/opinion/columnists
Navigation

Trump réélu par ses pires ennemis?

Michael Bloomberg
Photo Getty Images, Drew Angerer Michael Bloomberg

Coup d'oeil sur cet article

Le multimilliardaire Michael Bloomberg se lance dans la course à l’investiture démocrate pour pouvoir ensuite­­­ affronter Donald­­­ Trump.

Toute la fortune de Trump­­­ n’est que de l’argent de poche pour lui. L’homme est plusieurs dizaines de fois plus riche que ce président qui ne respecte que les ultra-­riches et les dictateurs.

Compétitif

Dans une démocratie en santé, une personne ne devrait pas pouvoir entrer tard dans une course et, en s’achetant de quantités hallucinantes de publicité, se frayer un chemin jusqu’au sommet.

Mais le système américain est ainsi fait et, au fond, peut-être que des circonstances exceptionnelles justifient une approche exceptionnelle.

Deux éléments sont particulièrement exceptionnels.

D’abord, considérant que Trump n’en est qu’à son premier mandat et que l’économie américaine va bien, il est très impopulaire si on le compare aux présidents du passé dans une position similaire.

Pourtant, il n’est pas battu d’avance, loin de là.

Il est presque acquis qu’il va perdre le vote populaire, par une marge possiblement plus forte qu’en 2016.

Mais il reste compétitif dans la poignée d’États qui feront la différence au collège électoral, parce qu’ils ne sont pas encore acquis à l’un ou l’autre des deux partis.

Il est aussi loin d’être évident que son procès pour destitution, s’il a lieu, et qui finira assurément par son acquittement, lui nuira.

L’autre élément exceptionnel, c’est la faiblesse des candidats démocrates.

Prenez le trio de tête.

Biden (77 ans) ne passe pas une semaine sans faire une gaffe.

Sanders (78 ans) est carrément socialiste.

Warren (70 ans) rejette l’étiquette socialiste, mais propose des mesures qui la situent à l’extrême gauche d’un parti plus à gauche que jamais dans son histoire récente.

Je ne souligne pas leur âge pour faire de l’âgisme, mais pour faire ressortir que les deux derniers démocrates élus à la présidence, Clinton et Obama, avaient respectivement 46 et 47 ans au moment de leur victoire.

Mettons que cela relativise les 77 ans de Bloomberg.

Ce n’est pas que l’âge. C’est aussi leur positionnement qui est problématique.

Voyez les récentes victoires électorales des démocrates dans des États clés, qu’il s’agisse de courses au poste de gouverneur ou pour des sièges à la Chambre des représentants.

On n’a pas besoin d’un doctorat en science politique pour voir que ces victoires donnent le plan de match à suivre pour les démocrates.

Tous ces candidats démocrates victorieux dans des courses locales avaient des plateformes électorales modestes, concrètes, réalistes, rassurantes, visant la vie quotidienne des familles de la classe moyenne.

Gauchisme

En comparaison, regardez les promesses délirantes faites par Warren, Sanders et Cie.

Il est question de revenu minimum garanti, d’éducation universitaire gratuite, d’une assurance-maladie universelle et publique « à la canadienne », d’augmenter les pensions de vieillesse pour tous les retraités, d’en finir rapidement avec les énergies fossiles, etc.

Du délire, du rêve, du Disneyland.

C’est comme si ces candidats faisaient campagne sur un campus universitaire. L’Amérique profonde, elle, est ailleurs.

Ces candidats sont si déconnectés que l’hypothèse Bloomberg mérite au moins d’être examinée.