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Dérapages sexuels au bureau: 55 professionnels de la santé radiés

Pas moins de 55 professionnels ont été sanctionnés pour inconduite sexuelle en 30 mois au Québec

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Agressions, propos odieux, manipulations amoureuses : 55 professionnels québécois ont été trouvés coupables ou sanctionnés pour inconduite sexuelle devant leur ordre depuis juin 2017, révèle une compilation du Journal.  

Parmi ceux-ci, un psychologue a facturé leurs ébats sexuels à une patiente, un infirmier a violé une dame en plein examen et un acupuncteur a comparé le fluide vaginal à un « nectar des dieux ».      

Voilà plusieurs années que des ordres professionnels (tels ceux des médecins et des infirmières) clament la « tolérance zéro » en matière d’inconduite sexuelle pour mieux protéger le public. Depuis juin 2017, le Code des professions a même été resserré et impose une radiation minimale de cinq ans.      

« L’inconduite sexuelle est un comportement que la société ne tolère plus », lit-on dans un jugement.      

Liste   

Il n’existe pour l’instant pas de registre permettant aux citoyens de savoir si le professionnel qu’ils consultent a déjà été sanctionné pour de tels gestes (à lire demain). La diffusion des décisions des ordres est inégale d’un à l’autre. Voilà pourquoi nous en avons fait la liste que nous vous présentons ici.     

Au cours des derniers mois, Le Journal a passé des dizaines d’heures à compiler ces décisions pour dresser un portrait précis. Depuis juin 2017, 55 professionnels ont été reconnus coupables ou sanctionnés devant leur ordre respectif. La majorité (80 %) est constituée d’hommes.      

À noter que nous avons compilé les cas d’inconduite sexuelle traités par les ordres. Il ne s’agit pas d’accusations criminelles. Les infractions reprochées vont de relation inappropriée et de propos déplacés jusqu’à l’agression, montrent les jugements.     

Pensée magique  

« Certains ont une forme de compulsivité sexuelle, une dépendance, dit le psychologue et sexologue Marc Ravart, spécialiste du sujet. Il y en a qui ont la pensée magique que c’est consentant, que ça va passer inaperçu. Ils sont estomaqués quand ils se font prendre. »      

À eux seuls, les médecins, psychologues et infirmières représentent 64 % des cas. La nature même de ces soins et la proximité physique expliquent ce résultat.      

Patients plus à risque  

Dans certains domaines, comme la psychologie, les gestes abusifs rendent les patients encore plus à risque.      

« On sait que les clients nous consultent dans un état de vulnérabilité, dit M. Ravart. Quand les professionnels abusent, c’est encore plus catastrophique. »      

Parmi les pires cas que nous avons compilés, des professionnels ont vu leur permis être révoqué à vie. Certains ont été condamnés pour agressions sexuelles au criminel, et ont purgé des peines d’emprisonnement. Dans quelques cas, les patients abusés étaient mineurs.      

À l’opposé, une part des professionnels ont été sanctionnés après avoir développé une relation de couple avec un patient ou un ex-patient. À noter que même si le patient consent, le Code considère qu’il s’agit d’un abus et, donc, d’une inconduite sexuelle.      

La majorité de ces histoires amoureuses ne connaissent pas une fin heureuse.      

« Une fois que c’est commencé, c’est trop tard, dit M. Ravart. Ça finit généralement mal. »      

Plus de cas à venir ?  

Les témoignages des victimes (surtout des femmes) illustrent à quel point ces gestes peuvent être dévastateurs sur leur vie (à lire lundi). Plusieurs réclament ainsi plus d’aide psychologique.     

« Tout au long de l’examen, j’étais sous le choc, a témoigné une plaignante. J’ai beaucoup de honte envers mon corps, je me sens sale. »      

Au Collège des médecins du Québec (CMQ), on s’attend à ce que le nombre de plaintes augmente dans le futur, notamment parce que les victimes dénoncent plus.     

« On peut espérer se rapprocher davantage de la réalité, dépasser la pointe de l’iceberg », dit le Dr Yves Robert, secrétaire du CMQ.      

Il rappelle qu’il n’y a pas de délai de prescription dans ces dossiers.      

« On veut vous entendre, jure-t-il. N’hésitez pas à déclarer, et on va vous croire. »      

*L’identité des victimes est protégée par une ordonnance de non-publication.   

Professionnels coupables d’inconduite sexuelle*  

55 professionnels reconnus coupables d’inconduite sexuelle dont 35 sont des médecins, infirmières ou psychologues          

  • 44 sont des hommes (80 %)     
  • 11 sont des femmes (20 %)      
  • 28 ont eu une radiation de 5 ans ou plus     
  • 25 ont eu moins de 5 ans (47 %)      
  • 2 sont en attente de leur sanction           
*Depuis juin 2017, trouvés coupables ou sanctionnés  

Au Québec, il existe...  

46 ordres professionnels qui représentent 395 000 membres     

Encore bien des sanctions sont clémentes  

Près de la moitié des professionnels ont eu une radiation plus courte que les cinq ans minimum imposés pour inconduite sexuelle, montre la compilation du Journal.     

Des 53 sanctions rendues depuis juin 2017, 25 professionnels (47 %) ont été radiés moins de cinq ans.      

Parmi eux, l’infirmier auxiliaire Blaise Osler a été radié 18 mois pour avoir agressé une collègue, et le psychologue Mario Thibodeau a été sanctionné 10 mois pour avoir proposé à une patiente de 16 ans de l’initier à la sexualité.      

« Le Québec, ce n’est pas le royaume de la sévérité, pas le royaume du tough on crime, réagit l’avocat Marc Bellemare, qui défend des victimes. On a tendance à être extrêmement compréhensifs. »     

Mieux tout de même  

En fait, le Code des professions impose une radiation minimale de cinq ans, à moins que le professionnel convainque le conseil de discipline qu’il mérite une sanction plus courte.      

« Chaque cas a ses particularités, répond la présidente en chef du Bureau des présidents des conseils de discipline, Marie-Josée Corriveau. Les conseils de discipline doivent individualiser les circonstances de chaque dossier pour déterminer la sanction appropriée. »      

Selon un avocat spécialisé dans la question, l’imposition d’une radiation de cinq ans a néanmoins donné un sérieux coup de barre. Avant 2017, elles étaient de l’ordre de « quatre à six mois ».      

« Globalement, les sanctions ont été nettement rehaussées [depuis] », dit Me Marco Laverdière, enseignant et chercheur associé en droit et politiques de la santé à l’Université de Montréal et à l’Université de Sherbrooke.      

Protection du public  

« Il y a une réticence à empêcher les gens de gagner leur vie, ça joue quand même beaucoup. La finalité d’une loi professionnelle, c’est la protection du public. »      

Depuis 2017, plusieurs accusés ont plaidé que leurs gestes avaient été posés avant la réforme, et que les nouvelles sanctions ne s’appliquaient pas.      

