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Un ex-cadre de SNC se fiait aux autres

Il aurait autorisé des pots-de-vin d’une subalterne

Proc�s de Sami Bebawi
Photo Ben Pelosse Michael Novak, ancien grand patron de SNC-Lavalin International et mari de l’ex-ministre libérale Kathleen Weil, a témoigné hier au palais de justice de Montréal.

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Le mari de l’ex-ministre libéral Kathleen Weil reconnaît avoir autorisé des paiements de pots-de-vin, mais affirme qu’il ignorait à l’époque à quoi servaient les fonds. 

L’ancien grand patron de SNC-Lavalin International Michael Novak, qui témoignait vendredi au procès de l’ex-vice-président à la firme d’ingénierie et de construction Sami Bebawi accusé de fraude et de corruption, a admis qu’il s’en remettait uniquement à ses subalternes pour s’assurer que l’entreprise ne versait pas de pots-de-vin à l’étranger. 

La Couronne reproche notamment à Bebawi d’avoir participé au versement de pots-de-vin à Saadi Kadhafi, le fils du dictateur libyen Mouammar Kadhafi, en échange de lucratifs contrats pour SNC-Lavalin. 

Yacht de 25 M$ 

La multinationale montréalaise aurait notamment offert un yacht de 25 millions $ à Saadi Kadhafi en effectuant des paiements dans une société-écran en Suisse dans les années 2000. 

Marie-Josée Bérubé.
Ex-cadre chez 
SNC-Lavalin
Photo Ben Pelosse
Marie-Josée Bérubé. Ex-cadre chez SNC-Lavalin

Selon M. Novak – un avocat de formation diplômé de l’Université McGill qui est aussi le mari de l’ex-ministre de la Justice du Québec Kathleen Weil –, il revenait à sa subalterne Marie-Josée Bérubé, la vice-présidente en charge de l’administration de SNC-Lavalin International, de s’assurer que les contrats signés à l’étranger étaient conformes et légaux, même si c’est lui qui les signait. 

« Les contrats étaient préparés par la vice-présidente en charge de l’administration. Je signais parce que ça avait été vérifié », a affirmé M. Novak au palais de justice de Montréal.  

Le témoin a admis qu’il lui arrivait de revenir dans son bureau après un voyage et que « trois ou quatre contrats » l’attendaient. Il se bornait à les signer sans poser de questions, a-t-il expliqué. 

Responsabilité 

Le témoin a quand même admis que SNC-Lavalin International avait la « responsabilité administrative » de s’assurer que les contrats signés respectaient les politiques internes. 

Ces politiques incluaient notamment des dispositions interdisant la corruption et le versement de pots-de-vin.  

Lorsque le procureur de la Couronne, Richard Roy, lui a fait remarquer que, selon un document de SNC, « le chef de l’unité d’affaires » devait faire des vérifications avant de signer un contrat, il a indiqué que, selon lui, c’était le chef d’une autre unité d’affaires que la sienne qui devait le faire.