/news/politics
Navigation

Autiste de 8 ans privé d’école: le ministre Roberge lui promet une place rapidement

Le ministre de l'Éducation, Jean-François Roberge
Photo Simon Clark Le ministre de l'Éducation, Jean-François Roberge

Coup d'oeil sur cet article

Privé d’école depuis la rentrée scolaire, un jeune autiste de 8 ans aura sa place dans une classe spécialisée rapidement, assure Jean-François Roberge, qui a mandaté son sous-ministre pour intervenir auprès de la commission scolaire.  

• À lire aussi: Des classes spéciales qui débordent: cet autiste de 8 ans ne peut pas aller à l’école  

En juin dernier, Félix Bissonnette Desormeaux a été diagnostiqué d’un trouble du spectre de l’autisme. Le jeune garçon n’est pas retourné sur les bancs d’école depuis maintenant cinq mois, faute de place dans une classe spéciale, a révélé Le Journal.     

«(Sa mère) peut s’attendre à se faire appeler par sa commission scolaire. Est-ce (qu’il aura une place dans les prochains) jours ou (dans les prochaines) semaines? Je souhaite que ce soit (dans les prochains) jours. Il faut trouver le local, il faut trouver le professionnel qui va s’en occuper, mais c’est clair que la commission scolaire a l’obligation d’accueillir ce jeune-là et de répondre à ses besoins», a affirmé le ministre de l’Éducation, en entrevue avec notre Bureau parlementaire.   

Jean-François Roberge juge cette situation «totalement inacceptable». Il dit avoir pris personnellement connaissance du dossier et en avoir parlé avec son sous-ministre, qui contactera la direction générale de la Commission scolaire de la Capitale pour lui rappeler son obligation de scolariser «tous les jeunes», peu importe leurs besoins.   

«C’est sûr qu’il faut trouver une classe pour ce petit garçon-là», insiste le ministre. Il n’accepte pas la raison invoquée par la commission scolaire, à savoir que les groupes adaptés sont complets cette année.   

«Ce n’est absolument pas une excuse. Si les groupes sont complets, il faut en ouvrir d’autres. On ne peut pas dire à un enfant, désolé, on n’a pas de place pour toi, voyons! Ce n’est pas acceptable!».   

Qui sont les hommes et les femmes derrière nos politiciens? Emmanuelle présente... un balado animé par Emmanuelle Latraverse.

Les moyens financiers sont là  

Selon Jean-François Roberge, le réseau de l’Éducation a les moyens de répondre aux besoins de ce jeune garçon de 8 ans, et des autres enfants qui ont des besoins particuliers.   

«On a rajouté plus de 20 millions $ dans le budget de mars 2019 exprès pour ça. 20 millions $ juste pour ouvrir des classes spécialisées pour des enfants qui ne peuvent pas aller dans une classe régulière même avec des professionnels, dit-il. Je suis convaincu qu’il y a les ressources financières pour accueillir ce jeune-là et les autres, et on va aider la commission scolaire à s’en souvenir».   

Hausse des diagnostics  

On note une augmentation importante des diagnostics du spectre de l’autisme depuis quelques années.   

Le ministre de l’Éducation assure que son gouvernement sera au rendez-vous pour répondre aux besoins des enfants qui vivent avec ce trouble.   

«On ne se défilera pas parce qu’il y a plus d’enfants qui ont plus de besoins. On va organiser les services pour répondre aux besoins des familles et des enfants».  

Bonne direction  

De son côté, la vice-présidente à la vie professionnelle de la Fédération autonome de l’enseignement (FAE), Nathalie Morel, soutient que les fonds débloqués par M. Roberge pour ouvrir 150 classes spéciales dans le réseau scolaire sont un pas dans la bonne direction.  

«On a salué la volonté du ministre de l’Éducation d’ouvrir ces classes spéciales, car certaines commissions scolaires avaient décidé de les fermer totalement et d’envoyer tous les jeunes à besoins particuliers dans des classes ordinaires.»  

Pour la FAE, cette situation était catastrophique, car ça ne répondait ni aux besoins des élèves en difficulté, ni à ceux des autres élèves et la tâche était trop lourde pour l’enseignant.  

Identification  

Cependant, Mme Morel affirme que le milieu scolaire a besoin de beaucoup plus que 150 classes spéciales, vu le nombre important d’enfants à besoin qui n’ont pas encore été diagnostiqués.    

«En 2005, dans notre contrat de travail, le gouvernement a indiqué qu’on n’avait plus besoin d’identifier les élèves à risque, parce qu’on aurait juste à demander des services pour les obtenir. Ce qui a créé la situation actuelle dans laquelle énormément de ces enfants, dans des classes ordinaires, n’ont pas été encore identifiés », explique l’enseignante du primaire.

De ce fait, les classes adaptées à groupes restreints seront constamment engorgées puisqu’on ne connaît pas la quantité réelle de jeunes dits « à risque » dans la population.  

«Il faut qu’il y ait une reconnaissance précoce des difficultés des élèves, dès la petite enfance, pour pouvoir leur offrir les services adéquats. Plus on attend, plus les difficultés s’aggravent.»