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Une grande séduction qui a mal tourné à «La Presse»: un ex-cadre réclame 122 000$ pour procédures abusives

DESMARAIS, SAGAR DOMAINE, HOCKEY , NORDIQUES
Photo Didier Debusschère Pour embaucher Patrick Jutras en 2016 (alors employé chez Bell Média), la direction de La Presse, dont le président Guy Crevier, qui lui a fait rencontrer André Desmarais, de Power Corporation, au domaine familial de Sagard, dans Charlevoix.

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 Après s’être fait séduire et promettre un emploi de rêve chez Power Corporation, un ancien haut dirigeant du quotidien La Presse, Patrick Jutras, vient de déposer une poursuite de 122 285 $ contre son ex-employeur devant les tribunaux.  

Selon les documents déposés en Cour supérieure du Québec, M. Jutras reproche notamment à La Presse des procédures juridiques abusives contre lui. 

Patrick Jutras
Photo Courtoisie
Patrick Jutras

Il faut dire qu’au cours des derniers mois, la direction de La Presse a échoué à deux reprises en Cour supérieure pour empêcher M. Jutras de travailler pour Québecor Média.  

M. Jutras (alors chez Bell Média) s’était pourtant fait séduire en 2016 par la direction de La Presse lors d’une virée en hélicoptère à Sagard, dans Charlevoix, où partie de golf et souper au domaine de la famille Desmarais de Power Corporation (alors propriétaire de La Presse) ont eu lieu.   

On lui avait fait même miroiter la possibilité de faire progresser sa carrière au sein du conglomérat financier. Ce qui n’est jamais arrivé.   

M. Jutras occupe maintenant le poste de vice-président principal et chef des revenus publicitaires pour Québecor Média et le Groupe TVA.   

Ce dernier soutient que «les abus commis par La Presse de même que son acharnement judiciaire malicieux lui ont causé un important stress et des inconvénients majeurs» au cours des derniers mois.   

Afin de se défendre en cour, M. Jutras a dû embaucher une firme d’avocats et payer des honoraires au montant de 97 285,10 $.  

Il réclame également 25 000 $ pour «compenser le stress et les inconvénients inhérents aux procédures» de La Presse

Guy Crevier, Vice-président du Conseil et éditeur et André Desmarais.
Photo Pierre-Paul Poulin
Guy Crevier, Vice-président du Conseil et éditeur et André Desmarais.

Urgence  

Le quotidien électronique de la rue Saint-Jacques avait déposé en catastrophe le 9 septembre dernier une ordonnance enjoignant à M. Jutras de cesser d’occuper son emploi chez Québecor.  

Cette requête a été rejetée par la juge Michèle Monast le 8 octobre dernier, en Cour supérieure, qui confirmait un jugement rendu le 11 septembre par le juge Frédéric Bachand lors d’une demande d’injonction interlocutoire provisoire de La Presse.   

Pour justifier sa requête, La Presse avait évoqué notamment une clause de non-concurrence et un marché publicitaire très restreint au Québec.   

Baisse de revenus  

Le départ de La Presse de M. Jutras a eu lieu en mai dernier. Il a accepté un poste de vice-président au développement des affaires chez Vidéotron avant de faire le saut chez Québecor Média, au début septembre.   

Pour justifier son départ, M. Jutras a notamment évoqué une baisse importante de revenus à La Presse au cours des dernières années ainsi qu’une offre publicitaire en retard sur le marché (et un changement en OBNL), alors que l’entreprise lui avait promis l’inverse lors de son embauche en 2016.   

Selon la Cour supérieure, la clause de non-concurrence aurait ainsi eu pour effet d’empêcher M. Jutras d’occuper un emploi auprès de toute personne, entreprise ou organisation impliquées, de près ou de loin, dans la vente d’espace publicitaire au Québec.