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Ski alpin: Simon Fournier fait son entrée officielle en Coupe du monde

Depuis la retraite de Julien Cousineau en 2015, Simon Fournier devient le premier Québécois à accéder à l’équipe canadienne masculine de slalom en Coupe du monde.
Photo agence QMI, Joël Lemay Depuis la retraite de Julien Cousineau en 2015, Simon Fournier devient le premier Québécois à accéder à l’équipe canadienne masculine de slalom en Coupe du monde.

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L’éclipse totale du Québec de la Coupe du monde masculine de ski alpin n’aura été que passagère depuis la retraite d’Erik Guay. Simon Fournier assumera maintenant seul le rôle d’ambassadeur.

Champion au classement du slalom en Coupe NorAm la saison dernière, le skieur issu du Club Mont-Tremblant s’est qualifié d’office pour le calendrier de cette discipline qui débutera dimanche à Levi en Finlande. Avec ses deux positions dans le top 30 des épreuves techniques aux derniers championnats mondiaux et son titre de vice-champion en slalom de la NCAA, le voici lancé officiellement dans la cour des grands.

« Je pense que le temps était venu, pour moi, d’obtenir un poste régulier dans l’équipe de Coupe du monde. J’ai eu des années plus difficiles dans l’équipe de développement, mais l’année dernière a été une belle année pour moi. J’ai vraiment percé. J’ai atteint les objectifs que je visais et ça m’a permis d’aller en Coupe du monde. Je vais avoir 23 ans au mois de mai, alors c’est le bon temps pour commencer sur la Coupe du monde et aussi d’être compétitif. Il y a des gars de mon âge qui gagnent déjà des courses », nous confiait le Montréalais lors d’une activité de financement de Ski Québec alpin (SQA), le mois dernier.

Vivement Erik Guay

Cette nouvelle saison marque son entrée dans le cirque blanc, même s’il s’y était initié l’an dernier avec trois départs non complétés. Du coup, sa promotion coïncide avec le renouveau qui souffle sur Canada Alpin, notamment avec l’élection d’Erik Guay au conseil d’administration de la fédération nationale.

L’expertise de l’homme au record de 25 podiums en Coupe du monde sera notamment mise à contribution pour relancer le Canada avec l’objectif avoué d’en faire l’une des trois meilleures nations aux Jeux olympiques de 2026. Fournier se réjouit de l’influence qu’exercera sur les nouvelles ambitions du pays celui qu’il considère parmi ses idoles.

« Je suis content parce que ça va apporter beaucoup de changements. C’est intéressant de voir un gars provenant du Québec et qui partage ma vision et mes opinions, en plus de la même langue », exprime-t-il.

« Dommage d’être le seul »

Si l’équipe canadienne féminine compte sur Marie-Michèle Gagnon, Laurence St-Germain, Mikaela Tommy et Valérie Grenier, il constitue l’oiseau rare du Québec parmi les hommes.

« Je trouve dommage d’être le seul quand on considère le bassin d’athlètes qu’il y avait sur l’équipe du Québec », dit-il.

« Il y avait d’autres skieurs très talentueux avec moi. J’ai hâte de voir la nouvelle cohorte de l’équipe du Québec et ceux qui pourraient percer, mais c’est sûr que ç’a été difficile dans l’équipe canadienne, au cours des dernières années. Il n’y a plus autant d’argent qu’il y avait. Il y a eu beaucoup de coupures qui ont créé des barrières et c’est ce que le nouveau conseil d’administration de Canada Alpin va tenter de corriger. Il y a des jeunes qui poussent. Je prends mon exemple : je suis arrivé avec l’équipe de développement à 18 ans et j’ai eu la chance de me développer. Il y a beaucoup de gars qui n’ont pas eu la même chance, mais on espère qu’il y aura plus de stabilité avec Canada Alpin ».

Un équilibre essentiel grâce aux études

Simon Fournier incarne la relève du Canada entre les piquets de slalom, mais il pourrait éventuellement bien servir son sport dans des enjeux financiers.

Le Montréalais a entrepris l’an dernier des études en finance à l’Université de Denver. Son parcours s’apparente ainsi à celui de Laurence St-Germain qui a obtenu, au printemps dernier, un diplôme en sciences informatiques à l’Université du Vermont après quatre années consacrées en parallèle à sa carrière en Coupe du monde.

« Ça me répartit », explique le spécialiste des disciplines techniques en illustrant la nécessité pour lui de conjuguer des études à son sport.

« Qu’on le veuille ou non, quand tu es toujours dans un mode compétitif, ça peut devenir nocif. Ça devient souvent comme des montagnes russes d’émotions. Quand tu es au creux de la vague et que tu as seulement le ski, tu reviens de ta journée et tu peux plonger dans les études. Ça permet de te relancer. Je suis quand même chanceux d’avoir les deux options. »

Études en suspens

Fournier a accepté la bourse d’étude complète promise par l’institution d’enseignement du Colorado à une période où son statut n’avait rien d’assuré au sein de l’équipe canadienne. Sa place en ski maintenant assurée, il a convenu de suspendre ses études cet automne afin de se consacrer à temps plein à son début de saison en Coupe du monde.

« L’école est une belle option pour moi, mais en même temps, le ski alpin représente quelque chose que je veux faire et je veux me donner la chance de m’investir à 100 % plutôt qu’à 50 %. Cet automne, c’est la chose que je devais faire. Durant l’hiver, je suis plus capable de gérer le ski avec l’école, mais durant une année complète, je trouvais que ça aurait été trop difficile », explique-t-il.