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Défoulement symphonique avec Bruce Dickinson et l'OSQ

Défoulement symphonique avec Bruce Dickinson et l'OSQ
Photo Jean-François Desgagnés

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Une faune inhabituelle a envahi le Palais Montcalm, hier soir. Attirés par la présence exceptionnelle de leur idole Bruce Dickinson dans un univers symphonique, des centaines de fans de heavy métal ont savouré avec enthousiasme un fougueux tête-à-tête entre le rock et la musique classique. 

C’était vraiment une soirée où tout le monde s’aventurait hors de sa zone de confort. À notre arrivée au Palais Montcalm, on ne voyait dans le hall d’entrée que des visages qu’on croise habituellement aux concerts de Metallica et Iron Maiden découvraient le Palais Montcalm. Bonsoir le dépaysement! 

Défoulement symphonique avec Bruce Dickinson et l'OSQ
Photo Jean-François Desgagnés

Sur la scène, le quatuor blues-rock québécois The Paul DesLauriers Band, très à son affaire, se tenait dignement devant les quelque 70 musiciens de l’Orchestre symphonique de Québec, dirigé pour l’occasion par l’énergique Paul Mann, pendant que la simple vue du chanteur d’Iron Maiden, venu saluer le public avant les premières notes, suffisait pour soulever la foule. 

Toutes ces rencontres improbables avaient pour prétexte l’interprétation du Concerto For Group and Orchestra, signé par le défunt claviériste de Deep Purple, Jon Lord, et qui fêtera aussi ce soir, encore une fois dans une salle pleine à craquer, ses 50 ans dans la capitale. 

Nervosité 

D’abord sollicité uniquement durant le second mouvement du concerto, Bruce Dickinson n’a fait qu’une apparition de quelques minutes, en première partie. 

Les yeux rivés sur ses partitions, il a fait étalage d’un chant juste et sensible malgré une apparente nervosité qui a failli le faire devancer l’orchestre à une occasion. 

Défoulement symphonique avec Bruce Dickinson et l'OSQ
Photo Jean-François Desgagnés

Après avoir commencé par se donner sagement mais efficacement la réplique, l’OSQ et le groupe ont scellé leur union durant un vigoureux troisième mouvement pimenté d’un solo endiablé du batteur Sam Harrisson. 

«Love you Bruce » 

Au retour de l’entracte, on a eu droit à une vibrante relecture de deux autres pièces orchestrales composées par Jon Lord, Sarabande et Bouré, avant que le rock reprenne pleinement ses droits et que les choses sérieuses, pour les maniaques de métal, se mettent en branle. 

Discipliné jusque-là, le public s’est lâché lousse quand Dickinson, définitivement plus à l’aise dans un répertoire rock, est réapparu pour le dernier segment consacré à des classiques de Deep Purple. Un peu trop même. Les «Love you Bruce» ont forcé l’orchestre à s’y reprendre à trois fois avant de pouvoir lancer l’émouvante When a Blind Man Cries. 

Défoulement symphonique avec Bruce Dickinson et l'OSQ
Photo Jean-François Desgagnés

Malgré les cris d’un fan qui souhaitait entendre The Trooper, Maiden n’était au programme. Pas grave, on a pu se défouler sur une Hush épique où Dickinson a retroussé les manches de sa chemise et incité ses admirateurs à taper des mains. Et en guise d’extra, les imposantes Perfect Strangers et Smoke on the Water, reprise deux fois plutôt qu’une. Que demander de mieux? 

On remet ça vendredi soir. Malheureusement pour les retardataires, c’est complet.