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Disparition du caribou dans Charlevoix: «on s’en lave les mains», accuse le directeur général sortant de Nature Québec

Caribou écotype forestier
Photo d'archives

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Si la population de caribous forestiers de Charlevoix est plus en danger que jamais, ce serait en raison de plusieurs années de négligence, plus particulièrement du côté du ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs, juge le directeur général sortant de Nature Québec, Christian Simard.

«Collectivement, on fait tout ce qu’il ne faut pas faire pendant des années, tout en sachant pertinemment l’impact que ça va avoir sur les caribous et à la fin, il y en reste peu. Bien là, il est trop tard. On s’en lave les mains», a-t-il lancé en entrevue à QUB radio, jeudi.

  • ÉCOUTEZ l'entrevue de Christian Simard à QUB radio:  

M. Simard, qui quitte la direction de l’organisme Nature Québec après 12 ans à sa tête, a soutenu qu’il était pourtant encore possible de concevoir un «aménagement durable qui serait bon pour la forêt à long terme» et qui pourrait bénéficier au caribou, ralentissant ainsi le déclin de l’espèce dans la région.

«Mais on préfère regarder de côté et dire qu’il va être trop tard, que ce n’est pas de notre faute», a opiné le directeur général sortant.

«Cette absence de décision et cette frilosité à toute pression industrielle [...] on dirait que c’est dans l’ADN des ministres des Forêts», a-t-il critiqué.

Christian Simard, directeur général sortant de Nature Québec
Photo courtoisie
Christian Simard, directeur général sortant de Nature Québec

En ce sens, il faudrait selon lui passer à l’action rapidement pour revoir l’aménagement forestier du secteur, qu’il désigne comme «facteur principal» de la disparition progressive du caribou forestier de Charlevoix.

«Si tu veux sauver le caribou, il faut que tu fermes des chemins forestiers inutilisés ou des chemins de villégiature, où il y en a moins, il faut que tu les restaures. Il faut que tu arrêtes de couper les vieilles forêts», a donné en exemple M. Simard à l’émission «Là-haut sur la colline».

La veille, le ministre des Forêts, de la Faune et des Parcs, Pierre Dufour, avait affirmé au micro d’Antoine Robitaille qu’on éliminerait des loups pour réduire le nombre de prédateurs dans la région, mais que, pour le moment, on ne poserait pas d’autres interventions.

Le ministre des Forêts, de la Faune et des Parcs, Pierre Dufour
Photo Simon Clark
Le ministre des Forêts, de la Faune et des Parcs, Pierre Dufour

«Il faut voir comment qu’on est capable de protéger l’espèce. Est-ce que cet habitat-là dans le secteur de Charlevoix est encore un habitat propice et gagnant? C’est ça qu’on est en train de regarder», s’était-il questionné, mercredi.

  • ÉCOUTEZ l'entrevue de Pierre Dufour à QUB radio:  

De son côté, Christian Simard a mentionné qu’il ne s’opposait pas au contrôle de certains animaux comme le loup, mais que celui-ci n’aiderait pas outre mesure la population de caribou si aucune autre action n’était posée.

«Si on fait juste ça, mais qu’on ne change pas notre foresterie et l’aménagement forestier, si on ne travaille pas sur les chemins forestiers, les facteurs de fragmentation de l’habitat, c’est vrai que ça ne sert à rien», a-t-il fait valoir.

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