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GHB: de nouveaux cas d'intoxication s'ajoutent à l'Université Laval

Trois nouveaux cas, dont un grave, signalés

Quebec
Photo Stevens Leblanc Selon leurs dires, Agathe (à gauche) et Manon ont préféré raconter leur histoire au Journal dans l’espoir de faire bouger les choses plutôt que de porter plainte puisque « de toute façon, en raison du manque de preuves, personne ne serait condamné ».

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Trois étudiantes de l’Université Laval ont raconté au Journal avoir été intoxiquées au GHB dans les dernières semaines lors d’événements sociaux, dont un qui s’est déroulé sur le campus. Ces nouveaux cas s’ajoutent aux sept déjà signalés depuis le début du mois à l’Université.    

Agathe, une jeune étudiante étrangère de la faculté d’administration de l’Université Laval, a vécu un véritable cauchemar le 9 novembre dernier. Une soirée entre étudiants au Bistro Patrizio & Co. a vite dérapé lorsqu’elle a consommé du GHB, la «drogue du viol», sans le savoir.       

«Je me rappelle avoir apporté quatre verres pour mes amis et moi et avoir bu le mien. Après ça, black-out», raconte la jeune femme qui désire taire son nom de famille. Ses amis lui ont expliqué qu’elle s’est écroulée lorsqu’elle est sortie de l’autobus pour rentrer chez elle.       

Conséquences  

La quantité importante d’alcool consommée par Agathe, jumelée au GHB dont la présence a été décelée par les médecins à l’urgence, aurait pu être dramatique pour sa santé.       

«Le docteur m’a dit que mon cœur faisait des défibrillations, c’est-à-dire qu’il s’emballait, puis s’arrêtait pendant une micro seconde avant de s’emballer à nouveau. Ils ont dû me donner des calmants et me faire un massage cardiaque.», précise l’étudiante originaire de Paris, en France.       

Les professionnels de la santé lui auraient dit qu’elle était en début d’overdose et qu’un ou deux millilitres de GHB de plus auraient pu lui être fatals.       

Manon, une autre étudiante et amie d’Agathe, a également subi plusieurs effets secondaires similaires, tout comme les deux autres personnes qui se trouvaient avec elles et qui ont bu dans les verres potentiellement contaminés. Toutefois, celles-ci n’ont pas passé de test à l’hôpital.        

En pause   

Le Social Club, le collectif d’étudiants étrangers de l’Université Laval qui a organisé l’événement, a indiqué avoir regardé les enregistrements des caméras de surveillance du bistro pour identifier celui qui aurait pu intoxiquer les jeunes femmes, en vain.       

«La salle n’était pas réservée, n’importe qui y avait accès. Par contre, la place était occupée à 90 % par des étudiants étant donné que l’événement a été relayé par des associations de l’Université.»       

Le groupe a confirmé mettre en pause ses activités pour la sécurité des étudiants.       

Le Journal a tenté d’obtenir la réaction du propriétaire du Bistro Patrizio & Co., sans succès.       

Autre cas  

Deux jours plus tôt, une autre étudiante de l’Université Laval du nom de Catherine affirme avoir été victime d’une intoxication liée à cette drogue lors d’une soirée interfacultaire au pavillon Alphonse-Desjardins, directement sur le campus.       

Après avoir pris quelques consommations, un jeune homme lui aurait proposé une bière. Elle se rappelle seulement en avoir avalé deux ou trois gorgées avant que tout bascule dans le noir.       

«[On m’a dit que] j’étais incapable de me tenir debout et que je disais des phrases qui ne faisaient aucun sens. J’ai aussi eu une grosse migraine pendant plusieurs jours», raconte Catherine.       

En contactant Info-Santé pour en avoir le cœur net, elle a appris que ses symptômes ne pouvaient être seulement reliés à l’alcool et qu’elle avait probablement consommé du GHB sans le savoir.       

L’Université Laval appelle à dénoncer  

La porte-parole de l’Université Laval Andrée-Anne Stewart invite les potentielles victimes à rencontrer les enquêteurs du Service de sécurité et de prévention de l’établissement, mais également à porter plainte au Service de police de la Ville de Québec (SPVQ).       

«Il faut passer le message que notre porte est ouverte pour dénoncer, porter plainte ou tout simplement discuter. Toute information pourrait nous aider dans l’enquête institutionnelle qu’on est en train de mener.»       

Jusqu’à présent, aucune plainte officielle n’a été déposée, bien qu’une dizaine d’intoxications potentielles au GHB, dont une officielle, ont été portées à l’attention de l’établissement scolaire.       

Consommation en hausse  

Le CIUSSS de la Capitale-Nationale reçoit en moyenne une demande par semaine pour un traitement de dépendance au GHB, alors qu’il y a trois ans, l’organisation recevait une demande toutes les six semaines.       

Cas recensés dans les urgences de Québec       

Intoxications au GHB  

CHUL   

  •  1er avril 2018 au 31 mars 2019 : 29       
  •  1er avril au 9 novembre 2019 : 29              

Enfant-Jésus    

  •  1er avril 2018 au 31 mars 2019 : 83       
  •  1er avril au 9 novembre 2019 : 56              

Saint-François d’Assise   

  •  1er avril 2018 au 31 mars 2019 : 26       
  •  1er avril au 9 novembre 2019 : 39              

Saint-Sacrement   

  •  1er avril 2018 au 31 mars 2019 : 23       
  •  1er avril au 9 novembre 2019 : 15              

Hôtel-Dieu de Québec   

  •  1er avril 2018 au 31 mars 2019 : 21       
  •  1er avril au 9 novembre 2019 :13              

TOTAL   

  •  1er avril 2018 au 31 mars 2019 : 182  
  •  1er avril au 9 novembre 2019 : 152   

Source : CHU de Québec-Université Laval