Par ailleurs, Me Bellemare ne cache pas qu’il voudrait voir des sanctions plus sévères.      

« [Le professionnel] n’est pas privé de sa liberté, il continue à respirer. Ce n’est pas une peine comme cinq ans de prison. »      

Découragement   

De son côté, Me Laverdière craint que la sanction minimale de cinq ans décourage les professionnels à plaider coupable, et complique la tâche du syndic.      

« Plus la sanction est élevée, moins il y a d’incitatifs à plaider coupable, dit-il. [...] Quand il n’y a pas de plaidoyer, il faut faire témoigner la victime. »      

55 cas en deux ans et demi  

Cinquante-cinq professionnels ont été reconnus coupables ou sanctionnés pour inconduite sexuelle devant leur ordre professionnel depuis juin 2017, a recensé Le Journal, incluant les décisions en appel au Tribunal des professions.   

Voici la liste exhaustive des jugements rendus.   

La gravité des cas est très variable : certains ont agressé des patientes, alors que d’autres ont eu des relations consentantes avec elles ou des relations amoureuses. Or, il est interdit aux professionnels d’entretenir de tels liens.   

Nous avons compilé ici les sanctions disciplinaires, et non pas les accusations criminelles. Toutefois, les ordres lancent généralement leur propre enquête à la suite d’un verdict de culpabilité au criminel et vice-versa.   

 

Avertissement aux lecteurs  

Certains détails rapportés ici sont explicites, la lecture peut en être difficile. Soyez-en avertis.  

 

Un doc a fait 18 victimes dans son cabinet  

L’ancien médecin de famille Jean-François Rancourt a été trouvé coupable d’avoir agressé 18 femmes. Il a été radié de façon permanente, en janvier.
Photo d'archives, Pierre-Paul Poulin
L’ancien médecin de famille Jean-François Rancourt a été trouvé coupable d’avoir agressé 18 femmes. Il a été radié de façon permanente, en janvier.

Un omnipraticien a agressé 18 victimes dans son cabinet de Montmagny, dans Chaudière-Appalaches, notamment des femmes enceintes. Il a été radié à vie, en janvier.    

« Mais qu’est-ce qu’il fait à l’intérieur de ma bobette ? Ça n’avait pas de bon sens », avait raconté une patiente, dont l’identité est protégée.    

En mai 2017, Jean-François Rancourt avait d’abord plaidé coupable d’inconduite sexuelle pour avoir mis un doigt dans le vagin d’une patiente, qui le consultait pour des douleurs au dos.     

Doigt dans le vagin   

« Ma main est arrivée assez rapidement sur le devant de sa vulve dans sa culotte. Un de mes doigts, je ne sais même pas lequel, est entré dans son vagin. Ça a duré je ne sais pas combien de temps », avait-il avoué lors de l’audition de la plainte.    

Or, après la parution d’un article dans Le Journal, plusieurs autres femmes ont déposé des plaintes de nature sexuelle au Collège des médecins.     

Onze chefs d’infraction d’inconduite sexuelle sur sept patientes, âgées de 20 à 40 ans, ont été déposés. Plusieurs femmes étaient suivies pour une grossesse.     

« Lors de l’écoute du cœur du bébé, Mme C. sent la main droite non gantée de l’intimé glisser vers son pubis. Sa main gauche tient l’appareil qui sert à l’écoute du cœur », lit-on dans le jugement.     

La plupart des reproches consistaient en des touchers inappropriés dans les parties intimes, sans raison médicale.     

« Leur témoignage prouve qu’elles ont été chacune victimes d’actes prémédités, aucunement accidentels où l’intimé touche leur partie génitale pendant plusieurs minutes », indique le jugement.     

Amende de 35 000 $  

Rancourt a été radié de façon permanente, la sanction la plus sévère, en plus d’une amende de 35 000 $.     

Dans le jugement, le syndic a plaidé que Rancourt a « causé des conséquences dévastatrices et des marques indélébiles à ses patientes ».     

Parallèlement, le médecin a été accusé au criminel. Après le processus judiciaire, il a été condamné à deux ans de prison.     

Jean-François Rancourt exerçait depuis 1985.     

« Il faut que je te reparte à zéro dans ta sexualité »  

Le psychologue Ronald Côté a plaidé coupable.
Photo d'archives, Chantal Poirier
Le psychologue Ronald Côté a plaidé coupable.

Un psychologue est radié à vie pour avoir facturé les séances de relations sexuelles à une patiente vulnérable, durant près de 10 ans.    

Cabinet, chalet, résidence : les ébats amoureux imposés par Ronald Côté se sont déroulés un peu partout, entre 2003 et 2013.     

Sévices en enfance  

Au départ, la patiente qui avait 40 ans le consultait pour des problématiques sexuelles en lien avec des sévices subis par son père durant son enfance.     

Après six mois de thérapie, l’intimé qui pratiquait depuis 1983 lui a dit : « Vu que ton problème est sexuel, il faut que je te reparte à zéro dans ta sexualité », lit-on dans le jugement.     

Ainsi, il lui a imposé des séances sexuelles dans une thérapie appelée « éveil du corps », et lui avait fait signer un formulaire de consentement.     

Même s’ils couchaient ensemble, Côté facturait les séances sexuelles à sa patiente.     

Aux séances en jupe  

« Il lui demande de se présenter aux séances en jupe ou en robe sans porter de sous-vêtements afin qu’il puisse la toucher comme le faisait son père. Il lui explique qu’étant donné que son père ne l’a jamais pénétrée, il est important d’inclure la pénétration dans la thérapie, car cet acte sexuel ne suscite aucun dégoût chez elle », explique le jugement.       

Garder le secret  

Par ailleurs, Côté a demandé à sa patiente de garder le secret sur la nature de sa thérapie. Malgré l’insistance du psychologue, la femme a réussi à mettre fin à la thérapie.     

À l’audience, Côté, 62 ans, n’a montré aucune empathie envers la victime et a dit avoir mis fin à sa carrière.     

Il abuse de patientes en psychiatrie  

Marouane Jerraf a été trouvé coupable d’avoir eu des relations sexuelles avec quatre patientes, devant le Conseil de discipline de l’Ordre des infirmières et infirmiers du Québec. Elles étaient toutes vulnérables, et suivies en psychiatrie.
Photo d'archives, Chantal Poirier
Marouane Jerraf a été trouvé coupable d’avoir eu des relations sexuelles avec quatre patientes, devant le Conseil de discipline de l’Ordre des infirmières et infirmiers du Québec. Elles étaient toutes vulnérables, et suivies en psychiatrie.

