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La montréalaise Semafo ne compte pas rouvrir sa mine de Boungou d’ici la fin de l’année

La montréalaise Semafo ne compte pas rouvrir sa mine de Boungou d’ici la fin de l’année
Gracieuseté, Semafo

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MONTRÉAL – L’entreprise aurifère montréalaise Semafo, qui a perdu des dizaines d'employés locaux le 6 novembre dernier dans une attaque terroriste près de sa mine de Boungou, au Burkina Faso, ne compte pas rouvrir son installation avant la fin de l’année. 

La haute direction de Semafo a présenté une mise à jour exécutive et opérationnelle, lundi, pour expliquer où elle en est avec ses activités dans ce pays de l’Afrique de l’Ouest depuis l’attentat qui l’a passablement ébranlée. 

«Nous vivons des moments très difficiles, mais notre équipe a su se montrer à la hauteur», a déclaré Benoit Desormeaux, président et chef de la direction, dans cette mise à jour, ajoutant que depuis l’attaque, la priorité a été mise sur «la sécurité, la sûreté et le bien-être des victimes et de leurs familles, ainsi que de nos employés, fournisseurs et entrepreneurs». 

Il a indiqué qu’au chapitre opérationnel, la mine de Boungou demeure fermée, que des plans pour l'immédiat et pour l'avenir sont mis en place, mais qu’il n’est pas anticipé d’y reprendre les opérations d’ici la fin de l’année. 

«Nous évaluons différentes possibilités de redémarrer les opérations à Boungou de manière sécuritaire, a expliqué M. Desormeaux. Bien que plusieurs aspects des plans de redémarrage soient sous notre contrôle, pour d'autres aspects, nous avons besoin du soutien du gouvernement et de nos fournisseurs existants. Des discussions sont en cours avec ces parties en vue d'un redémarrage.» 

Le redémarrage, qui est notamment tributaire d’un renforcement par le gouvernement du Burkina Faso de la sécurité sur la route publique menant à Boungou, ainsi que dans la région en général, pourrait se faire par étapes, a expliqué le PDG. «La phase 1 impliquerait le traitement des stocks de minerai uniquement, sans exploitation minière. [...] La phase 2 impliquerait le redémarrage des opérations minières.» 

Concernant son autre mine d’or au Burkina Faso, soit la mine Mana, Semafo considère que les opérations s’y déroulent «conformément aux prévisions, bien que les mesures de sécurité aient été resserrées». 

Financièrement, M. Desormeaux soutient que l’entreprise continue de gérer ses liquidités et son fonds de roulement de façon prudente et conservatrice. 

L’attaque du 6 novembre contre cinq autobus transportant des travailleurs de la mine de Boungou escortés par des militaires a fait 38 morts et une soixantaine de blessés. L’événement avait amené le gouvernement du Burkina Faso à décréter un deuil national de trois jours.