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L'enfant sacrifié: un informateur recruté à 14 ans dit avoir été abandonné par la police

L'enfant sacrifié: un informateur recruté à 14 ans dit avoir été abandonné par la police
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Michaël Lechasseur à 10 ans.
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Michaël Lechasseur à 10 ans.

Il dit avoir été recruté à 14 ans et manipulé par la police de Belœil pour l’aider dans la lutte aux motards criminels. Sa carrière de 25 ans comme informateur de police l’a amené à côtoyer la mafia et à croupir en prison. Aujourd’hui exilé, il demande­­­ l’aide de Québec pour rentrer chez lui.  

Michaël Lechasseur est exilé à l’étranger depuis une décennie, car il craint pour sa sécurité. Recruté comme informateur de police sur la Rive-Sud de Montréal alors qu’il n’avait que 14 ans, il risque d’être exécuté par ses ennemis s’il remet le pied au Québec. Notre Bureau d’enquête a passé un an à retracer son parcours, que nous présentons dans un grand reportage diffusé depuis jeudi sur Club illico. À la suite de nos découvertes, le gouvernement du Québec promet de rouvrir son dossier pour trouver une façon de l’aider.  

Alors qu’il était adolescent, Michaël Lechasseur recevait de l’argent comptant des mains d’un policier de Belœil chaque fois qu’il lui fournissait des renseignements sur les motards.    

« Il me donnait, 100 $ ou 200 $. En 1985, c’était de l’argent ! » raconte à notre Bureau d’enquête l’ancien informateur de police.     

L’agent en question, aux dires de Michaël Lechasseur, est François Leclair.    

« Il me disait : Tu pourrais faire un bon policier », se souvient Lechasseur.     

  • ÉCOUTEZ l'entrevue de Michaël Lechasseur à QUB Radio:

François Leclair aurait recruté Michaël alors que ce dernier n’avait que 14 ans, pour qu’il fournisse de l’information sur les Hells Angels de la Rive-Sud de Montréal. C’était en 1985.     

Quelques semaines plus tôt, le 24 mars, le Québec découvrait avec stupeur que les Hells Angels étaient plus qu’une simple bande de motards hors-la-loi. Ils comptaient dans leurs rangs des criminels violents. Cinq membres de l’organisation avaient été tués par leurs « frères » lors d’une purge au repaire de Lennoxville.   

En 1985, les policiers ont repêché les corps de cinq membres des Hells Angels assassinés lors de la purge de Lennoxville.
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En 1985, les policiers ont repêché les corps de cinq membres des Hells Angels assassinés lors de la purge de Lennoxville.

L’un des Hells abattus ce jour-là s’appelle Guy-Louis Adam, surnommé « Chop ». Un des fils d’Adam est à cette époque le meilleur ami de Michaël Lechasseur. À peine sortis de l’enfance, ils font des mauvais coups ensemble dans la région de Belœil.     

C’est pour avoir plus d’information sur ce qui se tramait dans la maison de « Chop » que l’enquêteur François Leclair désire obtenir des informations de Michaël Lechasseur.   

Le Hells Guy-Louis Adam a été tué lors de la purge de Lennoxville.
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Le Hells Guy-Louis Adam a été tué lors de la purge de Lennoxville.

« Michaël me parlait de François Leclair et m’avait dit qu’il était pour m’appeler », relate Nicole Kervin, la belle-sœur de Lechasseur, qui l’hébergeait au moment de son recrutement.     

« [Leclair] m’avait même proposé de me donner l’argent à moi pour que je lui donne à lui », ajoute-t-elle. « Pour moi, ça ne faisait pas de sens ».     

Avec un nom de code  

« Il me disait que Michaël pouvait collaborer avec eux pour aider à circonscrire la drogue dans la région, ils m’avaient même proposé un nom de code » se souvient Mme Kervin, qui dit s’être opposée formellement à cette proposition de la police.     

Qu’à cela ne tienne, Michaël Lechasseur accepte d’aider la police. Désormais, il ne manque jamais d’argent de poche. C’est bien pratique pour jouer aux arcades ou payer la pizza à ses amis.     

Mais c’est aussi le début d’une carrière qui l’amènera lui-même à commettre des crimes, à se retrouver en prison, pour ensuite devoir fuir le pays par peur pour sa vie.    

Au cours des deux décennies suivantes, Lechasseur est périodiquement rémunéré par la police pour les renseignements qu’il fournit sur les motards hors-la-loi.    

