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La dégaine rapide

Steve Coleman QMI Agency
A CN Rail cargo train heads east across Mandaumin Road in Plympton-Wyoming, recently.
Photo d'archives Agence QMI Steve Coleman QMI Agency A CN Rail cargo train heads east across Mandaumin Road in Plympton-Wyoming, recently.

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Intéressante la décision d’une cour fédérale américaine qui statue que Donald Trump n’est pas au-dessus des loi et qu’il n’est donc pas roi. Le premier ministre Legault qui réclamait du fédéral une loi spéciale pour mettre un terme à la grève au CN, devrait tirer leçon du rappel à l’ordre du président américain par la juge Ketanji Jackson. Ce n’est pas parce qu’on est premier ministre qu’on peut passer outre les lois.

L’empressement des caquistes à réclamer une intervention d’Ottawa, sous les pressions de certains groupes et en toute méconnaissance des enjeux et des faits, laisse transparaître une ignorance de l’évolution des règles applicables en matière de relations de travail. Encore plus préoccupant, c’est leur inclination à un autoritarisme dicté par le populisme qui semble vouloir faire fi des droits des travailleurs.

Heureusement, nous apprenions ce matin qu’une entente est intervenue au CN et que le travail régulier reprendra dès demain. Le gouvernement fédéral aura donc eu raison de se montrer patient, de ne pas s’immiscer dans un conflit de travail privé et de surtout avoir mis à dispositions des parties les moyens pour arriver à s’entendre. Il doit se féliciter de ne pas avoir succombé à l’intransigeance de certaines provinces dont le Québec, pour imposer un retour au travail qui n’aurait pas passé le test des tribunaux.

Dans les négociations avec les médecins spécialistes, le gouvernement caquiste avait brandi la menace d’une loi spéciale pour leur imposer unilatéralement leurs conditions de rémunérations. Au nom de la sacrosainte économie, il demandait au fédéral de réprimer les droits des travailleurs sans considération pour la libre association et la négociation. Dans la même veine avec les employés de l’État québécois, il a fixé ses paramètres sans même attendre les demandes syndicales. Les employés ne devraient pas espérer autre chose qu’une augmentation calquée sur l’inflation, sauf pour les profs et les préposés aux bénéficiaires. L’augmentation serait plus juteuse pour ces derniers avec comme objectif de juguler les pénuries de main-d’œuvre observées dans ces champs d’activité.

En vertu des lois, la négociation doit être menée de bonne foi par les parties à la convention collective. Les récents arrêts de la Cour suprême du Canada ont pour ainsi dire constitutionnalisé le droit d’association, le droit à la libre négociation et le droit de grève. Les gouvernements ne peuvent plus impétueusement mettre fin à un conflit de travail ou décider unilatéralement des dispositions du contrat de travail comme nous pouvions l’observer dans le passé. Il arrivait même que certains ministres assouvissaient leur désir de vengeance et parfois même leur haine en imposant des conditions de travail inférieures à celles entendues à la table des négociations.

Le tempérament du premier ministre peut être bouillant, mais ce n’est pas la bonne posture pour réchauffer les relations de travail et permettre une recherche plus sereine de solutions aux problèmes exposées par les parties. Chose certaine, il a intérêt à ranger ses épouvantails et à se montrer plus respectueux avec les travailleurs, s’il veut continuer de prétendre qu’il travaille pour le bien-être la classe moyenne!