Un infirmier montréalais a abusé de six patientes suivies en psychiatrie, et a eu des relations sexuelles avec quatre d’entre elles.    

« Ils ont des relations sexuelles. Elles ont toutes eu lieu dans la chambre de la cliente. Les relations sont silencieuses, l’intimé lui demandant de ne pas faire de bruit », lit-on dans le jugement.     

Trois patientes en psychiatrie de l’hôpital Notre-Dame et trois autres du pavillon Albert-Prévost, à Montréal, ont été victimes de Marouane Jerraf.     

Elles étaient âgées dans la vingtaine et la trentaine au moment des faits, entre 2012 et 2016.    

En novembre 2016, l’infirmier a été radié provisoirement par l’Ordre pour ces accusations.     

M. Jerraf avait tout nié. On lui reproche notamment d’avoir couché avec quatre patientes, dont une chez elle, et d’en avoir embrassé une autre dans les toilettes de l’hôpital.     

Il dénigre les victimes  

Selon la preuve, M. Jerraf aurait dit à une d’elles : « Tu es mon genre. Tu me plais. Est-ce qu’on peut devenir des petits amis ? »    

Durant les audiences, M. Jerraf a nié les allégations en bloc, et avait dit que plusieurs des patientes impliquées « sont des manipulatrices » et que leurs témoignages ne sont « pas cohérents, sont contradictoires et mensongers ».     

Or, le conseil de discipline a cru la version des patientes, qualifiées de vulnérables.     

« L’intimé a tiré profit du manque d’inhibition et de contrôle de leurs pulsions sexuelles de certaines de ces clientes », lit-on.     

Le Conseil de discipline de l’Ordre des infirmières et infirmiers du Québec n’a pas mâché ses mots à l’égard de l’accusé, qualifiant ses gestes « d’odieux ». Son permis a été révoqué à vie.     

D’abord agressée, puis menacée   

Un physiothérapeute a abusé d’une patiente blessée et l’a menacée que son corps serait jeté « quelque part » si elle le dénonçait.    

La jeune femme consultait pour une blessure sportive, en 2013.     

Rapidement, Nicola La Monaca a commencé à soulever ses vêtements pour regarder ses organes génitaux, et a même utilisé un objet vibrant pour stimuler son clitoris.     

« Il place sa main sur le pubis de la cliente et il touche son clitoris avec ses doigts. Il écarte aussi ses fesses avec sa main qu’il glisse vers ses organes génitaux. Il lui dit qu’elle n’est même pas mouillée », indique le jugement.     

Coup de poing   

Mal à l’aise, la patiente a même demandé au professionnel de cesser ses attouchements.     

« Monsieur La Monaca se fâche alors et donne un coup de poing », lit-on.     

Il l’a aussi menacée en « mimant une fermeture éclair sur ses lèvres qu’il barre avec une clé imaginaire ».    

Selon le jugement, il lui a aussi dit que « les travailleurs de la construction qui se trouvent à l’extérieur de la clinique pourraient couvrir son corps d’une couverture, le mettre dans un chariot et le jeter quelque part ».     

Apeurée   

Honteuse et humiliée, la dame a témoigné avoir continué les traitements pendant plus d’un an parce qu’elle avait « peur de lui ».     

Par ailleurs, M. La Monaca a aussi abusé d’une enquêtrice embauchée par son ordre pour aller valider les allégations. Il a été radié sept ans.    

Violée sur la table d’examen  

  

L’ex-infirmier Marc Voisine a violé la patiente qui le consultait au dispensaire de l’île d’Anticosti. Son permis a été révoqué.
Photo tirée de Facebook
L’ex-infirmier Marc Voisine a violé la patiente qui le consultait au dispensaire de l’île d’Anticosti. Son permis a été révoqué.

Prisonnière d’une table d’examen, une patiente a été violée par son infirmier, qui l’a ensuite menacée.    

La patiente avait consulté l’infirmier Marc Voisine au dispensaire de Port-Menier, sur l’île d’Anticosti, en février 2017.     

Le professionnel a relevé son chandail et a détaché son soutien-gorge pour écouter ses poumons, lit-on dans le jugement. Ensuite, il « tâte ses seins », a expliqué la patiente devant l’Ordre des infirmières et infirmiers du Québec.     

Talons dans les étriers  

Cinq jours plus tard, son état s’est détérioré et elle est retournée voir M. Voisine, puisqu’il n’y a pas d’autre employé dans la clinique de Port-Menier, un secteur de 220 habitants à L’Île-d’Anticosti, sur la Côte-Nord.     

Après l’avoir fait déshabiller sans lui offrir de jaquette, il lui a demandé de placer ses talons dans les étriers, lit-on dans le jugement.    

« Il passe son doigt dans son vagin. Son visage est alors entre ses deux jambes près de son vagin », indique-t-on.     

Coincée dans les étriers, la patiente « savait alors ce qui allait se passer », écrit le Conseil de discipline.     

« M. Voisine baisse son pantalon et met son pénis dans son vagin. Il viole ensuite Mme X », poursuit-on. L’agression a duré cinq minutes et M. Voisine est ensuite parti « les culottes baissées », vers un autre bureau, lit-on.    

Après avoir réussi à s’extirper des étriers, la patiente a croisé à nouveau l’infirmier.     

« Va chier »  

« Il dit à Mme X “de fermer sa gueule”. Elle lui répond : “Va chier”. »    

Honteuse, la femme n’est pas retournée au dispensaire pour obtenir des soins comme prévu, durant des semaines. Après avoir finalement dénoncé son viol auprès d’un autre infirmier, celui-ci a porté plainte.     

Quelques jours plus tard, la patiente a croisé à nouveau Voisine sur sa rue.     

« Tu fermes ta gueule, moi je suis un Voisine et j’ai de l’argent », lui a dit celui qui est le frère du chanteur Roch Voisine.     

En plus du viol, la patiente s’est fait traiter de pute et s’est fait battre par des résidents de Port-Menier, lit-on.     

M. Voisine a été congédié. Au moment de remettre ses clés, il était « sans émotion », souligne le Conseil. Son permis a été révoqué à vie.     

Une plainte a été déposée à la police, mais aucune accusation n’a été déposée.     

Par courriel, l’avocat de M. Voisine a répondu que celui-ci nie les faits et qu’il ne s’est pas présenté aux audiences parce qu’il souffrait de problèmes mentaux. Voisine étudie présentement les options judiciaires.    

« Jaloux du bonheur des hommes »  

Photo courtoisie

  

Jean-David Gaudreau*    

  • Médecin à Québec   
  • Radiation de 7 ans      

Sorties dans un bar, cadeaux, voyage aux États-Unis, jeux de rôle sexuels : le docteur en a fait voir de toutes les couleurs à une ex-patiente durant 16 mois.    

