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Assemblée nationale: le PDG de Desjardins cuisiné par les députés

Guy Cormier qualifie le vol de données révélé cet été d’éveil «brutal»

Assemblée nationale: le PDG de Desjardins cuisiné par les députés
Photo Simon Clark

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Le PDG de Desjardins, Guy Cormier, cherche à relativiser l’ampleur du vol de données dont 4,2 millions de ses membres ont été victimes en faisant valoir qu’il s’agit d’un «fléau mondial».  

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Pressé de questions par les députés à l’Assemblée nationale, M. Cormier, a insisté sur le fait que dans la dernière année, «28 millions de Canadiens avaient été touchés par des fuites de données».    

«Le vol de données, c’est un fléau mondial», a-t-il répété. Malgré cela, «la grande majorité des pays de l’OCDE tardent trop à réfléchir», regrette le président et chef de la direction de la plus grande institution financière du Québec.    

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Photo Simon Clark

À ses yeux, le vol massif de données révélé l’été dernier est «un réveil brutal» qu’il ne faut pas ignorer.    

Faire un pas de recul  

Lors de son audition, le pdg de Desjardins s’est fait cuisiner entre autres par la députée libérale Marwah Rizqy. D’entrée de jeu, elle a révélé que M. Cormier avait refusé d’être assermenté avant de répondre aux députés.   

Multipliant les questions serrées, Mme Rizqy a poussé M. Cormier à confirmer que l’enquête policière sur le vol de données survenu chez Desjardins est toujours active, malgré l’absence d’accusations formelles.   

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Photo Simon Clark

Il a confirmé qu’en «date d’aujourd’hui, un seul employé» du Mouvement aurait été impliqué.   

Questionné à savoir si la preuve avait pu être compromise par les gestes posés par Desjardins, «la décision que j’ai eue à prendre, c’est : "est-ce que je protège l’enquête ou bien est-ce que je protège mes membres". J’ai décidé de protéger mes membres», a-t-il laissé tomber.   

Même si 70 M$ par année sont investis par Desjardins en «différentes mesures de sécurité», la fraude interne demeure «la plus difficile à relever», a-t-il soutenu.   

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Photo Simon Clark

Porter «le bonnet d’âne»  

Disant comprendre que plusieurs tentent maintenant de lui «faire porter le bonnet d’âne», M. Cormier a invité les législateurs québécois à prendre un pas de recul.   

«Il y a eu de nombreux cas avant Desjardins», a-t-il rappelé, en signalant qu’il risque d’y avoir encore des cas similaires au sein de différentes organisations.   

M. Cormier a pointé du doigt la trop grande quantité d’informations personnelles que doivent souvent fournir les citoyens pour transiger avec une institution financière.   

Le pdg considère notamment «anormal» qu’en 2019, on doive encore s’identifier en fournissant par exemple un permis de conduire ou une carte d’assurance maladie.   

M. Cormier plaide plutôt pour l’instauration d’un système canadien d’identité numérique.   

Il en a d’ailleurs profité pour annoncer la mise sur pied d’un forum sur l’identité numérique, qui sera chargé d’identifier d’autres «pistes de solutions qui seraient adaptées à la réalité québécoise».   

L'Autorité des marchés financiers, Equifax Canada, l'Association des banquiers canadiens, l'Office de la protection du consommateur et un expert universitaire, José Fernandez, participent également aux auditions en commission parlementaire.  

Les banques mieux outillées?  

Lors de son audition, l'Association des banquiers canadiens a laissé comprendre qu’une situation comme celle survenue chez Desjardins aurait rapidement été détectée par les grandes banques canadiennes qu’elle représente.  

«Tout est mis en place pour que des choses comme ça ne puisse pas se produire, a soutenu Éric Prud’homme, directeur général pour le Québec de cette association. On a des systèmes d'alerte, à partir du moment où un employé se mettrait à tenter d'utiliser des informations auxquelles il n'a pas accès, il y a des drapeaux rouges qui vont se lever et on va agir automatiquement.»