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Valse à trois contre Ottawa ?

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Photo tirée de Twitter Le premier ministre de l’Ontario Doug Ford et le premier ministre du Québec François Legault, lors d’un entretien, vendredi.

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Pipeline, laïcité et péréquation ? Ou infrastructures, santé et autonomie ? 

Deux avenues. L’une démagogique, certaine de générer coups d’éclat et bisbille. L’autre, rationnelle, mais susceptible d’engendrer un rare front commun des provinces face à Ottawa.  

La publicité du Manitoba sur la loi 21 n’a rien fait pour calmer les eaux. N’empêche, on remarque les efforts du premier ministre Legault pour rallier ses homologues. C’est simple : rarement le Québec aura-t-il vu un tel alignement des planètes pour contrer les visées centralisatrices du fédéral.  

La réalité reprendra-t-elle ses droits ? 

Une nouvelle alliance Québec-Ontario-Alberta peut sembler saugrenue. La rhétorique sur la péréquation, les pipelines et la loi 21 a envenimé le débat. François Legault a bien compris que ses homologues, Doug Ford et Jason Kenney, sont davantage enclins à appuyer ses revendications face à Ottawa, car elles répondent à leurs propres aspirations.   

Les programmes fédéraux d’infrastructures sont un bel exemple. La sortie de François Legault vendredi n’était pas anodine. L’Ontario, l’Alberta, même la Saskatchewan, voudraient également voir Ottawa lâcher du lest dans ses formules byzantines de financement.   

Qui sont les hommes et les femmes derrière nos politiciens? Emmanuelle présente... un balado animé par Emmanuelle Latraverse.

Payant le front commun...  

Jason Kenney est tellement en colère, me direz-vous. Certes, mais l’espoir de ses collègues, c’est qu’il ait compris que la rhétorique sur la péréquation a ses limites. Abolir la péréquation au Canada ne changera absolument rien aux problèmes économiques et budgétaires de l’Alberta.  

Or, obtenir du fédéral qu’il bonifie le financement de la santé amènerait des milliards dans les coffres des provinces. Assouplir les règles en infrastructures et celles entourant les travailleurs étrangers aussi.   

D’ailleurs, pourquoi ne pas trouver une solution de rechange au débat stérile sur la péréquation ? Surprise, Québec semble ouvert à une refonte du Fonds de stabilisation fiscale, un fonds fédéral qui permet d’aider les provinces aux prises avec un choc économique. Justement le genre d’accommodement que réclame Jason Kenney.  

Les terrains d’entente possibles sont là. Et le réveil du gouvernement Trudeau quant à la fragilité de l’unité nationale devrait le forcer à faire preuve de plus de flexibilité que lors de son mandat majoritaire.  

Dans l’entourage des premiers ministres provinciaux, on assure que cette fois-ci, ils tentent vraiment de former un front commun cohérent. Pour preuve, la péréquation, la laïcité et les pipelines ne seraient pas officiellement à l’agenda de la rencontre de lundi.  

Encore faut-il qu’ils résistent à l’envie de se crêper le chignon devant les caméras.