Au début de la relation, il a dit à la femme qu’elle avait un trouble de l’attachement et que sa relation avec son conjoint de l’époque était « vouée à l’échec ». Il a aussi tenté de la convaincre de laisser son conjoint.   

Dans une lettre, la patiente a confié au médecin qu’elle avait des sentiments pour lui. Quelques jours plus tard, ils se sont retrouvés dans un bar, puis dans une chambre d’hôtel où ils ont eu des « contacts sexuels ».    

Quelques mois plus tard, elle a recontacté le psychiatre, et ils ont commencé une relation de quelques mois.   

« La patiente relate que l’intimé lui a dit qu’elle “ne serait rien sans lui”, car elle lui doit tout. Il dit l’aimer et se choque souvent parce qu’elle refuse ses demandes d’affection et de relations sexuelles », indique le jugement.    

D’ailleurs, le médecin lui aurait avoué être jaloux des autres.    

« Étant donné qu’il s’est fait abandonner par sa mère, il n’accepte pas que les hommes aient accès au “bonheur” qu’il n’a jamais eu. C’est pour cette raison qu’il essaye de convaincre ses patientes que leur couple est voué à l’échec », lit-on.   

La patiente a eu des problèmes à la suite de cette rupture, et a dû prendre des antidépresseurs.   

Fellations d’une patiente  

Jean-Claude Tremblay   

  • Infirmier auxiliaire   
  • Radiation de 7 ans      

L’infirmier auxiliaire a caressé les seins de deux patientes atteintes de déficience intellectuelle, et a obtenu des fellations de l’une d’elles, dans un institut psychiatrique, en 2016 et 2017.   

Travaillant à l’Institut universitaire en santé mentale Douglas à Montréal, M. Tremblay a profité de « l’état de désinhibition de patientes ayant des problèmes de santé mentale ».   

Il a plaidé coupable, mais n’avait pas réellement de regrets, selon le jugement.   

Inconduite sexuelle   

Le Dr X   

  • Médecin    
  • Radiation de 6 ans      

Il y a un huis clos intégral sur le jugement qui empêche Le Journal de publier ce qui s’est passé puisque des démarches judiciaires criminelles sont en cours.   

Doigts dans le vagin  

Photo courtoisie

  

Maher Elsayed   

  • Physiothérapeute   
  • Radiation de 7 ans       

Le physiothérapeute a fait plusieurs gestes sexuels déplacés à l’endroit de deux patientes.   

Lors d’un traitement en août 2016, M. Elsayed a inséré des doigts dans l’anus et le vagin de la femme, qui lui a demandé de cesser. Puis, elle a découvert que l’homme « à cheval sur ses fesses » était nu et en érection.    

Lors d’un événement de massages en septembre 2016, une autre femme s’est plainte de gestes sexuels déplacés de M. Elsayed. Celle-ci a porté plainte à son ordre.   

Physiothérapeute depuis janvier 2016, l’homme de 34 ans a été radié provisoirement dès octobre 2016. Par ailleurs, M. Elsayed a été déclaré coupable d’agression sexuelle au criminel, sur quatre patientes, en mai 2019. Or, il ne s’est pas présenté au procès, et disait être à Dubaï.   

Une enquêtrice victime  

Edgar Tobon   

  • Physiothérapeute à Montréal   
  • Radiation de 6 ans      

Un physiothérapeute a fait des gestes déplacés contre deux patientes, dont une enquêtrice embauchée par son ordre.    

L’enquête a débuté après l’appel d’une patiente, qui se plaignait que le physiothérapeute ait massé son anus avec ses jointures, en février 2018.   

Le syndic de l’Ordre professionnel de la physiothérapie du Québec a mandaté une enquêtrice pour valider les faits. Au deuxième rendez-vous, l’homme a touché ses parties génitales. L’Ordre a obtenu une radiation provisoire pour protéger le public, en avril 2018.   

« Obsédé sexuel »  

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Laval Claveau   

  • Médecin à Saguenay   
  • Radiation de 5 ans      

S’avouant « obsédé sexuel », le Dr Claveau a embrassé les seins de deux patientes vulnérables, suivies pour des problèmes psychiatriques.    

Dans une lettre, le docteur a dit avoir posé un geste « stupide, ignoble, irréfléchi ».   

Il a aussi été condamné à purger deux ans de prison dans la communauté pour des agressions sexuelles sur quatre patientes, en février dernier.   

Massage à une jeune patiente  

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Nareg Apelian   

  • Dentiste à Montréal   
  • Radiation de 2 ans       

Le dentiste qui travaillait à la clinique dentaire de l’Université McGill a touché les seins d’une étudiante de 21 ans et l’a massée, en 2016.    

Lors d’un rendez-vous à sa clinique où il n’y avait personne, il lui a fait un massage « sous son chandail », a dit la patiente, qui a juré s’être fait toucher les seins.   

D’ailleurs, la jeune femme « se met à avoir peur en réalisant que la porte est verrouillée », lit-on dans un jugement.    

Après le massage, qui a duré environ une heure, selon l’étudiante, celle-ci a prétexté un cours pour partir. M. Apelian a refusé qu’elle paie, et lui a plutôt demandé d’apporter une bouteille de vin la prochaine fois, lit-on.   

Elle a porté plainte à la police, mais on lui a répondu que le délai était dépassé pour une poursuite sommaire.   

DVD sur la fellation  

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Léo Bernier   

  • Travailleur social à Victoriaville   
  • Radiation de 5 ans      

D’abord radié deux ans pour avoir massé les seins d’une patiente en 2015, M. Bernier a finalement été radié cinq ans après avoir porté la cause en appel, en 2018.   

Œuvrant auprès d’une femme souffrant de problèmes de santé mentale en 2010, M. Bernier avait fait des massages à la patiente, y compris aux seins. Il lui avait aussi prêté un DVD appelé « sexualité » (dont il était l’auteur), traitant de fellation, de sodomie, etc.    

On lui a imposé une limitation permanente qui l’empêche de travailler auprès de la clientèle féminine.   

Il sort nu de la salle de bain  

Gabriel Cloutier   

  • Infirmier   
  • Radiation de 5 ans      

Une patiente a été surprise par son infirmier nu, alors qu’elle subissait des tests médicaux à son domicile, en 2014.    

Après avoir appris que la dame était récemment sortie d’une relation abusive avec son ex-conjoint, M. Cloutier est allé à la salle de bain.   

En ressortant, il était « totalement dévêtu en lui souhaitant bonne fête », lit-on. Malgré le choc de la patiente qui lui a demandé de se rhabiller, il lui a suggéré d’avoir une relation sexuelle « pour avoir du plaisir ».   

Malgré une plainte à la police, aucune accusation criminelle n’a été déposée, indique le jugement.   

