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Un geste nettement plus signifiant pour la laïcité

Un geste nettement plus signifiant pour la laïcité
Photo Robert Vandensteene / Archives Ville de Montréal

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Ceux et celles qui me lisent le savent déjà. Pour établir la laïcité de l’État au Québec, donc, pour signifier clairement qu’il y a séparation entre l’État et les religions, je ne crois pas à la nécessité d’interdire le port de signes religieux à certains employés de l’État. 

Je n’y crois pas parce que c’est là une approche strictement individualiste qui ce faisant, distingue les employés qui portent un signe religieux de ceux qui n’en portent pas. 

Par contre, je demeure convaincue de la nécessité pour l’État québécois, si laïcité il doit y avoir, qu’elle s’applique plutôt aux institutions elles-mêmes et par conséquent, qu’elles s’abstiennent d’arborer tout symbole religieux. 

D’où mon appui, depuis des années, au retrait du crucifix nichant dans le Salon bleu de l’Assemblée nationale tout juste au-dessus de son président. Ce qui fut fait, mais seulement récemment. 

En cela, Le Devoir rapportait ce matin une décision du gouvernement Legault qui, contrairement à sa loi 21 sur les signes religieux, s’inscrit parfaitement dans une approche nettement plus institutionnelle. 

Et ce faisant, une approche nettement plus signifiante, à mon humble avis, pour continuer à établir la laïcité de l’État au Québec. 

Cette décision, fort sage, est celle-ci : «les autorités de l’Église catholique n’auront plus préséance sur les élus de l’Assemblée nationale dans les cérémonies officielles du gouvernement du Québec». 

Enfin, qu’on a le goût de s’écrier. Incroyable tout de même que cela n’ait jamais été fait auparavant. 

Citons l’article en question : 

«Le Conseil des ministres de François Legault a adopté la semaine dernière un décret qui exclut complètement les représentants religieux de l’ordre de préséance, a appris Le Devoir. Québec souhaite ainsi « mieux refléter la diversité des croyances religieuses de la population québécoise et la laïcité de l’État », a expliqué une source gouvernementale.» 

Bravo. 

Voilà qui est cohérent avec une véritable séparation de l’État et des religions. Dans ce cas-ci, il s’agit du catholicisme - la religion longtemps dominante au Québec. 

Pourquoi cela est-il important ? Parce que, justement, «cette hiérarchie symbolique établit le rang d’importance des titulaires de fonction lors de cérémonies officielles comme les funérailles, la prestation de serment des élus au Salon bleu ou la remise des prix et distinctions de l’Ordre national du Québec, entre autres. (...) L’ordre de préséance guide l’ordre des prises de parole, des salutations dans les discours du premier ministre et le placement des dignitaires lors des cérémonies officielles.» 

Et ce n’est pas tout. 

Le décret énonce aussi l’«’ajout des représentants autochtones dans l’ordre de préséance». 

Une excellente chose. 

Le symbole, ici, est majeur et se veut résolument moderne. Surtout, il dénote le respect de l’État québécois pour les Premières Nations qui y vivent. 

Autre fait à noter – et ce n’est certainement pas un détail non plus -, avec son décret, «Québec se distingue d’Ottawa, dont le « Tableau de la préséance pour le Canada » ne prévoit pas de place pour les représentants des Premières Nations et des Inuits.» 

Qui l’eût cru ?...