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Musée de la civilisation: une exposition troublante sur la révolution numérique

Le Musée de la civilisation mesure les impacts du numérique dans une nouvelle exposition

Une des zones de l’exposition est consacrée à la robotique et à l’intelligence artificielle.
Photo Stevens Leblanc Une des zones de l’exposition est consacrée à la robotique et à l’intelligence artificielle.

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On nous avait promis, avant d’entrer à l’exposition La tête dans le nuage, inaugurée mercredi au Musée de la civilisation, qu’en sortant, on ne verrait plus notre téléphone comme avant. En effet, la vaste exposition sur la révolution numérique est troublante.

Sortir notre téléphone de notre poche est aujourd’hui un geste banal. Mais l’exposition nous permet de saisir l’ampleur de la révolution numérique, qu’on compare à l’invention de l’écriture, de l’imprimerie ou de la révolution industrielle.

Le directeur du musée, Stéphan La Roche, fait remarquer que depuis 2003, «nous produisons plus de données en deux jours qu’on en a produites depuis le début de l’humanité», d’où la nécessité de susciter une «réflexion collective».

Fausses nouvelles, algorithmes qui dictent nos choix et désinformation font partie des sujets abordés dans l’exposition.
Photo Stevens Leblanc
Fausses nouvelles, algorithmes qui dictent nos choix et désinformation font partie des sujets abordés dans l’exposition.

Mesurer l’intangible

Le Musée de la civilisation a brillamment relevé le défi de mesurer un concept parfois difficile à saisir. Par exemple, un gigaoctet, l’équivalent d’un vidéo regardé sur YouTube, équivaut à 52 baignoires remplies de grains de riz, illustré par une œuvre en début de parcours.

On apprend également que la consommation énergétique d’un seul courriel équivaut à laisser une ampoule allumée pendant 24 heures, et qu’on déroule 12 étages de contenu sur notre téléphone chaque jour.

Des tablettes nous informent en temps réel du nombre de publications faites depuis le début de la journée sur Facebook et Instagram, entre autres. Lors de notre passage, autour de 11 h 30, mercredi, plus de 3 milliards de vidéos avaient déjà été vus sur YouTube.

L’artiste israélien Dima Yarovinsky a fait imprimer les termes et conditions des applications les plus populaires, comme Facebook et Instagram.
Photo Stevens Leblanc
L’artiste israélien Dima Yarovinsky a fait imprimer les termes et conditions des applications les plus populaires, comme Facebook et Instagram.

Un «espion» dans nos poches

Tout ça a des impacts insoupçonnés. En n’étant «ni technophile ni technophobe», l’exposition nous montre les côtés aussi bien négatifs que positifs des nouvelles technologies.

Parmi les impacts positifs, la planète est aujourd’hui accessible en un clic. Un mur est consacré aux mouvements rassembleurs tels #MeToo, #jesuischarlie ou le #icebucketchallenge, qui fut un des premiers mouvements à montrer le pouvoir des réseaux sociaux.

Mais l’exposition nous met aussi face aux algorithmes qui biaisent notre conception du monde, aux fausses nouvelles, et à l’impact environnemental. En 2020, on estime que 20 % de la consommation énergétique de la planète sera consacrée à l’espace numérique.

Un espace est consacré à la robotisation et à l’intelligence artificielle, tandis que la dernière zone s’intéresse aux enjeux liés à la vie privée.

La conservatrice Lydia Bouchard a expliqué aux médias mercredi que ces derniers n’auraient qu’à essayer de se connecter au réseau Wi-Fi du musée et ils seraient capables de connaître notre emplacement dans le musée, et avec des méthodes plus poussées ils pourraient avoir accès à nos données personnelles. Notre téléphone «est un espion logé au creux de notre poche», a fait valoir Stéphan La Roche.

Conçue à Québec

L’exposition inédite est une des rares entièrement conçues par le Musée de la civilisation, qui accueille souvent entre ses murs des expositions itinérantes qui viennent d’ailleurs dans le monde.

«Le sujet de cette exposition a été l’une de mes premières décisions lorsque je suis entré en fonction en 2015», a précisé le directeur.


► La tête dans le nuage est en place jusqu’au 31 janvier 2021.