Un travail dangereux qui l’amène à fréquenter des criminels qui l’auraient certainement exécuté s’ils avaient soupçonné son double rôle.    

Au début des années 2000, il aide à faire condamner le proche des Hells Angels Yvon Labbé, responsable du meurtre de Caroline Veilleux pendant la guerre des motards.    

En 2007, à Toronto, il met fin aux activités du proxénète Josh Mfizi, qui forçait une mineure à se prostituer.     

En 2008, il contribue à faire emprisonner Casy-Pierre Mesidor pour le meurtre de son bébé de 9 mois.     

Tentative ratée  

En 2009, Michaël Lechasseur publie un livre dans lequel il raconte les 25 dernières années de sa vie.   

En 2009, alors qu’il était encore au Québec, Michaël Lechasseur a publié un livre sur sa carrière d’informateur de police. Il a alors échoué à obtenir l’ouverture d’une enquête.
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En 2009, alors qu’il était encore au Québec, Michaël Lechasseur a publié un livre sur sa carrière d’informateur de police. Il a alors échoué à obtenir l’ouverture d’une enquête.

Il y affirme avoir été abandonné par les policiers de Belœil qui l’ont recruté à l’adolescence. Malgré des apparitions sur plusieurs plateaux de télévision comme ceux de Denis Lévesque et Jean-Luc Mongrain, l’ouvrage Confidences d’un agent double : en mission à 14 ans sombre dans l’oubli.     

Le 23 novembre 2010, le psychiatre Serge Gauthier décèle chez Michaël Lechasseur un trouble d’adaptation avec humeur anxieuse et dépressive et une personnalité antisociale. Ce sont, pour le médecin, les conséquences de ses années d’infiltration dans le monde criminel.     

Son nom et son visage sont maintenant connus du grand public, mais à cette époque, aucune enquête n’est ouverte et aucune mesure n’est mise place pour protéger l’homme de 48 ans de ceux qu’il a aidé à faire emprisonner.     

Sans le sou et sans aide du gouvernement, Michaël Lechasseur s’exile. Dix ans plus tard, et après une recherche de deux ans, notre Bureau d’enquête l’a trouvé.    

« Je veux revenir chez nous, laisse tomber Michaël Lechasseur, la voix étranglée par l’émotion. Chaque jour c’est un combat pour rester sain d’esprit. Parfois les nuits sont longues. »     

Sans protection, impossible pour lui de revenir voir ses proches.     

« Quand j’ai commencé ça à 14 ans, j’étais un jeune ado et je menais une vie normale, évoque l’ancien informateur, lors d’une rencontre fixée l’été dernier à Barcelone, en Espagne, afin de conserver son lieu de résidence secret. Aujourd’hui, je me considère chanceux d’être en vie pour vous en parler. »   

Michaël Lechasseur est aujourd’hui exilé dans un pays qu’il garde secret. Nous l’avons rencontré en Espagne dans le cadre de ce grand reportage.
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Michaël Lechasseur est aujourd’hui exilé dans un pays qu’il garde secret. Nous l’avons rencontré en Espagne dans le cadre de ce grand reportage.

Menaces de mort  

Nous avons rencontré deux autres témoins qui affirment eux aussi que des méthodes douteuses étaient utilisées par la police de Belœil dans les années 1980.     

L’un d’eux est le fils de Guy-Louis Adam. Nous l’avons retracé après plusieurs semaines de recherche.   

Le fils de Guy-Louis Adam (de dos sur la photo) affirme que la police de Belœil utilisait des méthodes douteuses avec les jeunes dans les années 1980.
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Le fils de Guy-Louis Adam (de dos sur la photo) affirme que la police de Belœil utilisait des méthodes douteuses avec les jeunes dans les années 1980.

Après une jeunesse difficile marquée par la délinquance, l’homme qui aura bientôt 50 ans dit être devenu un père et grand-père soucieux des lois.     

Il accepte de nous parler du policier François Leclair, qui aurait enrôlé Michaël Lechasseur à condition que son identité soit protégée.     

« Je l’ai rencontré pour la première fois en 1985, c’est arrivé une cinquantaine de fois qu’il m’a arrêté et emmené au poste. Neuf fois sur dix, ils ne m’accusaient de rien », se rappelle-t-il.     

Le fils de Guy-Louis Adam affirme aussi avoir été battu et menacé de mort par des agents de la police de Belœil.     

