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Ricardo à la culture!

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Quand on lui a demandé quelles étaient ses qualifications pour être nommé au ministère du Patrimoine du Canada, l’environnementaliste Steven Guilbeault a répondu... qu’il avait écrit trois livres.   

Non mais, quel drôle d’argument!  

À ce compte-là, nommons donc Ricardo Larivée ministre du Patrimoine. Il a quand même publié La mijoteuse 1 et La mijoteuse 2.  

Pourquoi pas l’auteur du Guide de l’auto ou Jojo Savard, tant qu’à y être ! Eux aussi, ils en ont écrit, des livres!  

ENVIRONNEMENT FAMILIER  

Comme autre argument pour justifier sa présence à la tête d’un ministère qui s’occupe de culture, Guilbeault a répondu : «J’ai déjà fait un slam avec Richard Séguin, et partagé la scène avec Diane Dufresne».  

(Bon, il a oublié de préciser que les deux événements se sont produits la même journée, alors ça ne compte pas vraiment comme deux morceaux de robot.)  

Si on suit ce raisonnement, est-ce que ça veut dire que Diane Dufresne pourrait être nommée ministre de l’Environnement... vu qu’elle a déjà partagé la scène avec Steven Guilbeault?  

Ce qui me chicote avec la réplique de Steven Guilbeault, c’est qu’il présume que l’on n’a pas besoin de s’y connaître en culture pour être nommé à la tête du ministère qui gère la culture et les communications pour un pays de 37 millions de personnes.  

Nommerait-on aux Sports un député qui passe ses dimanches à écouter les tournois de bowling? Et aux Finances, une députée qui est déjà sortie avec un gérant de caisse populaire?  

Après tout, pourquoi on n’aurait pas un militant environnementaliste au ministère du Patrimoine? On a bien un prof de théâtre comme premier ministre. Et on a bien Mélanie Joly comme ministre responsable des langues officielles, alors que la seule langue qu’elle parle est celle des politiciens, la langue de bois.  

Sophie et Richard ne sont pas bons aux fourneaux, mais ils savent cuisiner leurs invités! Invitez-vous à la table de Devine qui vient souper? une série balado originale.

  

LE CANADA EST SINISTRE  

Quand Steven Guilbeault fait référence à son slam avec Richard Séguin, il parle de la fois où il a performé devant 50 000 personnes rassemblées pour le spectacle Terre planète bleue des Francofolies de Montréal, le 10 août 2008.  

«Le spectacle, initié par Diane Dufresne et Jean Lemire, mettait en vedette plusieurs grands noms de la chanson québécoise et du milieu environnemental, afin d’éveiller les consciences à la sauvegarde de notre planète». On a qualifié la performance de notre slameur Guilbeault de «l’un des moments les plus forts de la soirée», écrivait Équiterre dans son rapport pour l’année 2008.  

Une vidéo de ce slam est diffusée sur YouTube. Steven Guilbeault est aussi à l’aise en lançant ses lignes qu’un pingouin au festival western de St-Tite. Disons qu’il n’arrive pas à la cheville de David Goudreault.  

Mais prêtons attention aux paroles que l’honorable Guilbeault slamait sur scène.  

«Aux élections, on va se rappeler/Pour récolter, il faut semer/Ensemble notre monde on va le changer/On voit la fonte de l’Arctique/Et les changements climatiques/Le constat n’est plus à faire/Y’a trop de gaz à effet de serre/Tic tac c’est l’heure du déclic/  

(...) Eh, Monsieur le Premier Ministre/Le Canada devient sinistre/Ici et partout sur la planète/Votre rhétorique est condamnée».  

Ouch, je me demande si Steven Guilbeault va slamer ça devant Justin Trudeau au prochain Conseil des ministres... 

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