'adhérer à la FTQ, les syndiqués ont fait une croix sur une partie de leur régime de retraite solvable à 78 % seulement.  

Ils estiment avoir 400 $ en moins dans leur poche chaque mois.  

«Personne n'avait son mot à dire, a ajouté un autre retraité de Rocoto Toyota, Claude Desbiens. On n'a pas le droit de vote, donc on ne peut rien dire. On nous a même demandé de sortir au moment d'un vote lors d'une assemblée de la FTQ à laquelle on avait été convoqués.»  

Carol Létourneau a tout tenté pour ne pas subir les contrecoups de ce changement d'allégeance syndicale, mais c'est la loi 34 sur les régimes complémentaires de retraite qui s'applique.  

«J'ai même participé à une réunion avec le sous-ministre à Québec, a-t-il indiqué. Mais il n'était aucunement d'accord, il a dit qu'il fallait appliquer la loi.»  

«Je suis très déçu de tout ça, même encore aujourd'hui, a précisé Michel Girard, lui aussi retraité depuis 13 ans. Ils ont joué dans notre argent, mais c'est nous autres qui l'avons ramassé. C'est notre argent!»  

Surtout qu'au début des années 80, ces retraités ont fait la grève pendant 16 semaines pour se doter d'un fonds de pension.  

«On n'en avait pas, s'est remémoré Claude Desbiens. On a concédé certains acquis pour l'avoir notre fonds de pension, alors imaginez comment je me suis senti quand j'ai su qu'on en perdait une partie et le stress que ça m'a causé. J'ai la chance d'avoir une femme qui bénéficie aussi d'un fonds de pension, mais ce n'est pas le cas pour tout le monde.»