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Le prochain chef du PLQ sera-t-il un «rebound»?

Dominique Anglade ne se ferait pas facilement pardonner de perdre l’élection de 2022, elle qui était la vice-première ministre de Philippe Couillard lors de la défaite de 2018.

Le prochain chef du PLQ sera-t-il un «rebound»?
Mario Beauregard

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Pour celui ou celle qui sera choisi par les militants libéraux en mai prochain, la corvée de reconstruction est gigantesque. Rayé de la carte à l’est de Montréal, ce qui va se passer dans Jean-Talon la semaine prochaine déterminera si cela est bien le cas, le PLQ doit trouver une façon de reconnecter avec l’électorat francophone et c’est bien difficile en ce moment.  

Comment marquer des points comme opposition officielle lorsque peu importe ce qu’on dit, on se fait demander pourquoi ça n’a pas été fait durant les 15 ans au pouvoir? Comment marquer des points quand le gouvernement connaît un tel taux de satisfaction?  

La course à la direction ne soulève pas non plus les passions. Parmi les gens pressentis qui ont refusé de se présenter à la chefferie, on retrouve : Alexandre Taillefer, Sébastien Proulx, Gaétan Barrette, Pierre Moreau et André Fortin. 

Cela envoie un bien triste signal.  

La semaine passée, on apprenait sous la plume de Geneviève Lajoie que Marwah Rizqy renonçait à se présenter et qu’elle offrait son appui à celui qui devait s’annoncer quelques jours plus tard.  

Cette deuxième candidature vient légèrement atténuer cette grande déprime. Alexandre Cusson a un profil fort différent de Dominique Anglade. Il est un politicien municipal, venant d’une région, nouveau au parti libéral, sans le passif d’avoir participé aux précédents gouvernements. 

Dominique Anglade ne se ferait pas facilement pardonner de perdre l’élection de 2022, elle qui était la vice-première ministre de Philippe Couillard lors de la défaite de 2018. Peut-être pardonnerait-on à un nouveau venu qui tente de reconstruire le parti? Peut-être le laisserait-on continuer le travail. 

Il faut dire que ce n’est pas facile de se sortir du trou quand on est en course à la direction. Le PQ en sait quelque chose... des courses à la direction à répétition ont vidé les coffres et jeté beaucoup de confusion sur son identité et ses messages. C’est un cercle vicieux. 

Quel genre de course? 

Il est encore trop tôt pour savoir si Alexandre Cusson mènera une bonne campagne, ou alors si ses idées plairont autant aux militants libéraux qu’à l’électorat qu’il devra regagner. On aura d’ailleurs bientôt des sondages qui donneront un peu d’indications.  

Il n'est pas non plus impossible que d'autres candidats s'ajoutent. J'en doute. 

L’autre danger de cette course à la direction est le suivant : Si les projections entre Anglade et Cusson sont serrées, les deux équipes de campagne arriveront à la conclusion que tout est possible, et se battront sans se préserver l’un l’autre. 

À titre d’exemple contraire, en 2015 au PQ, Pierre Karl Péladeau était tellement loin devant dès les débuts de la course, on a tout de suite senti que l’équipe du challenger n’allait pas jouer «sale» contre lui, car il serait bientôt le chef du PQ. Et on le voulait intact pour affronter les adversaires.  

Lors de la course de 2016, l’avance du meneur était bien moins manifeste. La course a été plus dure pour les péquistes. Les attaques ont été plus basses. Souvenons-nous de l’empoignade concernant Adil Charkaoui, qui avait abouti par un candidat sous protection policière! 

Je soupçonne que les libéraux auront toujours un peu plus de réserve que les péquistes, réputés plus chicaniers. Mais le style de course aura certainement une incidence sur la suite des choses en prévision de l’élection de 2022. Car après une chefferie, il faut s’unir. Il faut travailler de nouveau tous ensemble.