« Dès les premières fois qu’il m’a arrêté, ils m’ont dit que je finirais dans un sleeping bag comme mon père. »     

« Ils me brassaient pas mal. Ils me cognaient la tête sur la voiture, ils me menottaient, me jetaient en cellule, et ça, c’est à part des fois où ils m’arrêtaient en char. »     

Jacky, un ami commun de Michaël Lechasseur et du fils de Guy-Louis Adam, confirme que ça jouait dur entre la police de Belœil et les jeunes du coin.   

Jacky, un ami d’enfance de Michaël Lechasseur, affirme que ça jouait dur entre la police de Belœil et les jeunes du coin.
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Jacky, un ami d’enfance de Michaël Lechasseur, affirme que ça jouait dur entre la police de Belœil et les jeunes du coin.

Mini-chop  

« Je me rappelle avoir vu la police passer devant Michaël et faire ça », dit-il en mimant quelqu’un qui tire un coup de fusil.     

La police de Belœil a même donné un surnom au fils de Guy-Louis « Chop » Adam. Il s’agit de « Mini-Chop ». Ce surnom est d’ailleurs fiché dans les banques de renseignements policiers à ce jour. « J’y ai repensé toute ma vie », dit le fils du membre en règle des Hells assassiné en 1985.    

Nous avons retrouvé François Leclair, aujourd’hui retraité.     

« J’ai 75 ans, j’ai fait 35 ans dans la police. C’est fini cette histoire-là. Je vais vous dire ben franchement, je ne veux plus rien savoir », lance-t-il sèchement lorsque notre Bureau d’enquête le rencontre à sa résidence de Belœil.    

François Leclair affirme qu’il n’est pas à l’origine de l’enrôlement du jeune Lechasseur, et que c’est plutôt ce dernier qui l’appelait régulièrement pour lui donner des renseignements. Il soutient que des témoins peuvent prouver ses dires, mais refuse de nous dévoiler leur identité.     

« Je n’ai pas le droit de vivre, moi ? » se plaint-il lorsque nous lui posons davantage de questions.   

Le journaliste Félix Séguin a rencontré l’ex-policier François Leclair, qui affir­me n’avoir rien à se reprocher.
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Le journaliste Félix Séguin a rencontré l’ex-policier François Leclair, qui affir­me n’avoir rien à se reprocher.

Nous avons trouvé par nos propres moyens d’anciens collègues de l’ex-constable Leclair qui doutent qu’il ait pu manipuler de la sorte un adolescent. « Pas François. Ça m’étonnerait énormément », déclare l’un d’eux, Daniel Bellec.    

« Ce gars-là peut revenir ici s’il veut mourir, mais sinon, c’est fini », croit Tony Bianco, ancien contrôleur de Michaël Lechasseur à Montréal et ex-enquêteur à la police de Montréal.   

« S’il n’a pas une nouvelle identité, [Lechasseur] risque de se faire tuer. »    

Une nouvelle identité, c’est exactement ce que le papa d’un enfant de trois ans demande.   

Dans une lettre poignante adressée le 8 juillet 2019 à la ministre de la Sécurité publique Geneviève Guilbault, Michaël Lechasseur explique aussi qu’il aimerait revenir au pays sans avoir à craindre pour sa vie.     

Classé sans suite  

« Je vous serais reconnaissant de réouvrir l’enquête sur mon dossier... après avoir consacré ma vie à contribuer avec les services policiers », écrit-il à la ministre.   

Il faut dire que le recrutement de Michaël Lechasseur a déjà fait l’objet d’une enquête, lancée à partir de mars 2004 par l’inspecteur Donald Ferland, de la Sûreté du Québec. Moins d’un an plus tard, l’affaire était classée sans suite.    

Tous les policiers qui ont été mêlés à cette enquête ont refusé d’aborder le sujet avec nous.   

« C’est un cas particulier », admet en entrevue la ministre Guilbault.    

« Il y a des choses qui sont troublantes, de ce qu’on en sait, poursuit-elle. Par contre, ça fait référence à des pratiques existantes il y a plusieurs années. On travaille avec le Directeur des poursuites criminelles et pénales pour voir ce qu’on pourrait faire », ajoute-t-elle, sans toutefois évoquer d’actions concrètes que le gouvernement pourrait prendre.   

La ministre Geneviève Guilbault a fourni bien peu de détails sur ce que Québec pourrait faire afin d’aider Michaël Lechasseur.
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La ministre Geneviève Guilbault a fourni bien peu de détails sur ce que Québec pourrait faire afin d’aider Michaël Lechasseur.

