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Vanier: une intersection jugée dangereuse près d'une école

Brigadiers, parents et citoyens dénoncent le comportement des automobilistes

Intersection dangereuse
Photo Dominique Lelièvre Le brigadier Denis Plante au carrefour de la rue Beaucage et de l'avenue Bélanger. Il estime faire traverser une trentaine d'enfants le matin et une soixantaine le midi.

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Vitesse, stops «à l’américaine», non-respect des directives des brigadiers scolaires: le comportement d’automobilistes pressés est préoccupant à deux pas d’une école primaire du secteur Vanier, à Québec. 

Denis Plante guette vaillamment l’intersection de l’avenue Bélanger et de la rue Beaucage matin, midi et soir, près de l’école primaire Sans-Frontières. Selon le brigadier scolaire, des automobilistes et des cyclistes lui désobéissent quotidiennement. 

«Il n’y a pas une journée où je ne manque pas de me faire frapper. Les automobilistes n’ont aucun respect pour les piétons. Des fois, ils me passent quasiment dessus», affirme-t-il. Deux autres brigadiers ont tenu sensiblement le même discours. 

«Régulièrement, les automobilistes ne s’immobilisent pas au passage piétonnier malgré l’obligation de le faire. Ça arrive même quand le brigadier a sa pancarte de stop bien levée», a aussi lancé une résidente préoccupée par la sécurité des enfants. 

Circulation dense 

Le Journal a d’ailleurs pu observer la situation aux heures de pointe du matin et de l’après-midi. La circulation est effectivement très dense à cet endroit. La rue Beaucage sert manifestement de transit à beaucoup d’usagers entre la rue Soumande et le boulevard Pierre-Bertrand. 

Nous avons été témoins de quelques incidents déplorables. Le stop «américain» semble être la règle pour beaucoup d’automobilistes, et certains d’entre eux, sans rouler à une vitesse excessive, ont le pied pesant. 

La signalisation limite pourtant la vitesse à 30 km/h et l’intersection possède quatre arrêts et des passages piétonniers bien marqués au sol. 

«[Le brigadier] se met dans la rue avant les autres et les autos ne sont pas prêtes à attendre, elles veulent passer tout de suite», déplore Mélissa Hudon, laquelle reconduit sa fillette de 5 ans chaque jour à l’école. Selon elle, cette intersection et bien d’autres sont «dangereuses». 

Des excuses 

«J’ai l’impression que le matin, les gens sont pressés d’aller travailler, ils sont en retard. Il y a plein d’excuses qu’ils peuvent se donner», s’indigne de son côté Denis Plante. 

Le porte-parole de la police de Québec, Étienne Doyon, reconnaît que les infractions dans les zones scolaires sont encore nombreuses.  

Du 29 août au 13 septembre, le SPVQ a remis 1293 constats dans le cadre d’un total de 600 opérations aux abords des écoles sur son territoire. Près de 70 % des infractions étaient liées à la vitesse excessive. «Il y a encore énormément de travail à faire auprès des automobilistes», estime M. Doyon. 

♦ La Ville de Québec a lancé récemment sa nouvelle stratégie de sécurité routière. Celle-ci contient plusieurs moyens pour améliorer la sécurité près des écoles. 

Des comportements dangereux 

Ce qu’a observé Le Journal à l’intersection de la rue Beaucage et de l’avenue Bélanger :  

  • Une collision évitée entre un véhicule voulant virer à droite et un jeune garçon qui s’était engagé sur un passage pour piétons clairement identifié. 
  • Un automobiliste qui traverse brusquement le carrefour au lieu de s’arrêter au moment où le brigadier lève son panneau d’arrêt. 
  • De nombreux conducteurs font un stop « américain » plutôt que de s’immobiliser complètement devant un arrêt. 
  • Des cyclistes ne s’immobilisant pas à l’intersection, malgré les indications du brigadier et la présence d’enfants.  

Ce que les contrevenants risquent : 

Pour ne pas avoir respecté les directives d’un brigadier scolaire :   

  • Piétons : Amende de 15 $ à 30 $ 
  • Cyclistes : Amende de 80 $ à 100 $ 
  • Conducteurs : Amende de 200 $ à 400 $, et quatre points d’inaptitude  

* Excès de vitesse dans une zone scolaire (durant la période scolaire) : Amendes doublées