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Frédéric Lalonde: le génie derrière Hopper, l'app qui fait épargner gros aux voyageurs

Québec Inc - Frédéric Lalonde
Photo Ben Pelosse

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Hopper est l’application de voyage la plus téléchargée dans 57 pays et s’inscrit au top 10 des applis du genre dans 126 autres pays. Les 43 millions d’utilisateurs qui l’ont installée ont reçu à ce jour 1,4 milliard de notifications, permettant la planification de 115 millions de voyages.   

Des chiffres impressionnants qui démontrent à coup sûr la lame aiguisée et visionnaire de son fondateur, Frédéric Lalonde.  

S’adressant à une foule de gens d’affaires plus tôt cette semaine, Frédéric Lalonde est présenté comme un entrepreneur à l’intelligence différente. Cette ruse a émergé alors qu’il n’était encore qu’adolescent.     

Il s’était ramassé au poste de police de la Rive-Sud de Québec pour avoir piraté la cabine téléphonique en face de chez lui afin de permettre le téléchargement des jeux qu’il redistribuait ensuite. «On copiait des disquettes et on les vendait dans la cour d’école pour 5$.», lance-t-il en riant.    

Au diable le bulletin, au diable le CV  

Décidément pas fait pour les études conventionnelles, il estime que l’entrepreneuriat ne s’apprend pas obligatoirement sur les bancs d’école. «Il y a une beaucoup plus grande concentration d’entrepreneurs drop out que de médecins drop out. [...] Être entrepreneur, ce n’est pas un métier ou une carrière, ça définit plutôt qui on est», croit-il.    

Pas de diplôme, pas de contenu à son CV si ce n’est que des emplois qu’il s’est lui-même inventés, Frédéric Lalonde n’a pas pour autant manqué d’ambition. Il a lancé une première boîte techno avant ses 20 ans, puis Newtrade, deux ans plus tard, avec un programme permettant aux entreprises de faire des réservations de voyage.    

«On a tendance à penser que deux semaines dans le Sud, ce n’est pas important, mais c’est 800 milliards de dollars par année, le voyage numérique», mentionne l’entrepreneur. Ça, il ne le savait peut-être pas au moment de révéler Newtrade, mais il avait percé le bon filon.     

Les gros 12 jours  

En 2002, le PDG d’Expedia a cogné à sa porte. Quelques mois plus tard, le système de la petite boîte était intégré à celui de sa géante: une transaction de quelques millions de dollars.    

«Quand j’ai vendu la compagnie, je me suis ramassé à gérer l’unité d’affaire d’Expedia dans laquelle la compagnie avait été intégrée. Je voyais les états financiers de cette business-là, et évidemment je connaissais le prix auquel j’avais vendu la compagnie. [...] Savez-vous combien de temps ça leur a pris pour récupérer le prix total de la transaction? 12 jours», admet M. Lalonde.    

Québec Inc - Frédéric Lalonde
Photo Steve Madden

Entrepreneur un jour, entrepreneur toujours  

Le geek d’affaires a quitté Expedia en 2006 pour planifier le lancement d’une application concurrente, Hopper.    

Même s’il avoue regretter la vente de Newtrade, non pas pour l’argent, mais pour la perte d’une propriété intellectuelle locale sur le projet, Frédéric Lalonde reste reconnaissant de son passage chez Expedia. «Ils étaient là pour m’empêcher de faire des erreurs mortelles. [...] Tout ce qui a marché chez Hopper après, tous les jours, j’y repuise», dit-il.    

Si le but premier de Hopper était d’offrir une vastitude de billets d’avion et d’itinéraires répertoriés selon des critères pointus, c’est un papier du New York Times qui a été le pivot pour la business. L’article, mettant en valeur le côté prédictif de Hopper, a fait un tabac.     

«Nos serveurs sont down. On a eu un million d’utilisateurs dans les deux semaines qui ont suivi», raconte son fondateur.     

Dans une version simplifiée, Hopper s’est désormais inscrit comme une application qui dicte aux vacanciers à quel moment ils doivent acheter leur billet pour payer moins.     

«YouTube, c’était un site de rencontre [...] Twitter c’était une plateforme d’entreprise [...] Souvent, les choses qui marchent sont tellement simples qu’on a tendance à ne pas les regarder», relate-t-il.    

Hopper est maintenant évaluée à un milliard de dollars, compte des bureaux dans 7 villes, dont un à Montréal, dans Rosemont. Citée par le magazine Forbes comme l’une des applications les plus innovantes et croissantes, en plus de s’être associée en début d’année à la compagnie aérienne Lufthansa, Hopper risque de voyager ou plutôt de perdurer dans le temps, encore longtemps.     

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