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AIM, Glassine et White Birch: menace d’expropriation levée dans le secteur Est

AIM, Glassine et White Birch: menace d’expropriation levée dans le secteur Est
Photo d'archives, Stevens Leblanc

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La Ville a revu ses plans et n’envisage plus d’expropriations dans le secteur du littoral est à Beauport-Maizerets-d’Estimauville, retirant ainsi la menace qui planait sur la White Birch, Glassine et AIM. 

En février, lors de la première présentation du projet, le maire de Québec avait évoqué l’expropriation des compagnies AIM et Glassine dans l’optique de réaliser l’aménagement d’une vaste zone d’innovation dans le secteur est de la ville. Certains terrains de la White Birch étaient également dans la mire. Les entreprises avaient appris par les médias qu’elles étaient visées par un tel projet. 

De l'espace «en masse» 

Lors d’une présentation vendredi du service du Développement économique et des grands projets, le directeur Charles Marceau a souligné que les expropriations ne seront finalement pas nécessaires. «Le terrain de jeu de la phase un et de la phase deux est suffisant pour qu’on ait en masse de place pour débuter le projet. Les entreprises qui sont en place, on leur a demandé d’optimiser l’utilisation qu’elles font de leur activité. Il peut se libérer du terrain là aussi. (...) Ce n’est pas dans la stratégie actuelle d’envisager des expropriations, ni à court ni à moyen terme.» 

Vendredi, M. Marceau a admis qu’«on aurait dû les rencontrer avant pour leur dire qu’on développait une vision, mais les choses se sont faites très rapidement». 

«Les trois entreprises veulent collaborer», a souligné le maire de Québec, Régis Labeaume. «On va tenter d’atteindre nos objectifs et de protéger leurs intérêts.» 

Intégrés au projet 

Ainsi, les entreprises seront appelées à s’intégrer au projet. Elles pourraient même bénéficier des recherches et développements qui s’effectueront dans ce haut lieu de l’innovation, a illustré Charles Marceau. AIM, recycleur, pourrait par exemple s’associer à un projet de recherche pour trouver des solutions pour le recyclage des moteurs électriques. 

Même chose pour White Birch qui s’attend, avec les nouvelles exigences du ministère de l’Environnement, à devoir mettre en place des mesures supplémentaires pour garder aux normes ses immenses bassins de rétention. «Ces entreprises-là, on veut qu’elles participent au projet.» 

Dans la première phase de la zone innovation, six terrains appartenant à la Ville de Québec sont visés. Ils ont été achetés et seront décontaminés. Le total de l’investissement est de 52 millions $, dont 50 millions $ proviennent du provincial. La préparation des terrains sera complétée en 2021. À terme, quand ils seront aménagés, on prévoit que 350 millions $ d’investissements pourront y voir le jour. Les entreprises et centres de recherche qui s’y établiront s’articuleront autour de trois créneaux : la santé durable, le transport intelligent et les technologies propres. 

Phase deux à venir 

Une phase deux est dans les cartons. Six autres terrains qui appartiennent à la Ville, ou pour lesquels des discussions d’achat sont en cours, sont visés, dont l’ancien site Sico, le dépôt à neige Henri-Bourassa, qui sera éventuellement fermé, le terrain des anciennes citernes de la White Birch et l’ancien garage de Transport Giguère. 

La Ville pourrait aussi alimenter les futurs édifices par la vapeur de l’incinérateur pour le chauffage et la climatisation. «On pourrait faire en sorte qu’il n’y ait plus aucune émanation de vapeur de l’incinérateur», s’est réjoui le maire. On pourrait profiter des travaux dans le sol pour installer dès le départ les conduites nécessaires à l’acheminement de la vapeur vers les entreprises. 

La ministre responsable de la Capitale-Nationale, Geneviève Guilbault, a manifesté son enthousiasme devant le projet qui permet de créer un nouveau milieu d’innovation tout en requalifiant des terrains contaminés. Elle s’est d’ores et déjà dite ouverte à financer la phase deux. «C’est la première étape d’une longue collaboration qui s’annonce entre le gouvernement et la Ville de Québec.» 

Gosselin salue le projet 

Le chef de l'opposition, Jean-François Gosselin, est d'accord avec le développement du secteur est en zone d'innovation. «Je veux que ça avance. Il faut revitaliser ce coin-là.» Il regrette cependant que l'administration Labeaume ait agi avec précipitation en annonçant des expropriations. «On aurait dû rencontrer les entreprises concernées avant de lancer qu'on les exproprierait peut-être. (...) Ça a créé de l'inquiétude pour rien.»
 

Future zone d’innovation du littoral est  

Phase 1  

  • Six terrains qui appartiennent à la Ville 
  • Superficie de 134 000 m2 
  • Valeur foncière de 10-15 M$ 
  • Coûts totaux pour leur achat et décontamination : 52,5 M$ 
  • Fin prévue des travaux : 2021 
  • Investissements potentiels : 346 M$  

  

Phase 2  

  • Six terrains qui appartiennent à la Ville ou sont en négociation  
  • Superficie de 201 000 m2 
  • Évaluation foncière de 11 M$