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Les commerçants de Québec et Montréal parmi les plus imposés au Canada

Ils doivent composer avec les taux d’impôt foncier les plus élevés

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Québec et Montréal ont les taux d’impôt foncier dans le secteur commercial les plus élevés au Canada, selon une récente étude du Groupe Altus. Une situation qui se reflète sur le portefeuille des commerçants.  

«Le fardeau d’impôt foncier sur les commerçants est extrêmement élevé. On peut se questionner», indique Yves Godin, vice-président exécutif pour la taxation foncière chez Altus, une firme spécialisée dans l’immobilier. 

Actuellement, l’impôt foncier, qui tient compte des taxes municipales et scolaires, pour un commerçant à Québec est de 34,82 $ par tranche de 1000 $ d’évaluation pour une propriété. 

  • Écoutez le commentaire de Richard Martineau sur QUB radio:

À Montréal, les frais sont encore plus élevés, soit 37,98 $ par 1000 $ d’évaluation. L’artère la plus durement touchée est la rue Sainte-Catherine, où les taxes ont augmenté en moyenne de 10 % par an depuis 3 ans. 

Au cours des dernières années, plusieurs commerçants ont dénoncé dans les médias des hausses de taxes. Certains craignaient même pour la survie de leur entreprise. 

Jacques Gaspar
Photo Agence QMI, Guillaume Cyr
Jacques Gaspar

Possédant cinq établissements La Galette Libanaise à Québec, dont le petit dernier ouvrira mercredi, Tony Tannous n’est pas surpris par ces résultats. Même s’il est locataire dans des immeubles, il dit que les hausses de taxes sont souvent refilées aux commerçants par les propriétaires. 

«C’est certain que cela pèse. Il faut jongler avec la réalité. Nous avons un produit à vendre dont une certaine valeur est acceptée par les clients. Dans une sandwicherie, tu ne peux pas vendre un lunch à 35 $. Il y a une limite», affirme-t-il. 

Afin de diminuer l’ensemble de ses factures municipales, la direction de La galette Libanaise a notamment misé sur le recyclage. 

«Cela m’a permis de passer de 5600 $ d’ordures par année à moins de 800 $», révèle le patron. «Il faut voir les taxations qui sont superflues afin de faire des économies», conseille-t-il. 

Sur la rue Sainte-Catherine à Montréal, le propriétaire du restaurant Mister Steer (voir autre texte), Jacques Gaspar, affirme débourser 287 000 $ en taxe foncière, chaque année. 

«Le problème est incroyablement ridicule. Si ce n’était du fait que je suis ici depuis longtemps, j’aurais de la difficulté à y arriver», dit-il.  

Selon le vice-président chez Altus, les frais payés à Québec et à Montréal par les commerçants devraient se retrouver «un peu au-dessus» de la moyenne canadienne (24,23 $). 

«En raison de la valeur des propriétés, c’est normal que Vancouver ait un taux inférieur. Il n’est toutefois pas normal que Québec et Montréal aient des taux si élevés. Montréal devrait avoir un taux plus bas que Québec et Halifax», déplore M. Godin. 

Ce dernier rappelle qu’un impôt foncier faible dans le secteur commercial contribue à rendre les villes plus concurrentielles et favorise la croissance des emplois ainsi que les investissements dans des entreprises. 

À titre de comparaison, pour Vancouver, Toronto et Ottawa, les commerçants paient respectivement en impôt foncier 9,33 $, 22,77 $ et 27,01 $ par tranche de 1000 $ d’évaluation. 

Il est toutefois important de préciser que certains frais comme la tarification pour l’eau ou les matières résiduelles ne sont pas inclus dans ces données. 

Encore au sommet 

Lorsqu’on regarde maintenant du côté du ratio d’impôt foncier commercial/résidentiel au Canada, la moyenne est de 2,84. Cela signifie que les propriétaires d’immeubles non résidentiels payaient près de trois fois plus cher que les propriétaires de maison. 

C’est du côté de Montréal où cet écart est le plus «disproportionné» (3,93) et Québec figure au quatrième rang des 11 métropoles (3,43, - 3,75 %). 

«Cela signifie que le taux pour le non résidentiel est extrêmement élevé par rapport au taux résidentiel. Ce sont des choix politiques», répond M. Godin. 

Le responsable chez Altus estime toutefois que la récente signature du Partenariat 2020-2024 entre le gouvernement et les municipalités au sujet des transferts gouvernementaux permettra de diminuer la pression fiscale sur les entreprises. 

– Avec la collaboration du 24 Heures 

Estimation de l’impôt foncier dans le commercial par 1000 $ d’évaluation  

  • Montréal : 37,98 $ 
  • Québec : 34,82 $ 
  • Halifax : 34,32 $ 
  • Ottawa : 27,01 $ 
  • Winnipeg : 24,20 $ 
  • Toronto : 22,77 $ 
  • Calgary : 22,02 $ 
  • Edmonton : 21,85 $ 
  • Regina : 16,97 $ 
  • Saskatoon : 15,25 $ 
  • Vancouver : 9,33 $  

Source : Groupe Altus 

Estimation de l’impôt foncier dans le résidentiel par 1000 $ d’évaluation  

  • Winnipeg : 12,33 $ 
  • Halifax : 11,96 $ 
  • Ottawa : 10,77 $ 
  • Québec : 10,14 $ 
  • Regina : 9,74 $ 
  • Montréal : 9,66 $ 
  • Edmonton : 9,08 $ 
  • Saskatoon : 8,91 $ 
  • Calgary : 6,65 $ 
  • Toronto : 6,15 $ 
  • Vancouver : 2,56 $  

Source : Groupe Altus 

Ratio d’impôt foncier commercial/résidentiel  

  • Montréal : 3,93 
  • Toronto : 3,70 
  • Vancouver : 3,64 
  • Québec : 3,43 
  • Calgary : 3,31 
  • Halifax : 2,87 
  • Ottawa : 2,51 
  • Edmonton : 2,41 
  • Winnipeg : 1,96 
  • Regina : 1,74 
  • Saskatoon : 1,71  

Source : Groupe Altus