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Soignée en Ontario, faute de soins ici

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Une femme de Gatineau atteinte d’une maladie chronique sévère se fait soigner depuis trois ans en rhumatologie, à Ottawa, et se sent «abandonnée» par le réseau québécois.   

«On se sent abandonnés, à la limite même rejetés», confie Ginette Gagné.  

Situation frustrante  

«Même si je vis dans la quatrième plus grande ville du Québec, parce que nos fameux spécialistes ne veulent pas venir en région, on se sent comme des citoyens de troisième ordre», dit-elle, frustrée de la situation.    

Voilà sept ans que cette femme de 51 ans est atteinte du lupus, une maladie chronique du système immunitaire qui attaque les articulations.   

Depuis 2015, cette orthopédagogue a été déclarée invalide totale et permanente. Ses mains, ses pieds et ses yeux ont été attaqués par le lupus, causant de l’inflammation.    

Malgré sa condition, Mme Gagné a eu beaucoup de mal à voir un rhumatologue. Selon les données du ministère de la Santé, un seul des trois postes de spécialistes est pourvu en Outaouais. 

En 2014, après 17 mois d’attente, Mme Gagné a finalement été prise en charge par un médecin spécialiste, à Montréal. Tous les deux mois, elle devait aller en ville. Incapable de conduire à cause de la maladie, Mme Gagné dépensait jusqu’à 300 $ en train à chaque voyage.   

«J’avais un bon suivi à Montréal, ça, c’est clair, dit-elle. Mais, il y a eu des périodes de frustration. Prendre le train et débourser 200 $ ou 300 $ chaque fois parce que t’as pas la capacité de conduire ta voiture, c’est quelque chose.»  

«Mais, quand t’es malade, t’apprends à choisir tes batailles, avoue cette mère. À un moment donné, j’ai arrêté de me frustrer, je me suis débrouillée par moi-même.»  

Rendez-vous à Ottawa   

En 2016, Mme Gagné a finalement eu un rendez-vous auprès d’un rhumatologue... à Ottawa. Heureusement, la carte-soleil est acceptée, et le médecin parle français.   

Bien qu’elle reçoive de très bons soins, la dame déplore la mauvaise répartition des rhumatologues au Québec.   

«Comment ça se fait qu’on les garde tous dans la grande région de Montréal, et nous autres on n’a rien? demande-t-elle. Voyons, ce n’est pas si pire, on n’est pas en campagne. C’est frustrant.»