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Les Hardings: finesse et intelligence

Les Hardings explore la notion de responsabilité

Les acteurs Martin Drainville, Patrice Dubois et Bruno Marcil, qui interprètent trois Thomas Harding, qui n’ont pas de lien entre eux, créent avec leurs mouvements et leurs déplacements, une mise en scène efficace et inventive.
Photo courtoisie, Valérie Remise Les acteurs Martin Drainville, Patrice Dubois et Bruno Marcil, qui interprètent trois Thomas Harding, qui n’ont pas de lien entre eux, créent avec leurs mouvements et leurs déplacements, une mise en scène efficace et inventive.

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Dans les heures qui ont suivi la tragédie de Lac-Mégantic, le cheminot Thomas Harding a rapidement été ciblé comme étant à l’origine du déraillement qui a fait 47 victimes. La pièce Les Hardings plonge avec intelligence et efficacité dans les questions de responsabilité.

À l’affiche jusqu’au 7 décembre à la Bordée, la création écrite et mise en scène par Alexia Bürger s’inspire librement des événements qui se sont déroulés le 5 juillet 2013.

La pièce met en vedette trois Thomas Harding. Le conducteur du train, un chercheur en anthropologie néo-zélandais, qui a perdu sa fille de 16 ans, dans un accident de scooter, campé par Patrice Dubois et un assureur américain.

Trois individus qui ne se connaissent pas, mais qui se retrouvent dans un décor aux allures futuristes constitué de rails et de panneaux de métal.

Est-ce que Thomas Harding était le seul et unique responsable de cette tragédie ? Alexia Bürger expose, avec délicatesse, toutes les nuances, par l’entremise du Thomas Harding assureur, interprété par Martin Drainville.

Tous les éléments, explique-t-il, étaient en place. La tragédie était annoncée et prévisible.

Les trois comédiens s’échangent une partition vocale rythmée, dynamique et très bien découpée. Leurs mots, à différents moments, s’entrecroisent pour devenir des phrases. Ils fredonnent aussi quelques bouts de chansons, entre les différents segments, pour créer des transitions fort réussies.

Jumelage parfait

Dans le rôle du cheminot, Bruno Marcil livre, avec justesse, la douleur intérieure qu’il a vécue. L’homme a fait les choses comme il les avait toujours faites.

L’acteur livre un moment-choc lorsqu’il apprend que c’est bel et bien son train qui a enflammé Lac-Mégantic. Et aussi, lorsqu’il énumère les prénoms des 47 victimes. Des personnes qui se sont retrouvées dans sa tête et autour de lui dans sa résidence à la suite de la tragédie.

Les Hardings part d’une démarche documentaire de l’auteure qui a voulu en apprendre plus sur le cheminot. En abordant les thématiques de la responsabilité, de la culpabilité et du deuil par l’entremise d’une tragédie réelle, Alexia Bürger touche la cible. Et elle le fait avec de belles touches d’humour et avec respect pour les victimes et aux survivants à qui la pièce est dédiée. Intelligent et réussi.