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Noël noir

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Le 27 septembre dernier, 500 000 personnes sont sorties dans les rues de Montréal pour l’environnement. Mais qu’est-ce que ça donne quand, deux mois plus tard, on sort se marcher sur les pieds dans les magasins les jours du Black Friday et du Cyber Monday. On n’a vraiment rien compris.

Pendant que vous lirez ces lignes, en quelques minutes, 27 000 colis seront livrés chez des consommateurs par Amazon, 9720 téléphones cellulaires auront été achetés et 720 voitures seront vendues dans le monde. 

Et pendant que vous lirez ces lignes, il y aura, sur la planète, 360 000 animaux tués, 7200 arbres coupés et 50 humains décédés à cause de la pollution.

Vendredi, le Black Friday m’a fait broyer du noir. J’ai vu arriver avec le temps des Fêtes la preuve qu’on n’avait vraiment rien compris.

Le jour où on cessera de faire porter aux traditions l’odieux de notre inconscience, on pourra dire qu’on commence à comprendre. 

Une magie pas si magique

Les lutins et le père Noël, je commencerai à y croire quand ils m’offriront le cadeau d’une société qui voit l’urgence de cesser de surconsommer. 

En janvier, quand je me ferai poser la question : « qu’as-tu eu pour Noël ? », je répondrai que j’ai eu mal au cœur, une indigestion, une overdose de comportements humains qui vont à l’encontre de mes valeurs.

Des enfants qui déballent des cadeaux pendant des heures, une famille qui s’offre un nouvel écran de 60 pouces, car le 54 pouces est trop petit et que dire du gaspillage alimentaire et des voyages à Disney ? 

L’empreinte écologique du temps des Fêtes se dessine au même rythme que celle laissée par les pas du père Noël dans la neige.

Attendons-nous qu’il neige noir et que l’on chante « Black Christmas » pour allumer le feu dans la cheminée de notre conscience écologique ?

Gandhi a dit : « vivons simplement pour que simplement d’autres puissent vivre. »