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Fou! Débile! Dément! Fabuleux!

TENNIS-DAVIS-CAN-ESP
AFP L’Espagnol Roberto Bautista et Félix Auger-Aliassime se sont livré un solide duel en finale à Madrid, hier.

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Atteindre la finale de la Coupe Davis ! C’est fou. C’est débile. C’est dément. C’est fabuleux. C’est incroyable.

 Comment un pays de tennis qui se qualifiait depuis 130 ans parmi les gentils perdants chroniques du tennis y est-il arrivé ?

 Au paradis et sans doute en enfer pour certains, les Jacques Beauchamp, Marcel Desjardins, Jean-Paul Sarault, Louis Chantigny, Gilles Blanchard, Jerry Trudel, Claude Larochelle et des dizaines de journalistes d’une autre époque doivent chanter les mérites du tennis canadien. En buvant une grosse 50 avec un ange pour certains d’entre eux ou un Pepsi format géant avec une pizza pour d’autres. 

 Pendant 100 ans, des journalistes ont couvert nos joueurs. Du temps de Lorne Main et de Robert Bédard, nos grands étaient vaillants, mais la planète était loin en avance. On célébrait les efforts, pas les résultats.

 Richard Legendre, Réjean Genois, puis Glen Michibata suivi par les deux Sébastien, Lareau et Leblanc, avec Daniel Nestor, ont labouré la terre en se servant du double pour parcourir le monde et gagner des tournois.

 Signe des temps, Sébastien Leblanc siège aujourd’hui au conseil d’administration de Tennis-Canada. 

Les pionniers deviennent les nouveaux patrons. C’est toujours bon signe.

À PLEURER DE JOIE

 J’ai voyagé jusqu’à Melbourne en Australie pour couvrir Sébastien Lareau. 

Je suis allé couvrir Wimbledon pour assister aux efforts de Martin Laurendeau sur les courts extérieurs du domaine vert. 

Ces pionniers perçaient difficilement le Top 100. J’étais à Belgrade en Serbie quand Milos Raonic et Vasek Pospisil ont tenté de vaincre Novak Djokovic en demi-finale de la Coupe Davis. 

C’était en 2013. Denis Shapovalov et Félix Auger-Aliassime n’étaient même pas encore des juniors. 

 Sauf qu’ils avaient un formidable exemple devant les yeux. On s’approchait. Ils sentaient que le Canada cognait à la porte des puissances du tennis mondial. Et qu’ils faisaient partie des conquérants qui feraient sauter les derniers obstacles.

 C’était fabuleux de voir Auger-Aliassime lutter contre la rouille et ses nerfs. Génial de le voir puiser dans ses forces de jeune de 19 ans pour essayer de contrôler son stress. 

Et de ne pas se décourager même s’il accumulait les doubles fautes. Une autre fois, on parlera de son lancer de balle au service. Ce n’est pas le temps.

COLLÉ À L’ÉCRAN

 J’étais arrêté dans une cour de station-service pour assister au bris d’égalité entre Rafael Nadal, le numéro un mondial et Denis Shapovalov. 

J’avais suivi le match à la radio comme je le faisais quand le Canadien berçait nos rêves d’enfant grâce à la radio et la voix de Michel Normandin. 

Cette fois, c’était la voix de l’analyste Martin Laurendeau qui me racontait les histoires. Martin, qui était capitaine de l’équipe à Belgrade, se mêlait parfois dans ses mots, mais c’était parce que les émotions lui nouaient la gorge. 

Merci à Radio-Canada pour avoir trouvé le moyen de présenter ce match historique aux payeurs de taxes qui font vivre la grosse patente.

 À un moment donné, j’ai vu à l’écran le visage d’Eugène Lapierre. 

Ce sacré Eugène m’avait dit en juillet, avant la Coupe Rogers, que le nouveau tournoi de la Coupe Davis allait être le Super Bowl du tennis. 

 Il avait raison. Et j’avais tort de ne pas être à Madrid.

 Maudite fesse !

Pas prête pour une finale

Est-ce Marie-Ève Dicaire qui n’est pas prête ? 

Est-ce la boxe féminine qui n’est pas prête à cause d’un calibre infiniment trop faible ? 

Chose certaine, Marie-Ève Dicaire aura beaucoup à faire à l’avenir pour convaincre les amateurs qu’elle mérite de se retrouver en finale dans un édifice comme le Centre Vidéotron. 

 Quand des centaines d’amateurs quittent un aréna pendant la finale d’un gala de boxe, il y a une critique qui doit être transmise au promoteur. 

Ces spectateurs, emballés par le combat de Mikaël Zewsky en demi-finale, se sont vite ennuyés quand la finale s’est enlisée dans une routine pendant dix rounds.

 J’étais dans la foule puisque j’avais déjà envoyé mes textes et j’ai saisi tout de suite que même les fervents de la boxe suivaient distraitement le combat.

 Sans passion, sans grand intérêt, en jasant de choses et d’autres.

LA RARETÉ DE LA QUALITÉ

 Les amis et les proches de Marie-Ève Dicaire vont s’insurger contre ces lignes, mais impossible de passer à côté des faits. 

Il va sans dire qu’on a eu droit à des finales d’hommes dans le passé qui avaient déçu la clientèle. 

Mais en général, la foule est survoltée quand le gros combat d’une soirée se met en branle. 

Ce ne fut pas le cas samedi. Pas du tout.

 Ça se peut que le problème soit dans les adversaires qu’on déniche pour Marie-Ève. Mais trouver une pépite d’or dans un sac de sable à glace est difficile...et rarissime. Ça semble être le cas dans la boxe féminine. Et chez les 154 livres, on me dit que c’est encore pire. 

HARNOIS PAS HEUREUX

Mais quand même, Marie-Ève Dicaire n’a pas livré le combat qu’on attendait d’elle. 

Son coach Stéphane Harnois était encore en colère hier matin après une nuit trop courte : « Marie-Ève n’a pas suivi la stratégie qu’elle devait appliquer. 

Elle le sait, je le lui ai dit. Sauf que ça fait trop de fois que ça se produit », de dire Harnois.

 Le problème, c’est qu’elle gagne. Et facilement en plus. Pourquoi elle se casserait la tête ?