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Pipelines? Ben oui, des pipelines!

Kinder Morgan
Photo courtoisie Il est utopique de croire que nous pourrions nous affranchir de notre dépendance aux énergies fossiles en prônant des changements draconiens.

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Le psychodrame de la grève du CN aura mis en lumière le fait qu’au-delà des bons sentiments et des vœux pieux, l’utilisation des énergies fossiles est encore essentielle.

Elle est essentielle non seulement pour le dynamisme économique de notre société, mais aussi pour le maintien d’un équilibre dans le fonctionnement de celle-ci.

Prise de conscience

La pénurie de gaz propane, d’abord anticipée, puis avérée en une semaine de conflit à peine, a créé une kyrielle de problèmes d’envergure. Il y a évidemment eu les impacts pour nos agriculteurs, tant au niveau des producteurs de grains que des éleveurs de porcs, de veaux et de volailles. Sans oublier les édifices de soins de santé qui furent vulnérables, tout comme le domaine du transport de marchandises. Et j’en passe.

En clair, en quelques jours à peine, la situation est devenue grave. Très grave. Le pire, c’est que le propane occupe une part marginale dans notre bilan énergétique. Comme me le mentionnait le professeur aux HEC Germain Belzile en entrevue à QUB radio, cette ressource constitue seulement 1 % de notre consommation d’énergie primaire au Québec.

Qu’en est-il du pétrole ? On parle plutôt d’une proportion de 40 %. À ce stade-ci de ma chronique, je vous invite à prendre une pause et à réfléchir aux impacts d’une éventuelle pénurie de pétrole en gardant en tête ce que les récents événements nous ont appris sur notre dépendance aux énergies.

Vision d’apocalypse

C’est fait ? Alors maintenant que vous angoissez autant que moi, convenons qu’il serait temps d’avoir un dialogue lucide sur la transition énergétique. 

Car s’il est vrai que nous devons changer nos habitudes et modifier nos façons de faire afin de freiner ou limiter l’impact des changements climatiques, il n’en demeure pas moins qu’il est utopique de croire que nous pourrions nous affranchir de notre dépendance aux énergies fossiles en prônant des changements draconiens et en évitant le chaos le plus complet.

Cette crise, elle nous rappelle que nous en aurons probablement encore pour quelques décennies avant de compléter une transition harmonieuse. 

Cette crise, elle nous rappelle que l’exploitation et le transport de nos ressources naturelles sont essentiels au bon fonctionnement de notre économie et de notre société. 

Cette crise, elle nous rappelle que le transport ferroviaire est loin d’être optimal, qu’il s’agisse des aspects sécuritaires ou utilitaires. 

En fait, cette crise, elle démontre que les pipelines sont non seulement nécessaires, mais qu’ils sont encore tout à fait pertinents. Qu’il s’agisse du propane, du pétrole, du gaz naturel ou encore du Quick aux fraises de Sylvain Gaudreault, peut-on arrêter une fois pour toutes de présumer qu’il n’y a pas d’acceptabilité sociale pour ce type de projet et prendre le temps de peser le pour et le contre, sans s’enfermer dans un dogmatisme navrant ? 

Cette crise que nous venons de vivre, elle doit impérativement faire œuvre utile.