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Un message à la vieille garde?

Après avoir engraissé le compte de banque d’Auston Matthews en février dernier, le directeur général des Maple Leafs, Kyle Dubas, a accordé un lourd contrat à son joueur étoile Mitch Marner,
cet été.
Photo d’archives Après avoir engraissé le compte de banque d’Auston Matthews en février dernier, le directeur général des Maple Leafs, Kyle Dubas, a accordé un lourd contrat à son joueur étoile Mitch Marner, cet été.

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Il était clair que Kyle Dubas ne pouvait partager la même vision et la même philosophie que son entraîneur Mike Babcock.

La preuve. Au cours de l’entre-saison, il a apporté une dizaine de changements au niveau des effectifs de l’entreprise dans le secteur hockey. Il a modifié l’unité défensive... pour le pire. Il a accordé un lourd contrat à Mitch Marner, après avoir engraissé le compte de banque d’Auston Matthews, quelques mois auparavant.

Il a commis une erreur en cédant sous la pression, l’an dernier, dans les négociations avec William Nylander. Une décision qui devait entraîner les Maple Leafs dans l’octroi de contrats faramineux et devait nuire considérablement à la gestion des salaires.

Babcock, de son côté, n’a tout simplement pas voulu adhérer à la philosophie de son patron. Avec un contrat de huit ans, dont trois autres années à écouler après la présente saison, il se croyait en position de force.

Il s’est accordé une certaine immunité, mais l’ennui, c’est qu’il a oublié de s’entourer d’une garde rapprochée pouvant mieux le conseiller dans ses nombreuses discussions avec les décideurs de l’entreprise.

Il a préféré, comme toujours, flatter son ego en affirmant : « Je fais confiance à Mike Babcock, comme je l’ai toujours fait dans le passé et il gagne toujours. »

Or, cette fois-ci, il a poussé sa chance un peu trop loin. Et, les amis de ses ennemis, ceux qui doivent écouter et mettre en application les plans établis par le commandant, lui ont tourné le dos. Ils savaient que Dubas n’attendait que le bon moment pour l’expulser du vestiaire. N’avait-il pas déclaré, après l’élimination des Leafs le printemps dernier, en réponse à une question à savoir quel était le statut de son entraîneur : « Nous sommes tous sous évaluation par les propriétaires » ?

Oups.

Nouvelle génération

Le licenciement d’un entraîneur avec un curriculum vitæ aussi impressionnant que celui de Babcock soulève deux interrogations.

Est-ce un message à la vieille garde des entraîneurs ? Celui qui s’amène pour sauver la barque est Sheldon Keefe, 39 ans. L’an dernier, Joel Quenneville, qui a trouvé un emploi en Floride, avait été congédié pour être remplacé par Jeremy Colliton, 33 ans.

Avec une nouvelle génération de joueurs, avec un plafond salarial qui oblige les équipes à embaucher de jeunes joueurs et qui n’impose pas du même coup une gymnastique mathématique pour respecter les conditions monétaires, cela change totalement la donne.

Les jeunes sont-ils prêts à écouter la vieille garde ? Acceptent-ils les consignes des entraîneurs qui traînent dans leur valise une gestion qui ne s’applique pas toujours à une génération différente ?

La deuxième question. Les propriétaires des équipes vont-ils mettre un terme aux contrats de plusieurs saisons accordés à des entraîneurs expérimentés qui, en raison des nouvelles structures de gestion, ont du mal à assurer un développement adéquat des jeunes joueurs de l’organisation ?

  • Babcock a signé une entente de huit ans, 50 millions $.
  • Quenneville a signé une entente de cinq ans, 30 millions $.
  • Claude Julien a signé une entente de cinq ans, 25 millions $.
  • Jon Cooper a signé une prolongation de contrat de trois ans.

Cependant, les propriétaires regardent ce qui se passe à Brooklyn et Long Island où deux vétérans, des membres en règle de la vieille école, ont réussi à relancer la concession des Islanders, actuellement la meilleure équipe de la Ligue nationale.

Barry Trotz et Lou Lamoriello ont passé à travers bien des situations délicates, notamment le départ de John Tavares, et celui de Robin Lehner, l’été dernier, sans oublier le contrat accordé à Andrew Ladd par l’ancienne administration... Et pourtant, en puisant dans les ressources de l’entreprise, ils accomplissent l’impensable.

Parallèle avec Julien

Évidemment, on ne peut s’empêcher de faire un parallèle entre Babcock et Julien en ce qui concerne le développement des patineurs. Julien peut-il atteindre deux objectifs, celui d’une participation aux séries éliminatoires et celui de bien encadrer les jeunes joueurs afin qu’ils puissent s’épanouir dans un contexte bien particulier ?

L’exemple de Jesperi Kotkaniemi soulève des interrogations. Mais, Julien n’a-t-il pas donné à Nick Suzuki la possibilité de s’épanouir ? Assurément. On peut toujours critiquer l’entraîneur pour les ennuis qu’éprouve un jeune joueur, mais encore faut-il que le patineur s’aide à regagner la confiance du pilote.

Julien fait du bon travail. Il soutire le maximum de son groupe.

Et, contrairement à Babcock, il est l’homme de Marc Bergevin qui a joué gros dans ce dossier en mettant sur la touche Michel Therrien pour accueillir Julien qui venait de perdre son poste à Boston.

Faire la différence

Que dit-on quand une équipe perd un joueur exerçant un solide impact au sein de l’organisation ?

On espère que les autres prendront les guides, que les leaders se manifesteront et que les joueurs les plus talentueux feront la différence.

Hum...

Jonathan Drouin et Paul Byron ont raté trois matchs : le bilan 0-1-2.

Ce n’est pas très reluisant.

Résultats décevants

On a beau affirmer que l’équipe joue bien, qu’elle a des chances de marquer, qu’elle n’a pas à rougir de ses performances.

Peut-être.

Mais, au fil d’arrivée, les résultats sont décevants.

Où sont ceux qui doivent faire la différence ?

Brendan Gallagher n’a rien perdu de sa fougue, mais il doit marquer. Max Domi, que ce soit comme centre ou comme ailier gauche, doit afficher la même détermination que l’an dernier.

Tomas Tatar doit lui aussi s’affirmer.

Il y a également le dossier Jesperi Kotkaniemi. Il va falloir que ça débloque. Il y a eu, comme je le précisais, une amélioration dans son jeu contre les Sénateurs d’Ottawa. Mais il faudra aller plus loin. Pousser davantage pour atteindre des standards nettement plus élevés.