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À qui la faute ?

Les Hardings s’inspire de la tragédie survenue à Lac-Mégantic

Les Hardings
Photo courtoisie, Valérie Remise Les Harding met en vedette Martin Drainville, Patrice Dubois et Bruno Marcil dans un décor ferroviaire.

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Bruno Marcil aurait pu dire non. Il n’a pas hésité une seule seconde lorsqu’on lui a offert de jouer le rôle du mécanicien de locomotive qui était aux commandes du train à l’origine de la tragédie de Lac-Mégantic. Il a accepté parce que le défi était emballant.

La pièce Les Hardings était, à ce moment, un projet. Alexia Bürger n’avait pas encore écrit une seule ligne de texte.

« Ce rôle était l’occasion d’endosser quelque chose de plus grand que nature. C’est le genre de show pour lequel j’ai choisi de faire ce métier », a lancé le comédien.

À l’affiche à partir de jeudi, à La Bordée, Les Hardings s’intéresse aux destins de trois hommes qui portent tous le nom de Thomas Harding.

Il y a le cheminot, interprété par Bruno Marcil ; un assureur américain spécialisé dans les compagnies pétrolières, joué par Martin Drainville ; et un chercheur néo-zélandais personnifié par Patrice Dubois.

« Ce sont trois hommes qui pensent que rien ne les relie jusqu’à ce qu’un train explose. Les liens qui existent entre eux se mettent à apparaître à ce moment », a indiqué Alexia Bürger.

L’auteure et metteure en scène Alexia Bürger et Bruno Marcil, qui joue le rôle du chef de locomotive qui était aux commandes du train à l’origine de la tragédie de Lac-Mégantic. 
Photo Jean-François Desgagnés
L’auteure et metteure en scène Alexia Bürger et Bruno Marcil, qui joue le rôle du chef de locomotive qui était aux commandes du train à l’origine de la tragédie de Lac-Mégantic. 

L’auteure et metteure en scène s’est intéressée au sort de ce chef de train qui a tout de suite été ciblé comme étant le responsable de cette tragédie qui a fait 47 victimes. Un homme qui a été acquitté, le 19 janvier 2018, de négligence criminelle ayant causé la mort.

Les Hardings est une réflexion sur la responsabilité collective et individuelle.

« On a rapidement fait porter la responsabilité de cette tragédie sur le chef du train. Il a fait une erreur, et je ne le dédouane pas, mais il n’a jamais voulu ça. Il avait toujours bien fait son travail », a-t-elle expliqué.

Alexia Bürger s’est demandé comment il était possible de survivre dans de telles circonstances et de quelle façon on gère la responsabilité et la culpabilité entourant ce genre d’accident.

« On ne peut pas remettre la vie d’un village au complet entre les mains d’un seul homme. Il est clair que cet homme n’est pas le seul coupable et qu’il a servi de bouc émissaire. J’avais envie de fouiller ça », a-t-elle ajouté.

Un vertige

C’est en effectuant des recherches pour en apprendre plus sur Thomas Harding qu’elle a découvert que plusieurs personnes avaient ce même nom.

L’auteure, qui signe aussi la mise en scène de la pièce, avoue avoir ressenti un certain vertige. Même si Les Hardings est une œuvre de fiction qui va au-delà de la tragédie survenue le 6 juillet 2013, le sujet est épineux et délicat.

« Je ne viens pas de Lac-Mégantic. Je n’ai pas d’amis proches là-bas. C’est quelque chose qui ne m’appartient pas. J’ai toutefois l’impression que cette tragédie, qui était prévisible, nous concerne tous. Ce train qui déraille nous en dit beaucoup sur le monde dans lequel nous vivons », a-t-elle laissé tomber.


► Les Hardings est présentée à La Bordée du 28 novembre au 7 décembre.