/weekend
Navigation

La saison des disques des Fêtes est commencée!

Coup d'oeil sur cet article

C’est un départ. À l’instar de Damien Robitaille et même Rob Halford de Judas Priest, Isabelle Boulay donne le coup d’envoi de la saison 2019 des œuvres des Fêtes.

Isabelle Boulay

Photo courtoisie

★★★½

En attendant Noël

Pratique hautement polarisante, la production d’un disque de tounes de Noël est un art en soi. Est-ce qu’on se concentre que sur des reprises ? Est-ce qu’on tente d’y glisser des compositions originales ? Est-ce qu’on insiste sur les mélodies de grelots pour encore plus souligner l’esprit des Fêtes ? Tant de questions !

Sage

Pour ce premier disque des Fêtes, Isabelle Boulay évite le morceau de charbon en demeurant sage. En effet, l’interprète arrête son choix sur des adaptations de classiques hivernaux, comme I’ll Be Home For Christmas, livré en duo avec Rufus Wainwright et — quelle belle surprise ! — Le Labrador de Claude Dubois, qu’on associe pourtant moins à Noël. En prime, la chanteuse propose également Même si tout autour change, une nouvelle chanson signée par les sœurs Boulay.

Musicalement, on opte pour une direction artistique plutôt solennelle. Aucune proverbiale bacaisse ne sera swingée dans le fond de la boîte à bois ici. Les ballades se suivent... et se ressemblent, donc. En résulte ainsi une offrande homogène, qui accompagnera bien vos soupers familiaux, par exemple, mais dont l’enchaînement et la production ne surprennent pas tant.

Conservateur

En effet, sous la houlette du réalisateur et musicien Marc Pérusse, En attendant Noël devient une œuvre aussi chaleureuse que conservatrice. On y met, bien sûr, la voix d’Isabelle Boulay en avant-plan. C’est évidemment du beau travail, mais les moments d’éblouissement y sont rares. J’veux dire, juste lire le titre des pièces donne déjà un avant-goût de l’interprétation de la grande dame. Blue Christmas, par exemple, sonne exactement comme vous vous l’imaginez.

Tant qu’à mijoter cet album depuis des décennies, on aurait aimé que Mme Boulay s’amuse davantage avec le fameux exercice de style.

Patrick Norman

Photo courtoisie

★★★½

Si on y allait

L’auteur-compositeur-interprète souligne ses noces d’or avec la musique (c’est 50 ans de carrière, ça !) en dévoilant un 33e LP mi-solennel, mi-moderniste en reprenant six de ses classiques réarrangés par des artisans employés lors d’un séjour à Nashville et en proposant de nouvelles pièces. L’image même du compromis, quoi. En résulte un album country épuré, sincère, mais aussi un peu trop sage et convenu par moments. Je le recommande chaudement tout de même, ceci étant dit.

Beck

Photo courtoisie

★★★

Hyperspace

Deux ans après Colors, un 13e album plus pop sacchariné en deçà des attentes, l’imprévisible Beck poursuit en s’inspirant de la mouvance vaporwave autant pour sa musique que l’esthétique de Hyperspace. On a donc droit à un LP dans la lignée de Morning Phases (2014), mais plus électronique et un brin moins chaleureux (ce qui n’est pas un mal en soi ici). Outre quelques écueils (la séquence Saw Lightning, Die Waiting et Chemical fait clinquante), Hyperspace s’avère satisfaisant, mais ne captive pas tant.

Geneviève Jodoin

Photo courtoisie

★★★

J’ai toujours su

Gagnante de la récente édition de La Voix, Geneviève Jodoin dévoile ici son quatrième album en carrière (et le premier depuis qu’elle a l’attention du fameux grand public). Sans surprise, J’ai toujours su abonde dans les ballades folk sur fond de réalisation hyper lichée, très radiophonique. Bien que l’œuvre s’avère fort agréable, l’artiste ne s’impose pas assez. Au final, mélomanes et téléspectateurs n’auront pas vraiment une meilleure idée de qui est vraiment Geneviève Jodoin. À suivre donc.

Coup de coeur

Leonard Cohen

Photo courtoisie

★★★★½

Thanks for the Dance

À l’instar de 2Pac, notamment, Leonard Cohen demeure productif via l’au-delà avec ce deuxième album posthume piloté et achevé par son fils, Adam, et un entourage de choix (dont Javier Mas, musicien qui accompagnait le défunt en concert depuis belle lurette, tout comme Beck, Patrick Watson et Richard Reed Parry d’Arcade Fire, par exemple). Non seulement la voix fatiguée du grand monsieur rend l’œuvre encore plus auguste, mais les instrumentations riches de Thanks for the Dance en font un des disques les plus intéressants du dernier pan de carrière de Cohen. Chapeau bas !