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PLQ : Ne jouez pas dans le film de la CAQ

Bousculé par la CAQ sur le terrain du nationalisme, le PLQ fait aujourd’hui face à sa possible disparition.

PLQ : Ne jouez pas dans le film de la CAQ
Photo Agence QMI, Mario Beauregard

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Au conseil général du Parti libéral du Québec qui se tenait à Sherbrooke la fin de semaine dernière, les discussions allaient bon train dans les corridors. L’entrée officielle d’Alexandre Cusson dans la course à la chefferie a dynamisé les troupes et déjà, les factions se dessinent. 

D’un côté, les militants qui appuient Dominique Anglade ont commencé leur campagne depuis plusieurs mois. De l’autre, l’équipe de Cusson qui se met en branle tout doucement. 

Survivre à tout prix 

Une course à la chefferie, ce n’est jamais une occasion d’unifier un parti. Tous les membres qui souhaitent voter vont devoir, éventuellement, choisir leur clan. 

Le PLQ est à peine remis de la dernière course à la chefferie que le maraudage reprend. On se souviendra que la course de 2013 a été provoquée par le départ de Jean Charest après la défaite électorale de 2012.  

Chez les candidats, on retrouvait Philippe Couillard, Pierre Moreau et Raymond Bachand. Pour la diversité, on repassera. 

Le contexte de la course de 2020 est tout autre. En 2012, le PLQ avait obtenu 50 sièges (contre 54 pour le PQ) et seulement 30 000 voix séparaient les deux formations. Aujourd’hui, le PLQ atteint un plancher quasi historique avec ses 31 sièges à l’Assemblée et ses députés sont confinés dans la grande région de Montréal.  

Bousculé par la CAQ sur le terrain du nationalisme, le PLQ fait aujourd’hui face à sa possible disparition.  

Pour les libéraux, l’heure est grave. Tellement que les candidats intéressés à relancer le parti se font rares. On dit qu’Alexandre Cusson s’est fait tirer l’oreille de manière insistante et les actuels élus qui auraient pu envisager de se lancer ont tous renoncé devant l’enthousiasme, l’organisation et la détermination de Dominique Anglade. 

Clivages et pièges en perspective 

Dès son entrée en scène, Alexandre Cusson a voulu montrer qu’il était entouré et appuyé. Il le fallait, puisque sa rivale occupe déjà le terrain depuis plusieurs mois. Madame Anglade a profité de l’été pour faire la tournée des régions et sa notoriété auprès des libéraux est en ce moment beaucoup plus forte que celle de monsieur Cusson. 

Par contre, quand on parle de réseau, le balancier se replace. Alexandre Cusson a été président de l’Union des municipalités du Québec de 2017 à son entrée dans la course à la chefferie, ce qui lui confère un réseau d’influence impressionnant. Les membres de l’UMQ représentent plus de 85% de la population du Québec. Qui plus est, en matière d’organisation électorale et de proximité avec les électeurs, on peut difficilement faire mieux. 

Les membres du PLQ auront des choix difficiles à faire, surtout si d’autres candidats décident d’entrer dans la course. 

À peine sortis des blocs, les deux candidats actuels sont déjà sous la loupe des médias. Alors que la rumeur de sa candidature courait depuis près d’un mois, Alexandre Cusson n’a pas réussi, lors de ses deux points de presse, à énoncer ne serait-ce qu’une seule proposition ou à prendre une seule position claire. Qu’on pense seulement ici au dossier de la laïcité. 

Au moins, madame Anglade avait une réponse à offrir sur cette question. 

Malheureusement, les deux candidats sont rapidement tombés dans le film que leur a scripté la CAQ. Avant même la fin du week-end, les analystes opposaient Montréal et les régions, ruralité et urbanité. On opposait aussi le genre des deux candidats, un homme contre une femme. Enfin, la question de l’origine de madame Anglade a également fait la manchette. 

Or, toutes ces questions ne font que diluer le débat auquel le PLQ doit s’intéresser.  

Quel leader saura proposer pour le parti une vision d’avenir? Une identité renouvelée? Un programme qui le distinguera de la CAQ? Un projet de société qui saura mobiliser tous les Québécois, pas uniquement les libéraux? 

C’est à ces questions que les candidats devront répondre. Ils devront prendre acte du message envoyé par les électeurs, mais ils devront aussi à tout prix éviter de tomber dans le piège qui consisterait à vouloir imiter la recette de la CAQ.