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SNC-Lavalin faisait peu de vérifications sur la corruption

SNC-Lavalin faisait peu de vérifications sur la corruption
Photo d'archives, Agence QMI

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Même si SNC-Lavalin s’était dotée d’une politique détaillée qui interdisait la corruption, peu de vérifications étaient vraiment faites, selon une ex-cadre.

Marie-Josée Bérubé, ex-responsable de la gestion des agents commerciaux chez SNC-Lavalin, a détaillé mardi certaines pratiques de la firme dans les années 2000.

Mme Bérubé témoignait au procès de Sami Bebawi, un ancien vice-président de l’entreprise accusé de fraude et de corruption en lien avec des contrats en Libye.

La Couronne reproche notamment à Bebawi d’avoir autorisé le versement de pots-de-vin à Saadi Kadhafi, fils du dictateur libyen Mouammar Kadhafi, en échange de lucratifs contrats pour SNC-Lavalin.

Mme Bérubé a précisé mardi que le principal agent rémunéré par SNC-Lavalin pour obtenir des contrats en Libye était une société offshore des Îles Vierges britanniques, un paradis fiscal, du nom de Duvel Securities. Son représentant était un avocat en Suisse.

« M. [Riadh] Ben Aïssa [un ex-cadre de SNC coupable de corruption] était le pont entre l’agent et nous », a-t-elle expliqué.

Mme Bérubé a affirmé que Ben Aïssa, qui relevait de Bebawi, était en général réticent à révéler avec qui il faisait affaire en Libye pour obtenir des contrats. « M. Ben Aïssa ne souhaitait pas que j’entre en contact avec les agents », a-t-elle expliqué.

Son travail à elle se bornait à s’assurer que les conventions de paiements d’agents à l’étranger aient reçu l’approbation d’un vice-président divisionnaire. « La personne qui choisissait l’agent [avec qui SNC-Lavalin faisait affaire à l’étranger] était la personne qui validait ou qui faisait les vérifications requises pour la sélection de cet agent », a-t-elle affirmé sous serment.


► Le procès, prévu pour encore plusieurs semaines, se poursuivra mercredi.