/sports/soccer/impact
Navigation

L'entraîneur adjoint de la France croit en Thierry Henry

L'entraîneur adjoint de la France croit en Thierry Henry
PHOTO AGENCE QMI, MARC-ANTOINE MALO/

Coup d'oeil sur cet article

MONTRÉAL - Pour Guy Stéphan, l’une des principales qualités d’un entraîneur est sa capacité à rebondir. C’est exactement ce que devra faire son ancien protégé Thierry Henry, maintenant pilote de l’Impact de Montréal. 

Stéphan est entraîneur adjoint de l’équipe de France depuis 2012, mais c’est également un poste qu’il a occupé entre 1998 et 2002 sous Roger Lemerre et Jacques Santini. 

«Je l’ai eu en 2000 quand on a préparé l'Euro aux Pays-Bas et en Belgique, qu’on a gagné avec lui d’ailleurs, s’est souvenu l’homme de 63 ans à propos de l’ancien attaquant. C’était un jeune joueur de 22 ans à l’époque. Il était explosif et très créatif. C’est toujours le meilleur buteur de l’équipe de France grâce à ses 51 buts.» 

Stéphan reconnaît avoir vu à l'époque des qualités de meneur chez Henry, mais il ne pouvait dire avec certitude si un travail d’instructeur l’attendait pas la suite, contrairement à d’autres joueurs plus expérimentés. 

«Ce serait trop facile de dire ça, a déclaré l’ancien sélectionneur du Sénégal. Par exemple, j’étais certain pour Didier Deschamps. Ce que je ne savais pas, c’est que j’allais devenir son adjoint par la suite. Laurent Blanc avait aussi toutes les aptitudes. [Zinedine] Zidane, lui, ce n’était pas flagrant à l’époque et je pense que sa vocation est venue plus tard.» 

Comme le nouvel entraîneur du Bleu-Blanc-Noir, ces trois joueurs ont remporté la Coupe du monde de 1998 présentée en France, mais ont aussi connu beaucoup de succès sur les lignes de côté. D’ailleurs, Stéphan et Deschamps collaborent ensemble depuis leur passage en 2009 à l’Olympique de Marseille. Les deux comparses font maintenant la paire avec l’équipe nationale depuis 2012 et ont remporté la Coupe du monde ensemble en 2018. 

L'entraîneur adjoint de la France croit en Thierry Henry
Photo Pierre-Paul Poulin

L’art de se relever 

Stéphan a observé de près le parcours d’Henry depuis qu’il a accroché ses crampons en 2014. Comme plusieurs observateurs, l’assistant-entraîneur croit que le difficile passage à Monaco de l’homme de 42 ans lui permettra de repartir sur de bonnes bases. 

«Malheureusement, il est arrivé à un mauvais moment à Monaco, croit le Français. Il y avait beaucoup de blessés. Il a dû utiliser beaucoup de jeunes joueurs qui n’étaient pas encore prêts pour la compétition. Je pense qu’il fera vraiment un bon entraîneur, s’il arrive à prendre du recul.» 

«Une qualité pour un entraîneur est sa capacité à rebondir, a-t-il ajouté. Tous les entraîneurs subissent des échecs. Ce qui sépare le succès de l’échec, c’est infime ; ce sont des détails. [...] Il a beaucoup appris de cette épreuve, je pense [...] j’en suis même sûr. Il n’y a aucune raison que ça ne fonctionne pas avec ce qu’il a acquis lors des quelques mois à Monaco.» 

Dans la principauté, l’équipe pilotée par Henry a maintenu une fiche de 4-11-5. Après son séjour peu fructueux en sol monégasque, il a directement contacté l’Impact pour proposer ses services, souhaitant progresser dans sa nouvelle profession. 

«Il faut avoir la vocation d’enseigner. Moi, je l’ai eue parce que j’ai fait des études de prof d’éducation physique, a mentionné Stéphan. Une fois que j’ai eu mon diplôme, je suis passé professionnel. Thierry, comme tous les autres entraîneurs, est passionné par le "foot", par le jeu. Il regarde tout plein de matchs et il connaît les joueurs.»

La France à la recherche de l’exploit

Championne du monde en titre, la sélection nationale française de soccer tentera en 2020 de réaliser le doublé Coupe du monde-Euro, un exploit que peu d’équipes ont réussi à accomplir.

Après avoir soulevé le trophée de la Coupe du monde en 2018, la France aura une cible dans le dos lors du prochain championnat européen. Pour l’heure, les représentants de l’Hexagone ont bien fait au cours du tour préliminaire, mais tout reste encore à prouver alors que la vraie compétition commencera en juin.

«Je ne pense pas qu’il y ait plus de pression, mais peut-être une attente, a déclaré Guy Stéphan, l’entraîneur adjoint de la France, qui était de passage à Montréal ce week-end. Évidemment, le fait d’avoir été champions du monde fait que tous espèrent que ça se passera comme en 1998 [victoire en Coupe du monde] et en 2000 [victoire à l’Euro], mais c’est quelque chose qui est rarissime.»

Un exploit si rare, en fait, qu’il n’a été réalisé qu’à trois reprises. Outre la France, l’Allemagne de l’Ouest (Euro 1972 et Coupe du monde 1974) et l’Espagne, qui a réussi un triplé (Euro 2008, Coupe du monde 2010 et Euro 2012), sont les seules nations européennes à avoir accompli ce fait d’armes.

Du pain sur la planche

Remporter l’Euro ne sera cependant pas une tâche facile pour la France. Ce tournoi est plus ouvert que jamais comme le prouve la présence en 2016 des modestes Gallois en demi-finale et la victoire d’un Portugal que personne n’attendait.

«Il faudra faire attention aux nations revanchardes. L’Italie et les Pays-Bas n’ont pas participé à la dernière Coupe du monde. Je pense à l’Allemagne, qui a été éliminée au premier tour et qui a perdu face à la Corée du Sud, a analysé Stéphan. Le défi est de maintenir notre niveau et d’être aussi forts qu’à la Coupe du monde. Il y aura probablement quelques changements de joueurs.»

En raison de sa place au classement, la France fera partie du deuxième chapeau lors du tirage au sort des groupes. Elle pourrait donc croiser un géant comme l’Allemagne, l’Espagne, l’Italie ou encore l’Angleterre en phase de groupes.

«On aimerait la cohésion et l’état d’esprit de la Coupe du monde, a souhaité le second de Didier Deschamps. On ne devra pas faire d’erreurs au plan tactique et être prêt pour les matchs à élimination directe. C’est là que ça se joue.»

Un passage à Saint-Hyacinthe

Si un entraîneur de renom comme Guy Stéphan était au Québec, c’était pour donner une conférence à une centaine d’éducateurs du soccer québécois, en plus de tenir une séance d’entraînement basée sur le jeu collectif pour des jeunes de 17-18 ans, à Saint-Hyacinthe.

«Il y a un partenariat qui fonctionne très bien entre la Fédération française de football et Soccer Québec, a rappelé l’homme de 63 ans. C’est un partenariat à propos de la formation des entraîneurs, des joueurs et des arbitres. Il y a des échanges très enrichissants.»

«Mon propos pour samedi matin sera de parler de la Coupe du monde, a mentionné Stéphan, jeudi. Comment la France a préparé cette Coupe du monde, comment elle a choisi ses joueurs, ses combats. Quel a été son mode de préparation, quelle tactique elle a utilisée, etc.»