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«Pure Couture» : Mélanie Couture sans filtre

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MONTRÉAL – Mélanie Couture martèle à qui veut l’entendre qu’elle n’est pas vulgaire même si elle parle abondamment de sexe dans son premier spectacle, «Pure Couture». Reste à voir si les oreilles chastes feront la distinction entre l’osé et la vulgarité à l’écoute du discours cru de l’humoriste, qui vidait son sac en première montréalaise au Théâtre Plaza, mercredi. 

Évidemment, on n’y échappe pas: si le propos est axé sur «la chose», le vocabulaire se tiendra nécessairement en dessous de la ceinture. Mélanie Couture joue cette carte avec aplomb, sans s’excuser ni rougir. 

Il est question, aux premières minutes de «Pure Couture», de «grosses qui fourrent», et des tares physiques qui guettent les femmes vieillissantes. 

«C’est les rides ou un gros cul, c’est de même que ça marche [...]. Le Botox, ça te laisse tomber après six mois; les queues de castor, jamais!» 

Orgasme 

Peu après, l’humoriste raconte s’être fait cavalièrement apostropher par un vieux monsieur asiatique dans la rue. Elle explique pourquoi elle juge important de regarder son papier de toilette avant de «flusher». Elle relate sa première découverte de la sensation du jet de bain sur sa vulve, et décrète que les femmes ont souvent de la difficulté à atteindre l’orgasme «parce qu’elles n’arrêtent jamais de penser». 

D’ailleurs, qu’est-ce qui se passe dans l’esprit d’une femme lorsqu’elle a «une tête entre les deux jambes»? Ça va du contenu de sa liste d’épicerie à l’angoisse des odeurs dégagées par ses zones intimes, nous apprend Mélanie Couture, laquelle se dit lasse de se retrouver «la tête dans le mur» quand elle fornique «par en arrière». 

Même la lettre à la fille qu’elle n’a jamais eue prend une tournure salace, avec une mise en garde sur le fait que le sperme ne fait pas maigrir et qu’un crayon, ça va dans un étui, et non sous une paire de seins. 

«Les seins, c’est comme Éric Salvail, c’est pas fait pour rester au sommet éternellement», lance l’ex-sexologue devenue comique. 

Charisme 

On laissera donc le soin à chaque spectateur(trice) de juger du degré de (non)-vulgarité de ce «one human show» (l’appellation privilégiée par Mélanie Couture au lieu de l’habituel «one woman show»). 

L’artiste souhaitait peut-être aller au-devant des critiques en prévenant elle-même que ses textes étaient décapants, et non vulgaires. Car on a déjà taxé des humoristes de vulgarité pour beaucoup moins que ça. Chose certaine, «Pure Couture» a déjà été identifié «16 ans et plus», un avertissement qu’on ne peut qu’approuver. 

Ceci dit, la dame de 43 ans est très drôle. L’absence de filtre de Mélanie Couture et son authenticité obtiennent l’effet désiré. Ses éclats de rire communicatifs entre les gags aussi. Couture est dotée d’un charisme fou et sait faire passer ses messages, même s’il est dommage que ceux-ci soient noyés dans un langage relâché. 

«Pure Couture» est la suggestion de sortie idéale pour ceux et celles qui espèrent lâcher leur fou en gang ; en solo, la proposition tombera possiblement davantage à plat. Bref, comme le sexe, peut-être? 

Mélanie Couture présente «Pure Couture» en tournée au Québec. Pour les détails: melaniecouture.com.