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Drôle d’hypocrite

L’humoriste Billy Tellier présente son deuxième spectacle solo en carrière

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On est tous hypocrites, et beaucoup plus qu’on peut le croire. L’hypocrisie a été un filon inspirant pour Billy Tellier, qui nous remet en pleine face nos mensonges quotidiens avec une plume baveuse, et surtout, un sens du punch indéniable.

Morning man à CKOI, à Montréal, depuis de nombreuses années, et scripteur autant à la télé que pour ses collègues humoristes, Billy Tellier présente son deuxième spectacle seulement en vingt ans de carrière, intitulé Hypocrite(s). 

Il s’avère être un communicateur hors pair autant derrière un micro que sur les planches, et les rires soutenus et sincères qu’il a reçus mercredi soir à la salle Albert-Rousseau, l’ont bien prouvé. 

Pas besoin de vouloir tout réinventer pour être efficace. Sans être audacieux, Hypocrite(s) a tous les ingrédients d’un bon divertissement : du rythme, des textes cohérents, beaucoup d’énergie et une mise en scène efficace signée Laurent Paquin. 

Le malheur des uns fait le bonheur des autres, nous dit-il d’entrée de jeu, prémisse à ce 90 minutes de gags qui a obtenu un vif succès. 

D’emblée, Billy Tellier teste l’honnêteté des spectateurs en les plaçant dans toutes sortes de situations de la vie quotidienne. 

Qui aurait vraiment ramené une caisse de bière à une caissière qui se serait trompée dans le prix ? 

Qui tromperait son chum avec son plus grand fantasme, s’il ne le savait pas ? 

Hypocrisie nécessaire

Parfois, l’hypocrisie est nécessaire, soutient Billy Tellier. Père de deux enfants dont le petit dernier a 10 mois, il avoue à quel point les parents peuvent être menteurs, surtout lorsque vient le temps d’expliquer à son garçon pourquoi le poisson rouge flotte dans la toilette. 

Dans des tirades tout aussi drôles les unes des autres, Tellier propose des numéros sur la nostalgie, la difficulté d’être soi-même, la façon dont il a découvert la pornographie au primaire, les allergies graves de son fils et le couple, qu’il aborde sous l’angle hilarant de la chicane. 

On aura droit à l’absurdité de l’annonce de son cancer de la glande thyroïde, dont il est passé au travers récemment – quand vous l’annoncez, profitez de la pitié des autres, nous conseille-t-il – avant un numéro sur les nouveaux amis, devant qui on embellit toujours la vérité. 

Dans sa boutade finale, il se défoule dans un monologue colérique sur les jeux de société et les règles à suivre en société, avant de boucler d’habile manière sur ses malheurs, qui mercredi soir, ont fait notre bonheur.