Un sac de vidanges  

« Je me sens comme un sac de vidanges qu’on jette. » Dans une vidéo qu’il a enregistrée cet été, Michaël Lechasseur se vide le cœur.   

Nous sommes retournés rendre visite à François Leclair afin de la lui faire visionner. L’ex-policier a une fois de plus nié avoir quoi que ce soit à se reprocher. Mais il écoute attentivement Lechasseur s’adresser à lui dans la vidéo.   

« Peut-être qu’à l’époque, ça semblait banal... mais moi, aujourd’hui, je suis obligé de vivre avec ça. Je vous en veux. Ma destinée, vous l’aviez dans votre main. »   

Alors que nous quittons les lieux, l’ex-policier­­­ insiste pour garder une copie de la vidéo.   

La carrière rocambolesque d’un informateur de police en exil    

L’ex-informateur Michaël Lechasseur a aidé les policiers du Québec et de l’Ontario pendant 25 ans à faire emprisonner des dizaines de trafiquants de drogue, de souteneurs et de meurtriers. Voici un aperçu de sa carrière, qu’il regrette amèrement aujourd’hui parce qu’il a été forcé à l’exil faute d’avoir été protégé par la police québécoise.    

1986 : Le Casino  

  

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  •  Belœil      

L’adolescent Michaël Lechasseur fréquente une arcade appelée « Casino ». Elle est située dans un petit centre commercial où se tiennent plusieurs jeunes de son âge, dont certains sont attirés par la consommation de drogue. Il en vend d’ailleurs lui-même avec la bénédiction de la police, en échange d’informations sur ses concurrents.   

1988 : Discothèque   

  •  Belœil      

Même s’il n’a que 16 ans, Michaël agit comme vendeur de drogue à la discothèque Cocktail 2 de Belœil. Là encore, il bénéficie de la complaisance des policiers, à qui il fournit des détails sur les bandits qui s’y trouvent.   

Les renseignements du jeune homme sont ensuite utilisés par la police de Belœil pour mener des opérations dans le bar en question. Comme l’a rapporté le journal L’Œil Régional de Belœil, en novembre 1988, Lechasseur y est arrêté, avec en sa possession 11,5 g de cocaïne et 1150 $ en argent comptant.   

Son arrestation était en fait une mise en scène orchestrée pour faire fermer le bar.   

1990 : Le 281  

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  •  Montréal      

Au début des années 1990, la police de Belœil dirige Lechasseur vers la Sûreté du Québec.   

Le jeune informateur aidera le plus grand corps policier de la province. Il travaille comme fournisseur de haschich au bar de danseurs nus Le 281, rue Sainte-Catherine, à Montréal.   

Il commence à fréquenter la fille d’un puissant mafieux de Montréal.   

Au cours des années suivantes, Lechasseur fera bénéficier la police provinciale de ses nouvelles connaissances sur le crime organisé traditionnel italien.   

1999 : Les Rock Machine  

Fred Faucher
Photo Agence QMI
Fred Faucher

   

  •  Québec       

Michaël Lechasseur est incarcéré à la prison d’Orsainville à Québec pour des contraventions impayées.    

Il aurait été volontairement placé dans l’aile des Rock Machine. Nous sommes alors en pleine guerre des motards, et sa présence dans un établissement carcéral lui permet d’infiltrer le gang rival des Hells Angels.    

Lechasseur se construit tranquillement un personnage qui va l’aider à s’approcher du leader des Rock Machine, Fred Faucher. Il est alors informateur pour le Service de police de la Ville de Québec.     

2000 : Meurtre de Caroline Veilleux   

Yvon Labbé
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Yvon Labbé

   

  •  Québec       

Caroline Veilleux est abattue alors qu’elle sort de chez sa mère, un soir de mars 2000. Michaël Lechasseur connaît l’auteur du meurtre. Il s’agit d’Yvon Labbé,    

28 ans. Ce proche des Hells Angels pensait devenir transfuge et intégrer les Rock Machine, que Lechasseur avait déjà infiltrés.    

L’informateur remarque alors l’endroit où Labbé cache son arme, et le modèle de Jeep qu’il conduit. Il fournit ces informations à la police, ce qui permet l’arrestation de Labbé, alors que le meurtrier tentait de fuir la Vieille Capitale.   

2002 : Prison  

Hugo Bernier
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Hugo Bernier

   

  •  Rivière-des-Prairies / Montréal       

► Michaël Lechasseur revient à Montréal et est impliqué dans une opération d’infiltration des triades chinoises qui tourne mal. Son identité est compromise.    

