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20 ans de désise et de patente pour Daniel Boucher

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L’exercice a été déchirant. Parce qu’il tenait à lancer un vinyle et que l’espace sur ce support est restreint, Daniel Boucher a dû se contenter de huit chansons sur sa compilation de grands succès qui souligne les vingt ans de la parution de son album Dix mille matins

Forcément, il a donc laissé de côté des titres majeurs de son répertoire. Sur Vingt ans d’une pas pire épopée, pas de trace donc d’Aidez-moi, Deviens-tu c’que t’as voulu ou encore Le vent soufflait mes pellicules. «Ça n’a pas été facile de choisir, mais je voulais faire le tour de mes vingt ans sans m’enfermer dans Dix mille matins», explique Daniel Boucher. 

D’où cette sélection qui couvre tous ses albums, en plus de proposer une nouveauté. 

Refaisons donc le parcours de Daniel Boucher à travers les huit chansons qu’il a sélectionnées pour sa compilation. En ordre chronologique. 

LA DÉSISE (1999)

Premier succès populaire, ce titre autobiographique a lancé la carrière de Boucher. «Si cette toune-là n’était pas arrivée, si je ne l’avais pas reçue par la malle par le grand facteur du cosmos, on ne serait pas en train de se parler aujourd’hui. J’ai été extrêmement chanceux. Je savais, quand je l’ai écrite, qu’elle avait le potentiel de rejoindre du monde, mais je ne savais pas que, vingt ans plus tard, elle serait ce qu’elle est.» 

BOULES À MITES (1999)

Dans cette pièce, Boucher crée le mot «ablazdablouéyaranachouizéyagaouère» et s’imagine marquer un but au Forum aux dépens d’un ex-gardien des Maple Leafs, Mike Palmateer. «Au début de la vingtaine, un soir où j’étais un peu mélancolique, je pensais à mes souvenirs, à mes rêves, à ma jeune vie. De là est sortie Boule à mites.» 

CHEZ NOUS (2001)

Commandé par la Société Saint-Jean-Baptiste pour être distribué dans les écoles, ce texte qui s’est mué en chanson a causé une controverse quand une professeure a refusé de l’enseigner dans son cours de français. «Ç’a été monté en épingle dans les médias. Finalement, on l’a présentée au show de la Saint-Jean en 2001 et on en a profité pour l’enregistrer. En fin de compte, on a réussi à en tirer profit.» 

LA PATENTE (2004)

Cinq ans après son apparition dans le milieu du show-business, Boucher confirme son statut d’incontournable avec la pièce-titre de son second album. «La musique est arrivée pendant que j’étais en studio pour Dix mille matins. J’ai travaillé longtemps là-dessus. C’était le début d’une période où je me mettais à mordre socialement. J’aime comment le texte est placé par rapport à la mélodie. Je trouve qu’il sonne.» 

CHANT D’UN PATRIOTE (2007)

Cette reprise de Félix Leclerc le suit depuis--- le début de sa carrière. «Je l’ai montée avant d’enregistrer Dix mille matins--- pour un autre projet. J’ai tellement eu de fun à la faire que je me suis mis à la jouer dans mon spectacle.» 

LE SOLEIL EST SORTI (2008)

Une pièce résolument optimiste de l’album du même nom, composée dans des circonstances qui ne s’oublient pas. «C’est une toune de printemps. J’étais avec Émile sur le balcon. Il avait trois ou quatre ans. Le riff est arrivé. Je me souviens de l’avoir joué et il m’a dit : c’est bon, papa.» 

EMBARQUES-TU? (2014)

Extrait de l’album Toutte est temporaire, ce titre est construit sur un échantillonnage du vieux groupe québécois Les Karrik. «J’écoutais un de leurs vinyles dans ma maison en Gaspésie, et je suis tombé sur la chanson Je n’ai pas de roses pour ta fête. J’ai samplé le début de la toune, j’ai ajusté la vitesse à mon goût et, en une demi-heure, j’avais la mélodie, un couplet et le refrain.» 

LES GÂTEAUX DE FÊTE (2019)

La petite nouvelle, annonciatrice d’un nouvel album de chansons originales espéré pour le printemps, est née au cours d’un atelier d’écriture sous la gouverne de Gilles Vigneault. «Je partageais un chalet avec Vincent Vallières et, un soir, on avait un devoir : écrire en six pieds. Ma blonde me texte. Un test de grossesse positif. Le lendemain matin, je m’assois avec un café et ça sort : Je regarde le lac. Il est calme, il est bien. Il m’amène à penser. Au cadeau qui s’en vient.» 

Vingt ans d’une pas pire épopée est sur le marché depuis le 22 novembre.