Un « grand frère » abuseur  

Photo courtoisie

Marc Potvin   

  • Travailleur social en Outaouais   
  • Radiation de 5 ans      

La victime est un adolescent de 14 ans qui consultait Potvin pour apprendre à gérer sa colère. Le travailleur social agissait à titre de « grand frère ».    

En 2017, Potvin a touché les cuisses et le pénis du garçon à travers son maillot de bain alors qu’ils étaient dans un spa.   

Pendant que l’adolescent jouait aux jeux vidéo, il a aussi mis la main dans son pantalon et a frôlé son pénis. Le jeune l’a ensuite dénoncé à la police et Potvin a été condamné à 90 jours de prison. Il a dû s’inscrire au registre des délinquants sexuels pour 10 ans, lit-on dans un jugement.    

Des massages aux fesses   

Paolo Oliveira   

  • Physiothérapeute   
  • Radiation de 5 ans      

Trois victimes de M. Oliveira ont subi des massages aux fesses, et ont témoigné qu’elles devaient se dévêtir, en 2014.   

« C’est M. Oliveira qui descendait son pantalon et sa culotte [de la victime] graduellement, au fil des traitements : au début des fesses, à la mi-fesse, sous la fesse, puis jusqu’aux genoux », lit-on dans le jugement.   

Amoureuse du physiothérapeute, une d’elles a même eu une relation sexuelle avec lui sur la table de traitement.    

Par texto, le trentenaire lui a aussi demandé de faire un ménage à trois.   

Images pornographiques  

Marc Letellier   

  • Infirmier à Saint-Jean-sur-Richelieu   
  • Radiation de 3 ans      

Reconnu coupable en 2017 d’avoir détenu près de 40 000 images de pornographie juvénile, l’infirmier français, qui avait travaillé au Québec, a été condamné à un an de prison en France.    

De 2013 à 2016, il a travaillé au Québec auprès des personnes âgées. En raison de son verdict de culpabilité en France, il a été radié trois ans par son ordre au Québec, où il est interdit de pratique auprès de mineurs.    

« Les gestes posés par l’intimé sont hautement répréhensibles, aux antipodes de ce que le public s’attend du comportement d’un infirmier », dit le jugement.   

« Seins parfaits »  

Photo courtoisie

Oussaid Saidoun   

  • Infirmier à Montréal   
  • Radiation de 5 ans      

Après avoir nié les faits, l’infirmier a été reconnu coupable d’avoir caressé le sein d’une patiente pendant qu’il lui faisait un pansement près de la poitrine.   

M. Saidoun « met une main sur sa cuisse, flatte son ventre, porte sa main à son sein gauche en lui disant qu’ils ne sont pas gros, ils sont parfaits », lit-on dans un jugement.   

Il lui a aussi dit qu’il avait « une belle vue », après qu’elle eut soulevé son chandail pour obtenir un soin.    

C’est la patiente qui l’a dénoncé.   

Agression sur une collègue  

Osler Blaise   

  • Infirmier auxiliaire   
  • Radiation de 18 mois      

L’infirmier auxiliaire a été reconnu coupable au criminel d’une agression sexuelle sur une collègue, en l’embrassant de force pendant sa pause. La victime travaillait avec lui dans un CHSLD.   

Après avoir complimenté la victime, Blaise lui a donné une tape sur les fesses. Le lendemain, alors qu’elle était assise dans un fauteuil inclinable durant sa pause, il s’est étendu sur elle avant de l’embrasser. Elle l’a repoussé.   

Après la condamnation de 30 jours de détention au criminel en 2017, son ordre a ouvert un dossier. Blaise a été radié 18 mois, malgré le fait que le syndic avait demandé une radiation de cinq ans. La Cour criminelle l’a aussi déclaré délinquant sexuel pour 20 ans, lit-on dans un document.   

« Une aventure de sens »  

Photo courtoisie

Steven Monette   

  • Médecin en Estrie   
  • Radiation de 17 mois       

Le médecin de famille a eu une relation sexuelle non protégée sur la table d’examen de son bureau avec une patiente, en 2014.   

La dame a dit être restée figée et avoir été victime de viol, selon le jugement. Or, le Conseil de discipline du Conseil des médecins a mis en doute le témoignage de la femme. Bien qu’il s’est dit désolé, le Dr Monette a écrit à la patiente avoir vécu une « aventure des sens » qu’il n’oubliera jamais.    

Fait rare , le Dr Monette avait été reconnu coupable en août 2018. Or, la sanction est tombée en octobre dernier, soit plus d’un an plus tard. Durant tout ce temps, il a pu continuer à pratiquer.    

Il a embrassé une athlète mineure  

René Bellemare   

  • Infirmier en Abitibi    
  • Radiation de 3 ans      

Entraîneur en haltérophilie, René Bellemare a été reconnu coupable au criminel d’avoir embrassé sur la bouche une mineure de moins de 16 ans à deux reprises en Abitibi.   

« Il a les yeux fermés alors que ceux de la jeune [femme] restent ouverts. Elle demeure figée. Elle retourne ensuite à l’entraînement et n’en parle à personne », explique le jugement.   

En 2018, il a été condamné à 30 jours de prison à domicile. Devant ces faits, l’Ordre des infirmières et des infirmiers l’a radié provisoirement en 2018.   

Bellemare agissait aussi comme professeur et superviseur de stage en soins infirmiers. Des étudiantes l’ont dénoncé, parlant de lui comme quelqu’un de « collant, trop familier même envahissant allant jusqu’à le comparer à un oncle qui nous aime trop ».   

En août 2018, il a été trouvé coupable de propos inappropriés, et sera radié sept mois s’il se réinscrit à l’Ordre après sa radiation de trois ans.   

« Un faible pour lui »  

Caroline Grenon   

  • Infirmière à Montréal   
  • Radiation de 5 ans      

Une infirmière a développé une relation amoureuse avec un ex-patient vulnérable, et l’a même invité à venir vivre chez elle.    

Schizophrène et suicidaire, le patient de 27 ans entendait des voix et craignait de tuer quelqu’un « à l’extérieur ».   

Après son départ de l’Institut Philippe-Pinel à Montréal en 2016, Mme Grenon était anxieuse et croyait « qu’il avait du potentiel de faire de quoi de bon ».   

En 2017, le patient a été libéré et est allé vivre chez Mme Grenon. Mal à l’aise, des collègues de l’infirmière l’ont dénoncée. Selon l’avocat de Mme Grenon, celle-ci n’est plus inscrite comme infirmière.   

Parties génitales en photo  

Photo courtoisie

Craig Smith   

  • Médecin à Montréal   
  • Radiation de 3 ans      

Cet omnipraticien a reconnu avoir photographié les parties génitales d’une patiente, à son insu, et d’avoir tenté de prendre des photos des seins d’une autre dame avec son cellulaire.   

