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Un an dans une boîte de métal: une thérapie de couple extrême

Dernier matin au Costa Rica, à Playa Rajada sur la baie de Salinas.
Photo courtoisie Dernier matin au Costa Rica, à Playa Rajada sur la baie de Salinas.

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Sonia Sauvette et Paul-Marcel Adam vivaient ensemble depuis plus de dix ans et ils ne se querellaient que rarement... jusqu’à ce qu’ils partent en voyage dans une camionnette et que la chicane prenne.

Partir en camion à la découverte de l’Amérique, c’était leur rêve ! Mais leur année sabbatique bohémienne a menacé de virer en rupture.

Route vers la mer de Cortez, sur la Baja California.
Photo courtoisie
Route vers la mer de Cortez, sur la Baja California.

« C’est arrivé dès le premier matin du voyage, au réveil, on s’est mis à se titiller, tout était prétexte à querelle, une cuillère mal placée, une tasse posée trop à droite », s’est souvenu Sonia, 44 ans.

« C’est drôle, ça ne nous ressemble pas, que je me disais... mais ça recommençait toujours dès le matin, on se piquait et on se chicanait ! », a-t-elle poursuivi.

Chicane

À Montréal, les deux travaillaient, lui pour SNC-Lavalin, elle pour Rio Tinto Alcan, deux bons emplois. L’un prenait le métro. L’autre sautait sur son vélo. En cas de friction, l’un pouvait sortir, prendre l’air, voir des amis. Leur condo sur Le Plateau-Mont-Royal comportait assez de pièces pour que chacun dispose de la sienne. Mais dans les 6 m2 de leur camion, la promiscuité forcée les a rendus irritables.

Dernier matin au Costa Rica, à Playa Rajada sur la baie de Salinas.
Photo courtoisie

« Nous roulions dans les Rocheuses et nous nous faisions la gueule tandis que les paysages magnifiques défilaient. Nous n’en profitions pas du tout, nous étions malheureux et fâchés », a raconté Paul-Marcel, 57 ans.

Il arrêtait alors le camion sur le bord de la route. Le couple se parlait et se réconciliait, mais seulement momentanément. Les deux premiers mois se sont avérés pénibles. Le doute planait : allaient-ils se laisser ?

Adaptation

C’est seulement en Amérique latine que les amoureux ont cessé de se picorer. « Au Mexique, nous avons garé notre camion sur le bord d’une plage pendant quatre jours et nous nous sommes détendus. La tension a baissé, et nous avons su que, oui, nous allions le finir ensemble, notre long voyage ! », s’est souvenu Paul-Marcel.

Découpage d’une noix de coco à la manière des locaux.
Photo courtoisie
Découpage d’une noix de coco à la manière des locaux.

« Avec tous les couples de voyageurs en camion que nous rencontrions, c’était un sujet de conversation, à savoir si eux aussi avaient passé leur temps à se chicaner au début... et la réponse était invariablement oui ! », a dit Sonia en riant.

Une fois la tension retombée, les deux amoureux ont appris à ne plus se « tomber sur les nerfs » et à se contenter de peu.

Cuisine sur la plage à La Ventana, Baja California, face à la mer de Cortez.
Photo courtoisie
Cuisine sur la plage à La Ventana, Baja California, face à la mer de Cortez.

Puis, 41 621 km plus tard, de retour à Montréal, il y a deux ans, Sonia et Paul-Marcel se sont surpris à étouffer dans leur vaste appartement parce qu’ils le trouvaient trop chargé. Ils se sont débarrassés d’une bonne partie de leurs possessions.

Pour s’acclimater de nouveau à la vie normale et faire le bilan, ils ont entrepris d’écrire un livre intitulé Un couple dans le van : 365 jours sur la route, publié aux éditions Château d’encre.

Voilà qui leur permettra de rembarquer dans leur camion... pour prendre la route des salons du livre, cette fois !

Extrait

<i>Un couple dans le van</i><br />
Paul-Marcel Adam et Sonia Sauvette<br />
Édition Chateau D’encre, 224 Pages
Photo courtoisie
Un couple dans le van
Paul-Marcel Adam et Sonia Sauvette
Édition Chateau D’encre, 224 Pages

QUELQUE PART PLUS AU SUD

« Depuis quelque temps déjà, des chaussures ne me sont utiles que pour marcher en ville. Je préfère les sensations du sable et de l’herbe à la semelle des sandales. Je reste éveillé pour écouter la vie qui grouille en pleine nuit après un orage. Grillons, grenouilles, oiseaux se mettent à chanter à tue-tête. Je peux passer des heures à regarder autour de moi, à me laisser bercer par les sons de la nature, si magnifique, enivrante. Chaque geste devient significatif. Marcher au soleil, sous la pluie, dans le vent, le corps conscient d’être en phase avec la tête. Je ne croyais pas que cela pourrait devenir ma réalité. »