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La Chine: un adversaire dangereux

CHINA-ECONOMY
Photo AFP Le président chinois, Xi Jinping.

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Mais qu’est-ce qu’il leur faut pour comprendre l’évidence ? Vendredi, le ministre de la Défense du Canada, Harjit Sajjan, a déclaré qu’il ne voyait pas la Chine comme un adversaire. Le même jour Donald Trump expliquait que Xi Jinping était encore son ami. 

Pourtant le gouvernement chinois a recommencé à massivement laver le cerveau des Chinois dans des camps de rééducation. Il attaque la démocratie naissante à Hong Kong et se promet de la briser à Taïwan.  

Il terrorise les citoyens chinois jusque dans des démocraties. Les étudiants chinois à l’étranger n’osent plus parler entre eux de politique chinoise, sauf pour louanger Xi Jinping. Les communications entre eux et leur famille restée en Chine sont coupées dès qu’ils osent aborder des sujets politiques délicats. 

Le gouvernement a changé 

Qu’est-ce qu’il faudra aux dirigeants des pays démocratiques pour comprendre que la Chine de Xi Jinping n’a plus rien à voir avec celle de Deng Xiaoping ? 

Le gouvernement chinois a roulé dans la boue le gouvernement canadien. Il a coupé ses importations avec le Canada. Il a emprisonné par vengeance deux Canadiens qui croupissent toujours dans des conditions misérables dans des cachots chinois. Pour la simple raison que le Canada a honoré son traité d’extradition avec les États-Unis et qu’il a arrêté la vice-présidente de la compagnie Huawei. 

Est-ce que le ministre de la Défense du Canada trouve lui aussi que Xi Jinping est un homme amical ? 

Ennemi des démocraties 

Xi Jinping n’est pas l’ami des démocraties. Il n’est pas non plus l’ami des Chinois et pas davantage du Parti communiste chinois. Xi Jinping n’est l’ami que de lui-même et de sa coterie.  

Xi Jinping est en train de replonger la Chine dans un enfer totalitaire avec d’autant plus de vigueur qu’il ne comprend pas que les nouveaux problèmes de son pays proviennent en partie de ses propres politiques totalitaires. 

Plus l’économie chinoise vacille, plus Xi Jinping s’acharne à lui administrer des remèdes sortis tout droit de l’époque maoïste. La lutte contre la corruption qu’il prétend mener l’a conduit à placer ses propres hommes à des postes clefs. Elle le conduit à imposer un système de propagande, de dénonciation et de surveillance que même George Orwell n’aurait pas osé imaginer.  

Maintenant les Chinois ont peur de s’exprimer. Les fonctionnaires craignent de prendre des initiatives.  

Mais nos joyeux dirigeants, poussés par l’insatiable gloutonnerie de quelques entreprises, trouvent que la Chine est un bon partenaire. En vérité, certains pays européens dépendent tellement des capitaux chinois qu’ils n’osent plus critiquer Pékin.  

On apprenait ces derniers jours que la Chine contrôle 80 % des médicaments consommés en Occident.  

Ce contrôle n’est pas fortuit. Les Chinois ont appris à la dure l’importance de contrôler les réseaux de production et de distribution dans tous les secteurs.  

Il est plus que temps pour les pays démocratiques de retrouver leur autonomie dans divers secteurs industriels. En espérant qu’il ne soit pas déjà trop tard.  

Le gouvernement de Justin Trudeau devrait réaliser la nouvelle nature de la bête et les entreprises d’ici devraient cesser de caresser des rêves irréalistes et dangereux de délocalisation et de ventes en Chine.