Bien que sous le choc, la patiente l’a confronté avant de le dénoncer.   

Le Dr Smith s’est avoué « dégoûté », et a admis avoir eu « honte de ce [qu’il a] fait », a-t-il dit.    

Le Conseil lui impose aussi d’être désormais accompagné d’une infirmière lors d’examens médicaux intimes auprès de femmes.    

Patient en stress post-traumatique  

Natasha Tremblay   

  • Psychologue à Saguenay   
  • Radiation de 5 ans      

Une psychologue de 42 ans a développé des liens amoureux avec un patient militaire en stress post-traumatique, qui était de retour d’une mission en Afghanistan.   

Ayant des idées suicidaires, l’homme dans la trentaine a consulté la psychologue, après son retour à la vie civile. Selon le jugement, Mme Tremblay avait noté au dossier sa « détresse psychologique ».   

Ensuite, le patient a mis fin à la thérapie. Il était tombé amoureux de sa psychologue, lit-on.   

« Le client est fragile émotionnellement. Il a une faible estime de lui et est extrêmement fier d’être avec Mme Tremblay », dit le jugement.   

Deux mois plus tard, ils se sont donné rendez-vous à un spectacle, et se sont embrassés, à la vue de l’ex-conjointe du patient. C’est elle qui a déposé une plainte à l’Ordre des psychologues.   

Initiation à la sexualité  

Mario Thibodeau   

  • Psychologue   
  • Radiation de 10 mois     

Un psychologue qui venait d’obtenir sa licence a été radié pour avoir tenu des propos déplacés à deux sœurs qui le consultaient, en 2015.   

D’abord, il a proposé à la cadette de 16 ans, qui consultait pour de l’anxiété, de l’initier à la sexualité.   

En thérapie, il a aussi confié à sa sœur de 20 ans que « la plupart des hommes, comme lui-même, apprécient pratiquer le cunnilingus avec leur partenaire », lit-on. Il l’a aussi questionné sur ses habitudes sexuelles et ses « positions préférées ».    

« Celles-ci le considèrent comme un modèle masculin positif et lui font confiance. Elles vivront les événements comme une trahison », a écrit le Conseil de discipline. Le syndic demandait une radiation de cinq ans.   

Patient en phase terminale  

Brigitte Lemieux   

  • Infirmière à Saint-Jean-sur-Richelieu  
  • Radiation de 5 ans     

Une infirmière a développé une relation amoureuse avec un patient vulnérable atteint d’un cancer du poumon en phase terminale.   

Lorsqu’il rencontrait l’infirmière pour ses injections, le patient complimentait et séduisait Mme Lemieux.    

Après un repas au restaurant, ils se sont embrassés, et leur relation amoureuse a débuté. Pour symboliser leur alliance, le patient a même offert une bague à Mme Lemieux, et ils sont allés à Cuba, lit-on dans le jugement.   

En janvier 2016, Mme Lemieux a démissionné de son emploi et a mis fin à la relation amoureuse avec son patient. Il est décédé quelques mois plus tard.   

« Beau petit vagin »  

Photo courtoisie

Allan B. Climan*   

  • Médecin à Montréal   
  • Radiation de 2 ans     

« J’ai hâte de te voir nue », « beau petit vagin ». Voilà deux exemples des propos déplacés que le Dr Allan B. Climan a lancés à une patiente enceinte lors d’un suivi de grossesse, en 2015.   

Le docteur a aussi dit à la femme que « sa vie sexuelle ne serait plus la même à la suite d’un accouchement par voie vaginale », lit-on dans la décision. Il a ensuite dit au conjoint : « Ce ne sera plus aussi bon pour vous ».    

Obstétricien-gynécologue depuis 1983, le Dr Climan porte la cause en appel.
Le jugement est à venir.   

« Monté en amour »  

Jean Cloutier *   

  • Psychologue   
  • Radiation de 4 ans     

Durant une séance de thérapie, il a avoué à une cliente qu’il avait des sentiments amoureux pour elle et lui a parlé d’une « reconnaissance d’âmes », il y a plusieurs années. Il lui a dit être « monté en amour », plutôt que « tombé en amour ».   

Par la suite, le couple a eu deux relations sexuelles, dont une dans un chalet.   

La dame, qui consultait pour des problèmes d’anxiété et de dépression, a mal vécu la suite de l’histoire. Elle s’est séparée de son conjoint de longue date et est devenue plus anxieuse. Le couple s’est laissé trois mois plus tard.   

Patiente encouragée par #moiaussi  

Photo courtoisie

Robert A. Laflèche   

  • Médecin de famille de Sherbrooke   
  • Radiation de 4 ans     

Trente ans après avoir eu une relation sexuelle avec son médecin, une patiente encouragée par le mouvement #moiaussi l’a dénoncé en 2017. Âgée de 20 ans en 1987, elle lui reproche de l’avoir embrassée lors d’une visite médicale et d’avoir eu une relation sexuelle au domicile de la femme. À l’époque, le médecin avait 37 ans.   

« Le nectar des Dieux »  

Luc Martineau   

  • Acupuncteur à Québec   
  • Radiation de 5 ans     

Un acupuncteur a avoué à une patiente de longue date qu’il « [voulait] faire l’amour avec elle » et qu’il avait le « goût de son entrejambe ».    

À la fin de la séance, il lui a caressé un sein et lui a parlé du « fluide vaginal comme étant un nectar des dieux ».   

Sur un ton humoristique, la femme a ramené l’acupuncteur à l’ordre. Bien qu’elle n’était pas traumatisée, elle s’est dite « fâchée » par les événements.    

Enquêté après sa séparation  

Stephen Charles Stotland   

  • Psychologue à Montréal   
  • Coupable, sanction à venir     

M. Stotland a eu une relation amoureuse avec une patiente qui souffrait de dépression et de trouble de la personnalité limite. Lorsqu’il a mis fin à la relation, la patiente a appelé à l’Ordre des psychologues pour obtenir des informations sur l’inconduite sexuelle.    

Le syndic a ensuite ouvert une enquête qui a mené aux accusations.   

La patiente avait qualifié cette relation d’« abusive, physiquement et émotivement, mais ajoute que cette douleur lui manque », lit-on dans le jugement.    

D’ailleurs, M. Stotland avait même fait signer une entente à son ex-conjointe pour s’assurer qu’elle ne déposerait pas de plainte, ce qui est interdit. Il a aussi été trouvé coupable d’avoir eu une relation intime avec une autre ex-patiente.   

« La gaffe »  

Photo courtoisie

Pascal Soucy   

  • Psychologue en Gaspésie   
  • Radiation de 6 ans     

Il a eu deux relations amoureuses avec des patientes en 2012 et en 2015, dont une à qui il avait suggéré de laisser son conjoint.   

