/opinion/blogs/columnists
Navigation

Lab-École, une mauvaise bonne idée!

Lab-École, une mauvaise bonne idée!
Photo d’archives, Simon Clark

Coup d'oeil sur cet article

Le Journal révèle que les coûts du Lab-École ont explosé et que Québec en aurait perdu le contrôle. La nouvelle n’est pas vraiment surprenante quand on connaît la conjoncture favorable aux entrepreneurs en construction et les habituels dépassements dans les contrats gouvernementaux.

Le plus scandaleux n’est pas le coût pharaonique, mais la précipitation à se lancer dans un projet sans s’appuyer sur des données probantes. Jusqu’à présent, il n’existe pas de recherches sérieuses voire de méta-analyses qui permettraient d’établir un solide lien entre la splendeur des écoles et la réussite scolaire des élèves. En effet, les décisions n’ont pas été pas appuyées sur des recherches sérieuses, elles se sont prises à partir de convictions et d’intérêts de promoteurs qui laissaient croire que la beauté architecturale d’une école, la cafétéria ayant un menu santé et le grand gymnase amélioreraient les conditions d’apprentissage et augmenteraient le taux de diplômation.

En pleine austérité libérale, où le nombre d’élèves en difficulté explosaient et que les ressources humaines pour accompagner les élèves à risque étaient insuffisantes, le gouvernement Couillard et le ministre Proulx ont préféré faire dans le clinquant en débloquant des millions de dollars qui seraient sans effet sur la réussite des élèves. C’est le propre de la petite politique de vouloir surtout paraître dans l’immédiat sans véritablement se soucier des résultats à long terme et le projet Lab-École n’y a pas échappé. 

Le phénomène est récurent dans le secteur de l’éducation. Les ministres se succèdent à la vitesse d’une porte tournante et plutôt que de pouvoir s’inscrire dans la postérité avec un travail patient aux effets structurants, ils cherchent surtout à se démarquer avec un projet spectaculaire qui répond plus à des impératifs politiques qu’à des considérations pédagogiques. Les réformes et les transformations inutiles se multiplient sans qu’il y ait une prise en considération sérieuse des problèmes auxquels sont confrontées nos écoles et qu’il y ait l’émergence de solutions appropriées. En voulant se donner plus de pouvoirs, le ministre Roberge se donne plus d’opportunité d’épaissir le bêtisier des ministres de l’Éducation.

Sans en faire des objets de musée, on peut tout de même construire de belles écoles fonctionnelles à des prix raisonnables pour les secteurs où il manque de places-élèves. Il est plus urgent de rénover et de rendre salubre les immeubles existants, mais surtout de leur attribuer en nombre suffisant les ressources humaines pour endiguer l’hécatombe à laquelle fait face le Québec avec un nombre d’élèves en difficulté qui croît de façon quasi exponentielle.