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42e Salon du livre de Montréal : Antonine Maillet et son baptême d’invitée d’honneur

42e Salon du livre de Montréal : Antonine Maillet et son baptême d’invitée d’honneur
Photo Agence QMI, STEVE MADDEN

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MONTRÉAL | Elle a 90 ans, remportait le Prix Goncourt il y a exactement 40 ans, nous a offert au-delà d’une cinquantaine d’ouvrages en carrière et constitue une icône de la littérature canadienne. Pourtant, Antonine Maillet n’avait encore jamais été invitée d’honneur au Salon du livre de Montréal (SLM), un titre qu’elle porte avec grande fierté cette année.

«C’est un honneur pour moi d’être un honneur pour d’autres», a lancé l’auteure acadienne, en marge de sa première séance de signatures, mercredi après-midi, alors que s’ouvrait le 42e Salon du livre à la Place Bonaventure.

Personnel

Assise au stand des Éditions Leméac, la dame a généreusement échangé avec les nombreux lecteurs venus la saluer, pris la pose avec eux et écouté les anecdotes de chacun.

42e Salon du livre de Montréal : Antonine Maillet et son baptême d’invitée d’honneur
STEVE MADDEN/AGENCE QMI

Une femme lui a rappelé l’avoir jadis connue à l’Université Laval dans les années 70, tandis qu’une Québécoise établie à Seattle lui a confié suivre sa carrière depuis longtemps.

Chacune des dédicaces d’Antonine Maillet, personnalisées et rédigées à la plume, s’étendaient sur une page entière des bouquins qu’on lui tendait.

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STEVE MADDEN/AGENCE QMI

«Je crois que chacun qui se donne la peine de venir jusqu’ici pour me voir le mérite. Alors, je me le permets, selon l’inspiration du moment», a sagement expliqué en entrevue la «mère» de La Sagouine.

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STEVE MADDEN/AGENCE QMI

Celle-ci se raconte comme jamais, jure-t-elle, dans sa plus récente œuvre, Clin d’œil au Temps qui passe, parue au printemps dernier.

42e Salon du livre de Montréal : Antonine Maillet et son baptême d’invitée d’honneur
STEVE MADDEN/AGENCE QMI

«Il vient un âge où on ne cache plus son âge. À l’époque, je n’aurais jamais dit que j’avais 40 ou 50 ans, mais je dis que j’ai 90 ans. Le jour où on peut dire ça, on est libre. Et on est capable d’affronter son âge comme on a affronté la vie.»

Brunante

Antonine Maillet se dit en forme et paraît beaucoup plus jeune que son âge réel. Elle image le présent stade de sa vie comme «la brunante» de son existence, un chapitre qu’elle aborde avec reconnaissance.

«J’ai passé par toutes les maladies de l’enfance. La rougeole, la scarlatine, j’ai tout connu. Mais je crois que je me suis immunisée à ce moment-là, et j’ai eu une forte santé. Parfois, je me dis que j’ai eu de la chance de m’en sortir. Je peux dire merci à la Vie, parce qu’elle m’a épargnée et enrichie durant 90 ans. Et peut-être que ça durera encore...»

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STEVE MADDEN/AGENCE QMI

Elle a commencé à rédiger ses premiers livres au début de la vingtaine, et écrit toujours.

Son prochain titre, Fabliau des temps nouveaux, sortira au printemps prochain, et elle en cogite déjà un autre, qui est actuellement «sur papier», annonce-t-elle. Cette nouvelle création verra peut-être le jour l’an prochain.

«Quand je finis un livre, j’en ai déjà un autre en marche. Habituellement. Sauf quand j’ai déménagé ; j’habitais une maison qui avait quatre étages, à Outremont. Je travaillais dans le grenier, et je m’étais dit que, quand j’aurais 90 ans, je ne voudrais plus monter tous ces escaliers.»

«Alors, j’ai déménagé dans un condo (au Manoir Belmont, NDLR). Et, savez-vous que j’ai été deux ans sans pouvoir écrire? Mes personnages ne m’avaient pas suivie! Je devais me réinventer. J’avais été là-bas pendant 40 et quelques années. Là, j’ai découvert une nouvelle façon d’écrire», a relaté l’écrivaine.

Nouveau record?