« Le psychologue leur a recommandé de réussir leur séparation plutôt que de réparer leur couple », avait résumé Me Pascale Vigneau, avocate du syndic de l’Ordre des psychologues du Québec.   

Contacté par l’Ordre, M. Soucy a avoué « la gaffe » d’avoir eu des rapports sexuels avec une des deux patientes à son bureau et d’avoir « probablement embrassé fort » l’autre femme, selon le syndic.   

Rencontrés par hasard  

Danny Lancup*   

  • Psychologue en Gaspésie   
  • Radiation de 5 ans     

Le psychologue a développé une relation amoureuse avec une patiente vulnérable, à peine deux semaines après la fin de la thérapie.   

La patiente avait entamé une thérapie à la suite d’un accident de voiture. Selon son témoignage, les sentiments se sont développés « de façon réciproque, au fil des consultations ».    

Selon M. Lancup, leur relation intime s’est développée après qu’ils se sont croisés « par hasard » dans un bois.    

La femme l’a plus tard quitté.   

Relations sexuelles au cabinet  

Éric Paquette   

  • Psychologue à Montréal   
  • Radiation de 5 ans     

Le psychologue amoureux d’une patiente a eu des relations sexuelles avec elle dans son cabinet durant six mois.   

Psychologue depuis 2011, M. Paquette n’a pas su mettre fin aux avances d’une femme de 32 ans qui le consultait pour des problèmes d’anxiété et de sommeil.   

Elle lui a avoué son attirance envers lui et le fait qu’elle a songé à mettre fin à la thérapie. Par courriel, M. Paquette lui a répondu que « le risque d’une histoire amoureuse n’est peut-être pas très loin ».   

S’ensuivent des courriels intimes, et ils ont eu des relations sexuelles au cabinet pour ne pas éveiller les soupçons auprès de leur conjoint respectif.   

La femme met fin à l’idylle. C’est son nouveau thérapeute qui a dénoncé M. Paquette à son ordre.   

Relation sexuelle chez elle   

Mélissa Laroche   

  • Infirmière auxiliaire dans les Laurentides    
  • Radiation de 5 ans     

L’infirmière auxiliaire de 27 ans a avoué avoir eu des relations sexuelles chez elle avec un patient qu’elle traitait dans un centre d’accueil en dépendances.    

Après avoir échangé des messages sur Facebook, le couple s’est rendu au domicile de Mme Laroche pendant quatre jours, au début juillet 2017. L’infirmière auxiliaire a été congédiée une semaine plus tard.    

« Coup de foudre »  

Alexandrine Denis*   

  • Infirmière dans la Capitale-Nationale   
  • Radiation de 5 ans*     

Une semaine après avoir mis fin au dossier d’un patient en santé mentale au CLSC, une infirmière lui a révélé ses sentiments. Mme Denis a eu un « coup de foudre », indique le jugement.    

Père de trois enfants, l’homme avait de lourds problèmes. Consommant alcool et drogue, il consultait au CLSC parce qu’il pensait qu’il était suivi et avait tenté de trouver des caméras dissimulées dans sa maison.    

Le couple a commencé à se fréquenter dès la fin de la relation professionnelle. C’est l’ex-femme du patient qui a porté plainte.    

« Ils se sont laissés à plusieurs reprises, car ils ont des caractères forts, mais ils reviennent toujours ensemble », indiquait le jugement en juillet 2018.   

« Ce serait bon un pénis »  

Denis Gagnon   

  • Infirmier dans la Capitale-Nationale   
  • Radiation de 4 ans     

Durant un prélèvement à la gorge auprès d’un militaire homosexuel en 2017, l’infirmier a dit au patient : « Ce serait bon, un pénis » et ensuite « ce serait mieux mon pénis ».   

Infirmier depuis 30 ans, M. Gagnon lui a avoué son attirance envers les hommes, malgré qu’il avait une femme.   

Durant une étreinte, le militaire a dit à deux reprises à l’infirmier : « Envoye donc, gâte-toi ». Ce dernier a posé sa main sur l’entrejambe du patient pendant 15 secondes. Malgré des excuses de M. Gagnon, le militaire a porté plainte pour agression sexuelle, et l’infirmier a été congédié.   

Une mauvaise expérience  

René Veillette   

  • Acupuncteur de Gatineau   
  • Radiation de 5 ans     

Repas au restaurant, apéro, cinéma : M. Veillette a effectué plusieurs sorties avec une patiente avant d’avoir une relation sexuelle, en février 2018.    

Dans les jours suivants, la femme lui a dit avoir vécu une mauvaise expérience et qu’il « cherchait à la contrôler ».   

Un mois plus tard, M. Veillette a aussi échangé des baisers avec une autre patiente lors d’un souper chez lui.   

Adultère et harcèlement  

Juan Carlos Cordoba*   

  • Médecin à Montréal   
  • Radiation de 3 ans      

La relation extraconjugale que ce chirurgien plastique a eue avec une patiente a dégénéré, au point où le Dr Cordoba a dû faire une plainte à la police contre elle, pour harcèlement et menaces contre des membres de sa famille.   

Dans la trentaine, la femme était entre autres atteinte d’un trouble obsessionnel compulsif et était suivie en psychiatrie.    

Leur relation a duré environ six mois, et le couple a eu des relations sexuelles à la clinique, chez elle et à l’hôtel, en 2015 et 2016.   

Un patient suicidaire   

Isabelle St-Hilaire   

  • Travailleuse sociale à Repentigny   
  • Radiation de 5 ans     

Une travailleuse sociale a développé une relation intime avec relations sexuelles pendant six mois avec un patient qui la consultait pour dépression majeure et idées suicidaires.    

Après quelques mois, Mme St-Hilaire a mis fin à la relation malgré l’insistance du patient. Elle a même fait une plainte à la police dans ce dossier.    

« Je te prendrais par en arrière »  

Michel Grenier*   

  • Psychologue dans Lanaudière   
  • Radiation de 2 ans et demi     

Un psychologue scolaire a dit à une mère : « En tant que gars, je te pencherais et je te prendrais par en arrière », lors d’une rencontre sur le classement de ses enfants pour la prochaine année.   

M. Grenier lui a posé plusieurs questions intimes, notamment si elle aimait son corps.    

Par ailleurs, il a glissé sa main « du genou vers la cuisse » de la patiente de haut en bas à plusieurs reprises, près des parties intimes. Il a terminé la rencontre en lui donnant un câlin.     

600 messages textes  

Caroline Campeau   

  • Travailleuse sociale dans les Laurentides   
  • Radiation de 4 ans     

Mme Campeau a eu une relation intime et sexuelle avec un patient aux idées suicidaires en 2017, soit deux ans après avoir eu son permis de pratique.    

