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Érosion des berges à Dolbeau-Mistassini: une deuxième maison doit être démolie

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DOLBEAU-MISTASSINI | Les résidents de la pointe Langevin, à Dolbeau-Mistassini, ont l'impression d'être dans un cauchemar. Une deuxième maison a dû être démolie, jeudi, parce que l'érosion des berges continue de faire des ravages dans ce secteur. La propriété risquait d'être emportée par la rivière. 

Visiblement très ému, le propriétaire a préféré vivre ce moment loin des caméras. La résidence avait été construite par son père. Il rêvait d'y passer sa retraite. 

«Monsieur Allard a fait sa jeunesse ici. Il a passé sa vie ici... Alors pour lui, la page finale se tourne. Et là, le deuil devra se faire...» a affirmé l'un de ses voisins et président de la Ligue des propriétaires de Vauvert, Daniel Murray. 

«C'est une triste journée... j'ai vu la maison être construite et là, je la vois être démolie», a affirmé un autre citoyen rencontré sur place, qui regardait la scène, impuissant. 

Et puisqu'il s'agissait toujours d'une résidence secondaire, le propriétaire n'a droit à aucune compensation de Québec. De plus, c'est lui qui doit assumer la facture pour la démolition. 

La Ville de Dolbeau-Mistassini souhaite lui apporter une aide d'urgence. Elle travaille actuellement à mettre en place un fonds de compensation pour les résidences secondaires. Par contre, la réponse du gouvernement du Québec se fait attendre. 

«Nous, la Ville on est prêt à contribuer financièrement. Rio Tinto nous a confirmé aussi qu'elle est prête à embarquer. Aujourd'hui, il nous manque seulement le gouvernement», a déploré le maire de Dolbeau-Mistassini, Pascal Cloutier. 

Urgence d'agir 

La pointe Langevin se détériore à vue d'oeil depuis 2016. C'est la deuxième maison qu'on y doit démolir. La première avait été achetée par Rio Tinto. 

Les citoyens du secteur sont désemparés. Ils ont l'impression d'être laissés à eux-mêmes. Neuf autres propriétés sont menacées et devront aussi être condamnées si rien n'est fait à court terme pour arrêter l'érosion. 

Les résidents dénoncent le désengagement de Rio Tinto, mais surtout l'inaction du gouvernement du Québec. Ils ont envoyé une lettre au premier ministre François Legault. 

«On dit à Monsieur Legault : écoutez, l'événement de la pointe Langevin, ce n'est pas un désastre naturel. C'est un désastre qui est contrôlé par un débit d'eau qui est contrôlé par une compagnie qui peut gérer les ressources naturelles», s'indigne Daniel Murray. 

Le temps presse. La pointe Langevin disparaît toujours un peu plus, chaque saison... Mais la détresse des citoyens, elle, gagne du terrain. 

La ministre responsable de la région, Andrée Laforest, a indiqué à TVA Nouvelles qu'elle ne commenterait pas le dossier pour l'instant. Une rencontre est prévue la semaine prochaine avec des citoyens du secteur et des représentants de son ministère. L'objectif est d'évaluer les pistes de solutions.