Proposant depuis l’an dernier l’entrée gratuite à tous ses visiteurs le mercredi, pour son ouverture, le Salon du livre de Montréal avait, en 2018, doublé son achalandage par rapport à 2017 la même journée.

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STEVE MADDEN/AGENCE QMI

Et Olivier Gougeon, directeur général de l’événement, avance que 2019 marquera peut-être un nouveau record d’affluence aux premières heures du SLM.

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STEVE MADDEN/AGENCE QMI

«On a même battu un record en prévente. On a vendu près de deux fois le nombre de passeports vendus à pareille date l’année dernière», a-t-il spécifié.

Par ailleurs, les habitués remarqueront un réaménagement de l’espace à la Place Bonaventure. Allées plus larges, reconfiguration des kiosques, café-bar au centre de l’endroit et scènes repensées pour plus de proximité : on effectue visiblement des tests en vue du déménagement du rendez-vous au Palais des congrès, en 2020.

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STEVE MADDEN/AGENCE QMI

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STEVE MADDEN/AGENCE QMI

«On veut montrer que le Salon du livre, ce n’est pas le lieu qui le fait, c’est ce qu’il y a à l’intérieur et ceux qui l’habitent», a noté Olivier Gougeon, avant d’y aller d’un dernier conseil au public.

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STEVE MADDEN/AGENCE QMI

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STEVE MADDEN/AGENCE QMI

«Ceux qui n’aiment pas les foules, ne venez pas pendant les matinées scolaires, ni le samedi, parce que c’est intense. Si vous voulez vivre une expérience plus calme et intime avec les auteurs, venez le jeudi ou le vendredi après-midi, ou le samedi ou dimanche soir. Et, si vous voulez voir la jeunesse qui "tripe" sur les livres, venez pendant les matinées scolaires; c’est magique! Ça donne de l’énergie.»

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STEVE MADDEN/AGENCE QMI

Le 42e Salon du livre de Montréal se poursuit jusqu’au lundi 25 novembre.

Les potins du Salon

Une pause pour Anick Lemay

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STEVE MADDEN/AGENCE QMI

Anick Lemay dédicaçait mercredi après-midi des exemplaires de son recueil Le gouffre lumineux et se promet bien d’exploiter à nouveau son talent pour l’écriture dans de futurs projets. Par contre, à court terme, c’est une période de repos qui attend la comédienne.

«Je commence à décanter et à comprendre que j’ai eu une grosse année, a confié Anick. Je ne savais pas vraiment ce que je faisais et, quand je m’en suis rendu compte, il était trop tard! (rires) Je suis heureuse de tout ça, mais j’ai quand même écrit 15 chroniques, j’ai fait un livre, un documentaire, j’ai recommencé L’Échappée et j’ai eu le cancer. Tout ça, en 18 mois! Je pense que je suis un petit peu fatiguée. Je vais bien, je suis en forme, mais je vais prendre un "break".»

Rachel Bédard et René Bonenfant honorés

Le Prix Fleury-Mesplet, décerné annuellement au Salon du livre de Montréal depuis 1987 à une personne ou un organisme ayant contribué au progrès de l’édition au Québec, sera décerné cette année à deux co-lauréat(e)s, Rachel Bédard et René Bonenfant.

Linguiste et fondatrice des Éditions du remue-ménage, Rachel Bédard a permis à la parole des femmes de s’émanciper, tandis que René Bonenfant, anciennement président du Salon du livre de Montréal, a consacré temps et énergie à diverses associations liées au domaine du livre.

La remise officielle de la distinction aura lieu ce vendredi, 22 novembre, à 13 h, à la Scène professionnelle.

Un premier Salon pour Daniel Thomas

Son premier roman pour enfants, Attention à l’agent Paul, sous le bras, Daniel Thomas vit cette année ses premiers Salons du livre à titre d’auteur jeunesse. Après Québec au printemps, il vivait pour la première fois la fête à Montréal mercredi.

«Le Salon ouvre, et les jeunes étaient là en très grand nombre. C’était très inspirant! Ça donne le goût de continuer à écrire. On essaie de donner du temps à chaque personne qui veut sa signature», a souligné le comédien au terme de ses premières séances de dédicaces.

Publiée aux Éditions Andara, son histoire raconte le combat d’un policier zélé contre les émojis qui cherchent à changer de personnalité.