Leur relation a débuté quatre jours après la fin du suivi professionnel. Ils se sont envoyé 600 messages textes en trois semaines. Ils se sont aussi embrassés et caressés lors de rencontres. Mme Campeau a finalement mis fin à la relation et a été congédiée par la suite.    

Patiente « hyper instable »  

Photo courtoisie

Luc Doyon   

  • Psychologue à Drummondville   
  • Radiation de 4 ans     

Le psychologue a eu des relations sexuelles avec deux anciennes patientes, dont une qu’il a lui-même qualifiée « d’hyper instable ».   

Dans un cas, la thérapie était terminée depuis quatre mois au moment de la relation. Dans l’autre cas, la thérapie était terminée depuis un an, mais la femme était encore suivie par une psychologue employée par M. Doyon.   

Il a touché les parties génitales   

Édouard Ayoub   

  • Physiothérapeute à Pointe-Claire    
  • Radiation de 18 mois     

Lors d’un traitement, le physiothérapeute a détaché le pantalon du patient et a carrément touché ses parties génitales, en 2016. Il lui a aussi posé des questions sur ses capacités éjaculatoires et lui a demandé s’il avait un partenaire.    

Mal à l’aise, le client s’est redressé et a dit : « OK ! », avant de quitter le bureau. Il a ensuite porté plainte à l’Ordre professionnel de la physiothérapie.    

Une relation après cinq mois   

Isabelle Fluet   

  • Psychoéducatrice à Québec    
  • Radiation de 2 ans     

La psychoéducatrice a développé une relation amoureuse et sexuelle avec un ancien patient vulnérable qui l’avait consultée pour des idées suicidaires. La relation intime a débuté cinq mois après la fin de la thérapie il y a des années.    

Or, la vie de couple était difficile, lit-on dans un jugement, et Mme Fluet l’a quitté.    

Messages sexuels sur Facebook  

Sébastien Paquin*   

  • Médecin à Québec   
  • Radiation de 12 mois     

L’omnipraticien a envoyé des messages « déplacés » à connotation sexuelle à un jeune patient de 19 ans sur Facebook, après l’avoir vu à l’urgence.   

Le médecin a proposé au jeune homme de participer à des activités sexuelles, dont un ménage à trois. C’est le patient qui a ramené le médecin à l’ordre, en lui disant : « Cette conversation n’est pas appropriée. »   

Attiré par sa cliente  

François Hamel   

  • Psychologue à Québec    
  • Radiation de 5 ans     

Le psychologue a développé une relation amoureuse avec une patiente qui l’avait consulté pour des difficultés conjugales durant trois ans.   

Après deux ans de thérapie, M. Hamel a avoué à sa cliente qu’il éprouvait aussi une attirance envers elle. Ils ont alors mis fin à la thérapie, pour devenir un couple.   

Chamanisme et magie  

Cynthia Meunier-Veillette   

  • Psychoéducatrice en Outaouais    
  • Radiation de 3 ans     

La psychoéducatrice a développé une relation intime avec un patient de 38 ans souffrant de troubles mentaux le jour même où elle a fermé son dossier professionnel. Ils ont fait des jeux de rôle et discutaient de chamanisme et de magie.   

Ils ont même construit un puits extérieur en lien avec la religion Wicca où ils se sont baignés nus. Ils ont ensuite eu une relation sexuelle.   

Relation sexuelle dans une auto   

Photo courtoisie

Audrey Langlois   

  • Infirmière de Drummondville   
  • Radiation de 2 ans     

L’infirmière a eu une relation sexuelle avec un patient schizophrène au passé criminel. En attendant son procès, l’homme de 23 ans était assigné à domicile et Mme Langlois assurait un suivi en consultation externe.   

Ils ont eu une relation sexuelle dans une voiture. Trois jours plus tard, l’infirmière a mis fin à leur relation.   

Sextos anonymes  

Danny Boisvert   

  • Infirmier à Québec   
  • Radiation de 2 ans    

Un infirmier a envoyé des messages sexuels explicites à une patiente en lui disant qu’elle « hante son imaginaire ».   

La patiente avait consulté dans un centre de désintoxication, en 2017. Après avoir trouvé son numéro de cellulaire dans le dossier médical, M. Boisvert lui a envoyé des sextos anonymes en mentionnant avoir une « pulsion ».   

Malgré les demandes de la patiente, l’infirmier a refusé de s’identifier.    

Durant l’enquête, l’infirmier a avoué avoir fait la même chose à une autre cliente. Il a été congédié.   

Relations avec cinq patientes   

Photo courtoisie

Steve Bédard   

  • Pharmacien dans les Laurentides   
  • Radiation de 3 ans    

Le pharmacien a développé des relations intimes avec cinq patientes et a eu des relations sexuelles avec trois d’entre elles, entre 2015 et 2016.   

L’homme entrait en contact avec les femmes au moment de leur remettre les médicaments. Il a même avoué avoir pris les numéros de cellulaire de deux patientes dans leur dossier médical.   

Amoureuse d’un client   

Marie-Claude Proulx   

  • Ergothérapeute à Terrebonne    
  • Radiée deux ans et demi     

Elle a eu deux relations sexuelles avec un client dans la même semaine en 2014, et a développé une relation amoureuse avec un autre.    

Après un traitement, en 2014, Mme Proulx et son client se sont retrouvés à l’hôtel et ont eu une relation sexuelle. Selon le jugement, elle a eu une relation durable avec l’un des patients en question.   

Pornographie juvénile   

François Hamel   

  • Infirmier à Thetford Mines    
  • Radiation de 2 ans     

Son ordre a décidé de le radier récemment, après avoir été informé de sa condamnation criminelle pour possession de pornographie juvénile, en 2017 et en 2018.    

Âgé de 36 ans, M. Hamel a été congédié par son employeur. Parmi les conditions de retour, il ne peut plus pratiquer auprès de mineurs.    

Patiente anxieuse et isolée  

Victor Leiserson   

  • Psychologue   
  • Coupable, sanction à venir    

Le psychologue a développé une relation intime et amoureuse avec une patiente, dans les jours suivant la fin de la thérapie. Suivie entre 2010 et 2015, la femme avait un problème d’anxiété sévère et vivait un grand isolement.   

Radiation de 18 mois  

Patrick Roy  

  • Psychoéducateur à Drummondville    

Il a étreint une patiente vulnérable pour « sentir tes seins » durant une consultation, en 2016. Dans un courriel, il lui a demandé « si elle a bien dormi, si elle a rêvé de lui nu ou habillé », lit-on. Vulnérable, la patiente a avoué être tombée amoureuse de lui.   


  

*Dossier en appel
  

NDLR : Le Journal a épluché les décisions de tous les ordres professionnels au Québec. À l’exception d’un avocat (qui n’est pas inclus dans notre liste), tous les professionnels travaillaient dans le domaine de la santé.