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Une duchesse ambitieuse et magnifiée au Trident

Le comédien Jacques Leblanc
Photo courtoisie, Stéphane Bourgeois Le comédien Jacques Leblanc

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Le croisement de différentes disciplines artistiques donne des résultats qui sont souvent très intéressants sur scène. En intégrant deux musiciens et un danseur dans la mise en scène, La duchesse de Langeais se magnifie pour en faire un objet théâtral complet et réussi.

À l’affiche jusqu’au 7 décembre au Trident, le texte méconnu de Michel Tremblay explose et se déploie magnifiquement.

Il y a bien sûr la présence de Jacques Leblanc, qui après L’Avare et Amadeus, brille à nouveau. Le comédien livre une énorme performance dans ce monologue de 80 minutes.

Une belle histoire

La duchesse de Langeais, c’est l’histoire d’Édouard, un vendeur de chaussures, qui a mené une double-vie à titre de travesti, dans les bars gais clandestins de Montréal.

On le retrouve à 60 ans au Mexique, où il fait le bilan de sa vie. Extravagant, l’homme se raconte. Il évoque ses années de gloire, dévoile une rupture douloureuse et exprime sa peur de vieillir.

Le comédien Jacques Leblanc
Photo courtoisie, Stéphane Bourgeois

«Ce soir, on ne fait pas l’amour, on se saoule», lance-t-il d’entrée de jeu, en calant le premier de plusieurs verres de whisky.

Édouard est malheureux. Il vit une tragédie. Celle de ne plus être ce qu’il a déjà été, lorsqu’il avait le Tout-Montréal à ses pieds.

Une carte cachée

Après une ouverture réussie, où la flamboyante duchesse délaisse ses habits, Jacques Leblanc met quelques minutes à bien installer son personnage. L’homme n’a pas la langue dans sa poche et il est très vulgaire par moments.

Le personnage est joué de manière un peu théâtrale et le jeu de Leblanc devient, petit à petit, naturel. On plonge dans les multiples couches d’émotion qui sont exposées. Il brille sur les planches.

Jusqu’à cette sortie de scène, forte, émouvante et puissante, accompagnée par une magnifique chanson interprétée par Keith Kouna et Vincent Gagnon au piano.

La force de la mise en scène de Marie-Hélène­­­ Gendreau réside dans ce croisement réussi entre le théâtre, la danse et la musique. Keith Kouna et Vincent Gagnon dynamisent le monologue de Jacques Leblanc avec des segments musicaux diversifiés et parfois très rock.

L’idée d’amener un danseur sur les planches est la carte cachée de la pièce. Une idée tout à fait géniale. Fabien Piché représente la duchesse, plus jeune, et à une époque plus glorieuse.

Il se contorsionne et interagit, durant certains segments, avec Jacques Leblanc, afin de créer de superbes moments, où l’on touche à quelque chose de très intéressant. Une réussite.