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Novak signait des chèques sans poser de questions

Le grand patron de SNC-Lavalin à l’international n’a pas exprimé le moindre remord

Michael Novak a témoigné vendredi (photo) et lundi au palais de justice de Montréal au procès de Sami Bebawi.
Photo d’archives, Ben Pelosse Michael Novak a témoigné vendredi (photo) et lundi au palais de justice de Montréal au procès de Sami Bebawi.

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Verser de fortes sommes d’argent à des sociétés-écrans des paradis fiscaux n’était pas un problème pour SNC-Lavalin dans les années 2000, selon le mari de l’ex-ministre libérale Kathleen Weil.

Michael Novak, l’ancien patron de SNC-Lavalin International, a indiqué lundi qu’il n’y avait rien d’inhabituel à ce que l’entreprise verse des millions de dollars à des intermédiaires dans des comptes offshore lors de l’obtention d’un contrat.

Novak était contre-interrogé lundi au procès de Sami Bebawi, un ex-cadre de SNC accusé de fraude et de corruption.

« On ne regardait pas où était localisé [le bénéficiaire du paiement] », a répondu Michael Novak à une question de l’avocate de Sami Bebawi, Annie Émond.

Cette dernière demandait à l’avocat de formation diplômé de l’Université McGill si le fait qu’un partenaire de SNC soit en Suisse, au Panama ou encore aux Bahamas aurait pu l’amener à poser des questions. Selon Michael Novak, la seule chose qui comptait pour SNC-Lavalin, c’était où se trouvait le compte bancaire de la personne.

Pots-de-vin

Selon les prétentions de la Couronne dans cette affaire, SNC-Lavalin aurait versé des pots-de-vin de dizaines de millions à Saadi Kadhafi, le fils du dictateur libyen Mouammar Kadhafi, en échange de lucratifs contrats pour l’entreprise.

SNC-Lavalin aurait notamment offert un yacht de 25 millions $ US à Saadi Kadhafi.

Les pots-de-vin de SNC auraient été versés dans une société-écran des Îles Vierges britanniques, elle-même reliée à un compte en Suisse.

Michael Novak n’a pas exprimé le moindre remords ou la moindre autocritique.

Il a réitéré lundi ce qu’il avait déjà dit vendredi, à savoir que c’était le travail de ses subalternes ou de patrons d’autres filiales que la sienne de s’assurer que les contrats qu’il signait étaient conformes.

Il se fiait à ses collègues

« Les choses se faisaient sans que je sois au courant, a-t-il affirmé. [...] Je me fiais au bon jugement de mes collègues. »

L’ancien cadre a reconnu avoir rencontré à une reprise Saadi Kadhafi. Ce dernier, selon les explications de Novak, était venu faire un voyage « touristique » au Québec aux frais de SNC. Le fils du dictateur aurait notamment effectué une « randonnée avec un traîneau à chiens » au Québec, selon ses souvenirs.


► Michael Novak est le mari de l’ex-ministre libérale Kathleen Weil.

Ce qu’on a appris jusqu’ici au procès Bebawi

  • Le grand patron de l’entreprise, Jacques Lamarre, aurait personnellement approuvé le paiement de pots-de-vin en Libye selon un témoin vedette de la Couronne
  • L’ex-v.-p. finances de SNC, Gilles Laramée, a révélé avoir eu des doutes que SNC versait des pots-de-vin, mais n’a jamais rien fait pour empêcher cette pratique
  • L’ancien contrôleur d’une filiale de SNC, Paul Beaudry, a confié que l’ex-PDG Jacques Lamarre aurait tenté d’influencer son témoignage il y a quelques semaines
  • Pas moins de 118 millions $ auraient été payés par SNC-Lavalin dans une société-écran en Suisse entre 2001 et 2010 selon une juricomptable