Épuisé et sans le sou, il séquestre un tenancier de bar qui devait de l’argent à une organisation criminelle. Il est arrêté, accusé et jeté en prison. Cette fois, ce n’est pas une mise en scène.   

► En juin 2002, Julie Boisvenu est enlevée dans le centre-ville de Sherbrooke. La jeune femme, alors âgée de 27 ans, est violée, séquestrée, et son corps est abandonné dans un fossé.   

Même s’il a été incarcéré, Michaël Lechasseur continue de travailler pour la police. Il tente d’obtenir les confessions de son meurtrier, Hugo Bernier.   

Mais des codétenus mettent Bernier en garde de ne pas faire confiance à Lechasseur, que l’on soupçonne de travailler pour la police. Bernier flaire l’arnaque et ne se livre pas à Lechasseur. Qu’importe, il sera plus tard reconnu coupable, au terme de son procès en 2004.        

2004 : Meurtre de Anna-Maria Salinas Norbakk   

Jean Philippe Mailhot
Photo Martin Alarie
Jean Philippe Mailhot
  •  Prison de Rivière-des-Prairies      

Michaël Lechasseur aide le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) à recueillir la preuve contre le meurtrier Jean Philippe Mailhot, avec qui il est emprisonné.   

Le jeune homme a assassiné de 34 coups de couteau sa conjointe d’origine chilienne, Anna-Maria Salinas Norbakk, qui pensait avoir trouvé l’amour dans les bras de Mailhot.   

2005 : Maison de transition   

  •  Hochelaga-Maisonneuve       

Michaël est libéré de prison et envoyé en maison de transition dans le quartier Hochelaga-Maisonneuve, en plein fief des Hells Angels. Il est toujours sur la liste de paie du SPVM.   

Craignant pour sa sécurité, il demande à ses contrôleurs de l’époque d’aller s’installer à Toronto. Ce privilège lui est accordé.   

2007 : Arrestation d’un pimp  

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  •  Toronto       

Après avoir travaillé dans un restaurant de la Ville-Reine, Michaël commence à travailler pour la police de Toronto.    

Il aide à coincer le proxénète Josh Mfizi, qui forçait une mineure à se prostituer. L’enquêteur Steven Henkel le recrute ensuite pour infiltrer la mafia torontoise.       

Lechasseur s’acquitte de cette nouvelle mission avec un succès retentissant. Ses contrôleurs le surnomment d’ailleurs Ferrari en raison de la rapidité avec laquelle il est capable de régler des dossiers.     

 2008 : Ramené au Canada   

  •  Cuba       

Michaël Lechasseur se rend à Cuba pour réfléchir à son avenir et passer du temps avec sa femme, une citoyenne cubaine.    

Il garde le contact avec ses contrôleurs canadiens et informe les autorités de ses allées et venues. À sa grande surprise, il est arrêté à Cuba pour liberté illégale et rapatrié au Canada. Il doit retourner en prison.    

 2008 : Meurtre d’un nourrisson   

Casy-Pierre Mesidor
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Casy-Pierre Mesidor
  •  Prison de Valleyfield      

Emprisonné à Valley­field, il aide le SPVM à faire avouer à Casy-Pierre Mesidor le meurtre de son bébé de 9 mois, Ryan Jean-Louis, survenu en février 2008. Il porte une enregistreuse sur lui lors des aveux. Messidor écope de deux ans et demi de prison, et sa conjointe, Flotveline Jean-Louis, reçoit une peine de quatre ans et demi de prison.    

 2008 : Il publie un livre   

  •  Montréal       

Michaël Lechasseur n’en peut plus de sa vie d’informateur de police. Il approche l’auteur Bernard Tétreault pour écrire un livre afin de raconter son histoire et demander des comptes à ceux qui l’ont recruté.       

Son appel à l’aide tombe lettre morte et il doit se sauver du pays pour ne pas être tué.    

 2019 : Il tente de revenir   

Michaël Lechasseur
PHOTO COURTOISIE, Club illico
Michaël Lechasseur
  •  Exilé dans un pays inconnu      

L’ex-informateur de police tente de revenir au pays. Il envoie une lettre à la ministre de la Sécurité publique dans laquelle il demande une nouvelle identité, et une enquête en bonne et due forme sur les circonstances de son recrutement par la police de Belœil, 35 ans plus tôt.    

 ♦ Ne manquez pas le grand reportage Forcé à l’exil - Qui a volé la vie de Michaël ? disponible en exclusivité sur Club Illico.