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Exploitation sexuelle à Québec: des victimes d’âge prépubère

Le chef du Service de police de la Ville de Québec, Robert Pigeon
Photo d'archives Stevens LeBlanc Le chef du Service de police de la Ville de Québec, Robert Pigeon

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Le chef de police de Québec a levé le voile sur un aspect sombre de l’exploitation sexuelle à Québec: certaines victimes sont aussi jeunes que 10 ou 11 ans. 

«Les victimes sont de tous les âges. Quand on parle de prostitution juvénile, on parle de prépubères.» 

Le chef Robert Pigeon, qui prenait part à un comité plénier sur son service dans le cadre de l’étude du budget, a par la suite ajusté ses propos, précisant qu’il n’y a pas de victime à Québec qui est dans un réseau de prostitution. «Il y a [cependant] de la détection d’images impliquant de jeunes enfants qui ont été saisies et il y a des gens qui ont été judiciarisés pour ça.» 

Le Service de police de la Ville de Québec (SPVQ) possède une unité sur l’exploitation sexuelle des mineurs. «Ça touche tout l’environnement personnel d’un jeune qui pourrait être exploité sexuellement par un proche ou de façon structurée et organisée», a ajouté M. Pigeon. 

Ainsi, la police est confrontée à des situations où des enfants sont agressés et où ces agressions sont filmées et rendues disponibles à des consommateurs de pornographie juvénile sur le web. Certaines de ces images sont tournées à Québec, a confirmé Gino Lévesque, responsable des enquêtes spécialisées au SPVQ. «Oui, on a des dossiers de cette nature-là. On en détecte.» 

«On a saisi un chalet, l’année passée, qui avait servi à faire de la production de pornographie juvénile à Stoneham.» Le chef a en tête au moins deux autres petites victimes qui ont récemment été secourues des griffes de criminels qui les exploitaient sexuellement.  

«Il y a des consommateurs de ce genre d’images là. Il y a des échanges entre eux. Certaines viennent d’autres pays. D’autres sont filmées plus localement.» 

Le chef a salué les efforts de ses équipes. «Les efforts du SVPQ [sont importants]. On a détecté de jeunes victimes avant même qu’elles ne portent plainte. On a été capable de sortir des enfants d’entre les mains de proxénètes parce qu’on a des systèmes qui sont efficaces. On est présents sur le web, on a des informateurs.» L’objectif est de sortir les petites victimes qui sont «sous le joug et [qui] se font exploiter».  

Robert Pigeon veut que les consommateurs de pornographie juvénile sachent que les enquêteurs du SPVQ sont en ligne, à la recherche de consommateurs, de producteurs et de distributeurs de ce genre de contenu. Les policiers se font même passer pour des mineurs pour les détecter. «Il faut qu’ils arrêtent. On veut qu’ils aient peur [de se faire prendre].» 

Il est même arrivé qu’un enquêteur ait reconnu sur des images pédopornographiques des lieux qu’il avait déjà perquisitionnés à Québec pour un cas de possession de matériel illégal. Il a pu conclure que l’individu déjà accusé avait aussi produit des images chez lui. «Ainsi, on peut retracer la victime. Est-ce que c’est une nièce, un enfant de la famille ou du voisinage? On peut ensuite les retracer.»  

Car les enfants ne portent pas plainte. Ils sont sous l’emprise d’une «espèce de gourou», dit le chef. 

M. Pigeon a indiqué qu’au SPVQ, une équipe intégrée de lutte au proxénétisme est aussi affectée spécifiquement à combattre la prostitution. Cette lutte se fait en partenariat avec le Service de police de la Ville de Montréal et la Sûreté du Québec. Les membres de cette équipe «sont dédiés à temps plein au proxénétisme», a expliqué M. Pigeon.