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Chef, tout de suite chef

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Qu’ont-ils donc tous à vouloir devenir chefs comme ça, en commençant ?  

Le dernier en date, je ne vous apprends rien, c’est l’humoriste Guy Nantel, qui lorgnerait la chefferie du PQ. Sa relationniste jure que son intérêt est réel, que ce n’est pas une blague de promotion.  

Humoriste roi  

Au Moyen-Âge, lors de fête des fous, une fois par année, les amuseurs montaient sur le trône et les dirigeants en descendaient.  

À certains endroits, de nos jours, ce renversement est permanent : l’humoriste a pris le pouvoir non pas pour une seule journée, mais pour vrai.  

En Italie, Giuseppe Grillo, l’un des fondateurs du Mouvement 5 étoiles, faisant partie de la coalition au pouvoir, était humoriste. En Ukraine, l’actuel président Volodymyr Zelensky exerçait jadis le même « métier ».  

Ils ont pris au sérieux une démarche que Coluche (en France) et le Parti Rhinocéros, chez nous, ont toujours faite en blaguant.  

Le réflexe serait de dire : « Ça ne peut être pire que les clowns qui sont au pouvoir depuis si longtemps ! »  

Évitons de céder à ce cynisme facile.

Vaut mieux être lucide et identifier les nouvelles formes de pouvoirs afin de mieux prévenir dérapages et excès. Or, l’humour professionnel est devenu un réel pouvoir.  

Depuis une vingtaine d’années, les humoristes sont les artistes les plus populaires chez nous. Leurs émissions de télé aussi. Ils ont leur École nationale et leur académie, Les Olivier.  

Guy A. Lepage est classé par L’Actualité comme l’une des trois personnes les plus influentes au Québec. Nulle surprise qu’il ait un fou du « roi » pour l’assister.  

Pendant 15 ans, on nous répétait que c’était Dieu (donc Chapleau !) qui avait créé Laflaque.  

Au fond, ils ont tant de pouvoir qu’on se demande si Guy Nantel n’en aurait pas plus à continuer de faire des spectacles.  

Surtout que l’humour, même intelligent, ne peut générer une politique digne de ce nom. Et la dernière fois qu’un chef de parti a misé sur l’humour, Jean-François Lisée, l’échec a été décapant. #sérieusement.  

Chef, chef, chef  

Revenons à notre question : pourquoi vouloir devenir chef tout de suite ? Jadis, on trouvait nécessaire de faire ses classes en politique avant de penser diriger un parti.  

Aujourd’hui, une sorte d’individualisme impatient conduit un nombre croissant de personnages sans réelle expérience à vouloir se hisser en premier lieu à la tête d’une formation.  

Mélanie Joly n’avait aucune expérience politique avant de créer son propre parti et briguer le poste de maire de Montréal.  

Dans un catapultage s’y apparentant, son ancien comparse Paul St-Pierre Plamondon a tenté sa chance au PQ.  

Marwah Rizqy a certes un talent politique exceptionnel, mais elle n’était députée que depuis quelques jours lorsqu’elle s’annonça en réflexion pour la chefferie du PLQ !  

Je pourrais aussi parler d’Alexandre Taillefer, jamais élu, qui a sérieusement songé à tenter sa chance comme chef des rouges.  

Votre hypothèse, quelle est-elle ? Sans blague.