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Le long supplice d’Andrew Scheer

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 C’était écrit dans le ciel. Suite à la défaite du 21 octobre, le moment allait venir où Andrew Scheer devrait congédier ses plus proches collaborateurs. Après tout, ça fait presque partie de leur description de tâche, prendre le coup pour protéger le chef. 

 La nouvelle s’est donc répandue comme une traînée de poudre. Marc-André Leclerc, son chef de cabinet, Brock Harrison, son directeur des communications, et Hamish Marshall, le directeur de la campagne, ont été congédiés. 

 Trop peu trop tard 

 Trois départs d’un coup, un samedi matin. Une petite onde de choc dans les milieux politiques afin d’acheter un peu de marge de manœuvre au chef conservateur. 

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La grogne contre la garde rapprochée était bien publique depuis le lendemain de l’élection. L’incapacité d’Andrew Scheer d’évacuer le débat sur l’avortement en était le paratonnerre. Mais les récriminations étaient plus profondes. Une campagne menée en vase clos, mauvaises publicités électorales, mauvaise organisation sur le terrain, la liste est longue. 

 Bonne idée donc de congédier les conseillers. Oui, mais c’est trop peu trop tard. 

 Ce geste, Andrew Scheer devait le poser immédiatement après l’élection, question de mettre rapidement le couvercle sur la marmite. Or, en attendant plus d’un mois, il a laissé les doutes et la contestation de son leadership se propager, à l’interne. Son discours faussement optimiste n’a fait qu’empirer les choses. 

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 Pendant qu’il tergiversait, le mouvement anti-Scheer a commencé à s’organiser. Il ne se limite plus aux députés défaits du Québec et de quelques banlieues torontoises. En Atlantique, dans l’Ouest même, loin des regards, la mobilisation pour forcer son départ lors du congrès d’avril prochain se met en branle, lentement, mais sûrement. 

 Un chef isolé 

 Pour bien des députés et militants, sacrifier quelques stratèges ne suffit plus. Ils en sont venus à la conclusion que le problème, c’est le chef lui-même. 

 Le parti pourra bien dépenser des millions pour refaire une image à Andrew Scheer, revoir son ton, son discours, son programme, les valeurs fondamentales du chef sont insurmontables. Jamais il ne sera à l’aise de parler d’avortement. Moderniser le discours du parti sur l’homosexualité est futile si le chef est incapable de dire que ce n’est pas un péché ! 

 C’est ainsi que loin de dissiper le mécontentement, le départ de ses plus proches stratèges vient isoler davantage Andrew Scheer. Il a perdu ses plus grands défenseurs, leurs réseaux au sein du membership. 

 Reste à savoir quand il finira par s’incliner face à l’inévitable.